IV. — Lemonnier, a. de Lagarde
L.-C. Lemonnier. — Dagnères-de-Bigorre sous le o-apport médical et topographique , et les autres
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Etablissements thermaux des Pyi-énêes , etc. , par L.-G. Lemoiiiiier, inspecteur adjoint des eaux minérales de Bagnères-de-Bigorre. — Bagnères, 1841.
Cinq années d'études pratiques sur les Eaux minérales de Bagnères-de-Digorre. — Mémoire présenté , le 16 avril 1844, à la Société royale de médecine de Bordeaux, etc. — Bagnères. 1845.
Avec Ganderax père, les atrections du foie, les obstructions abdominales occupaient le premier rang; avec Lemonnier, le tableau change. Nous sommes en 1841 et en 1845.
Broussais a disparu, et il y a contre son système une réaction générale. 11 a tant saigné ses contemporains, que partout on éproiive le besoin de reiaire un sang appauvri.
La découverte de Lemery, Monghini, Lecanu, est arrivée fort opportunément en 1837, une année avant la mort de Broussais : ils ont trouvé dans le sang un principe ferrugineux !
La mode est à la médication ferrugineuse, on neparle plus que d'anémie et de chlorose ; on se précipite vers les heureuses stations où coule le fer. Bagnères voit les beaux jours de la Fontaine d'Angoulême : cette fontaine a eu pour marraine une fille de Roi ; elle trône dans un joli édicule, de style classique, élevé par la mnnifice'.nce de la Ville. Lemonnier lui consacre un chapitre entier dans son premier ouvrage; il parle d'elle dans les termesles plus élogieux : « Cette eau est souveraine dans la chlorose et V anémie, et dans une foule de symptômes, tels que pal-pitations, aménorrhée, etc., qui tiennent
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k un. état d'appauvrissement du sang. J'ai vu guérir, sous son influence, des affections contre lesquelles j'avais échoué par l'emploi des ferrugineux ordinaires. Je n'ai jamais vu un traitement par cette eau (quand elle est vraiment indiquée) ne pas réussir. » Etc., etc.
Pour Lemonnier, l'anémie et la chlorose sont au premier rang des atîections traitées à Bagnères ; immédiatement après ou môme à côté, les affections nerveuses tiennent une place considérable; il énumère l'hystérie , l'hypocondrie, le trouble nerveux du cœur, les névralgies diverses , la gastralgie , la migraine, la sciatique, l'épilepsie môme, les paralysies.
Il dit dans son Mémoire, présenté à la Société de Médecine de Cordeaux : « Les affections traitées avec le plus de succès à Bagnères sont dues presque toutes à un état chronique d'irritabilité nerveuse et à l'anémie. »
Il ne croit pas, comme ses prédécesseurs, que la crise soit nécessaire pour la cure thermale : « On n'observe pas de fortes manifestations critiques. On observe parfois \sl poussée, mais sans qu'elle joue un rôle marqué. »
Il ne méconnaît aucune des propriétés médicales de Bagnères; il donne même une attention particulière aux effets purgatifs de la source de Lasserre, qui lui paraît jouer un rôle important dans l'ensemble de nos moyens thérapeutiques. Il fait cette réflexion très judicieuse : « Bagnères excelle dans certains états complexes de l'organisme plutôt que
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dans cerlaines atiections d'un diagnostic parfaitement déterminé. »
Lemonnier appelait nos eaux des salines ferrugineuses; les travaux de M. Alban de Lagarde vont permettre de leur ajouter la qualité dî arsenicales.
M. de Lagarde entreprend ses premières recherches en 1868, avec Malapert et Guitteau. Divers mémoires sont présentés par notre confrère à l'Académie de Médecine, de 18G9 à 1873. Nous ne répéterons pas ce que nous avons déjà dit à ce sujet dans un chapitre précédent.
Le Manuel Médical publié par M. A. de Lagarde en 1875 (1), et son intéressante brochure de 1886 ('2), contiennent une partie véritablement originale et nouvelle, la médication arsenicale à Bagnères. On avait toujours traité à Bagnères des catarrhes de poitrine et même des bronchites de nature tuberculeuse, en dépit de la contre-indication trop partiale posée par Bordeu. Mais on ignorait la présence de l'arsenic et sa puissance curative dans les maladies de poitrine. Sans rien retrancher de l'ancienne clinique thermale de Bagnères, M. A. de Lagarde déplace l'axe de cette clinique ; il met en relief le
(i) Mamiel Médical des Eaux salines-suif atces arsenicales, de la Source sulfureuse de Labassère , des Eaux ferrugineuses de Bagnères-de-TBigorre , médication sédative, reconstituante , éliminatrice , par M. le D"' Alban de Lagarde, médecin inspecteur adjoint des Eaux de Bagnères, professeur agrégé du cours de thérapeutique à TEcole de Médecine de Poitiers, etc. — Paris, iSyS.
(2) Traitement thermal ou Clinique thérapeutique des Eaux thermo-minérales de Bagnères-de-Bigorrc et Labassère, par M. le I)'- A. DE Lagarde, etc. — Paris, 1886.
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principe arsenical de nos eaux, son action spécifique dans riierpétisme, son action à la fois altérante et reconstituante dans la tuberculose pulmonaire, son action sédative dans les désordres nerveux, etc.
La médication martiale n'est plus la médication dominante de Bagnères, l'engouement pour les eaux ferrugineuses s'est dissipé ; les travaux de Gubler, Moutard-Martin, Guéneau de Mussy, etc., ont placé l'arsenic au rang des grands agents thérapeutiques €t lui ont conquis la faveur du public médical.
La clinique de Bagnères est exposée à la fin du Manuel médical sous la forme de tableaux statistiques fort utiles à consulter. Nous voyons figurer dans le tableau des névroses : l'hystérie et fhytéralgie, le nervosisme et la névropathie, Thyperesthésie généralisée, fhypocondrie, la danse de St-Guy; dans le tableau des paralysies, l'hémiplégie, la paraplégie, fataxie , la congestion encéphalique ; un tableau spécial est affecté aux névralgies.
Le tableau des maladies de poitrine est très important ainsi que celui des affections utérines , qui , d'après M. A. de Lagarde, occupent la première place dans l'ordre numérique, et cela s'explique si l'on considère que les maladies des femmes, en sus des lésions spéciales qu'elles peuvent comporter , empiètent souvent sur le domaine de Farthritisme ou de l'herpétisme et sur celui de la névrose.
Les affections gastro-intestinales ne remplissent qu'un des treize tableaux de cette intéressante revue de pathologie thermale; nous sommes loin des hépatites encombrantes de Ganderax.
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M. A. de Lagai'de cointneate et corrige sur ce point les idées de Gaiiderax, cà qui il rend d'ailleurs uu hommage mérité; il compare Bagnères h Vichy et à Karsbad dans le traitement des maladies du foie, et il donne sur Bagnères la note juste.