V. — Pambrun, Lacoste, Cascua , Couzier , etc
Au point de vue que nous avons adopté, cette étude bibliographique est cà peu près terminée. Il nous suffira de citer encore : le Manuel dit Baigneur à Bagnrres-de-Blgorre, pai* A. Pambrun, — Bagnères 185G, — excellent livre, consciencieusement composé et élégamment écrit, résumant tout ce qui a été publié jusqu'alors sur Bagnères (I) ;
Bagnères-Thermal. — i^aux sulfatées calciques, magnésiennes, arsenicales, eau sulfureuse de Labassère, par le D'" Lacoste, — Bagnères, Péré, 1879, — brochure remarquable par sa concision et sa netteté, donnant exactement l'état de la médication thermale de Bagnères à cette date ;
Considérations thérapeutiques sur les sources de Salut, à Bag nères-de-Bigorre , par A. Cascua, thèse dô Paris, 1877.
Notice sur les sources sulfatées calciques ferrugineuses arsenicales de Salut, par le D'" Couzier, — Bagnères, Péré, 1879 ;
Clinique thermale de Bagnères-de-Bigorre ; rédacteurs : Couzier, Carrère, — Bagnères, Péré, 1878-79;
Gazelle thermale de Bagnères-de-Bigorre^ publiée
(ij Une 3" édition a paru en 1875, chez Péré.
à Bagnères-de-Bigorre 91
sous le patronage du corps médical de la sLaLion — Bagiières-de-Bigorre, 1 882-8 i, — intéressaoL recueil de médeciae thermale trop tôt interrompu, et auquel nous ferons plus d'un emprunt dans le cours de ce travail.
Bagiièrcs-de-Bigorre , nouvelles recherches sur la valeur thérapeutique des eaux thermales et minérales^ nature des eaux, applications médicales. — Premier volume, par le docteur F. Ribes, médecin à Paris, Bagnères, Péré, 1885.
Ce premier volume semble faire partie d'un traité complet de pathologie interne. Après plusieurs chapitres préliminaires consacrés à l'étude intrinsèque des eaux, nous voyons défiler tout le cortège des névroses, les maladies des organes des sens, celles des fonctions cérébrales (catalepsie, épilepsie, somnambulisme, etc.), celui de la locomotion (éclampsie, chorée, etc.), celui de la digestion, de la respiration, de la circulation; les névroses affectant certains organes (anaphrodisie, satyriasis, nymphomanie, etc.) d'autres névroses encore, la céphalalgie, l'acrodynie, le bégaiement, le cauchemar! etc., etc.
Puis viennent les altérations du sang; puis les maladies du foie, la cirrhose, la mélanose, le cancer et la gangrène du foie , — Ganderax est dépassé ; puis les maladies des organes digestifs, le muguet, les oreillons, etc., les maladies du péritoine, toutes les lésions de l'estomac et des intestins ; j'oubliais les maladies du pharynx, depuis l'amygdalite simple jusqu'au cancer.
L'appareil respiratoire est aussi bien traité.
92 Les névropathes
Le volume se termine sur la phtisie pulmonaire.
Ce surprenant ouvrage témoigne d'une érudition remarquable et contient plus d'une indication utile dont nous saurons faire notre profit.
Revenons, en terminant, sur les deux monographies qui ont pour sujet les eaux de Salut.
Gascua, prématurément enlevé à la science, était venu visiter notre station en 1876, sur les conseils de son maître, Jules Simon. Il fit sa thèse sur les eaux de Salut ; il fut guidé dans ses recherches par l'expérience de M. Dejeanne, et il put rédiger, avec les notes obligeamment fournies par notre confrère, trente-quatre observations de guérisons effectuées à Salut.
Voici la conclusion de son travail :
« Les eaux de Salut jouissent de propriétés calmantes qui donnent d'admirables résultats dans les cas où l'excitabilité du système nerveux est augmentée, et en particulier dans les dyspepsies et migraines nerveuses, et dans les névropathies générales.
» Elles sont aussi très utiles dans les affections utérines accompagnées de troubles nerveux. »
Notre regretté confrère Couzier a publié la S*" édition de sa brochure sur Salut, en 1892, peu de temps avant sa mort.
Cette courte et substantielle étude, en outre des observations personnelles de l'auteur, contient diverses observations empruntées à ses confrères et un
à Bagnères-de-Bigorre 93
tableau synoptique des observations publiées par Gascua.
Il résulte de la comparaison de tous ces documents « que, parmi les maladies traitées par les eaux de Salut, en première ligne se placent les névralgies, les névroses, tous les états névropathiques essentiels ou liés à des affections utérines... » Couzier.
Résumons.
Trois siècles d'expérience médicale démontrent l'efficacité des eaux de Bagnères dans les affections du système nerveux.
Les plus anciens documents connus vantent le succès de ces eaux dans les paralysies, les douleurs^ les suffocations de matrice...
A mesure qu'on avance, les documents deviennent plus nombreux et plus explicites.
Nous voyons, dans les auteurs du xvni^ siècle, que la clientèle de Bagnères se compose en majeure partie de malades nerveux.
Si nous y regardons d'un peu près, nous pouvons reconnaître dans les relations des auteurs la plupart des maladies qui appartiennent au domaine de la névrologie.
Ce sont les malades dont le cerveau est atteint : délire, perte de mémoire, troubles de l'imagination, ? faiblesse d'intelligence, manie, hypocondrie; plusieurs de ces malades sont neurasthéniques, qu'on me pardonne cet anachronisme; d'autres sont des hystériques, et ce diagnostic s'impose chaque fois
94 Les névropathes
qu'il est question de vapeur ou de suffocation de matrice.
C'est encore à l'iiystérie que l'on doit rapporter de nombreux cas de convulsions ; d'autres appartiennent à la chorée.
Le groupe des paralysies est toujours important ; peu à peu la distinction s'établit entre celles qui sont d'origine apoplectique et celles qui tiennent au rhumatisme chronique ou à une altération fonctionnelle quelconque.
Le cortège des douleurs ou névralgies est nombreux et intéressant; nous voyons marcher en tête la migraine et la sciatique.
Chemin faisant, tous les écrivains qui parlent de nos eaux en connaissance de cause sont amenés à établir une distinction entre ces eaux , suivant qu'elles sont tièdes ou chaudes , adoucissantes ou excitantes : les premières conviennent aux malades chez lesquels les /i6re5 sont trop tendues, les autres aux malades chez lesquels les fibres sont relâchées.
Ces sources calmantes sont en même temps toniques, les auteurs ont soin de le proclamer.
Avec d'autres théories et dans un autre langage, cette distinction entre nos diverses sources a prévalu. C'est un immense avantage pour Bagnères de posséder à la fois des sources hyperthermales douées d'une puissance d'excitation qui est utilisée dans toutes les formes atones des affections nerveuses, et des sources tempérées dont la vertu sédative s'exerce dans tant de désoi'dres nerveux que caractérise l'hyperesthésie ou l'hypersthénie.
Enfin il reste nne conclusion à tirer du grand nombre et de la variété des maladies que nous trouvons dans les relations des auteurs. Cet hommage rendu par les faits à la multiplicité de nos moyens thérapeutiques n'empêche pas Bagnères d'être par excellence la station des névropathes. II est toujours aisé de dégager de cette médication complexe la caractéristique de notre station, et, loin de contredire une spécialisation thermale que nous croyons justifiée, cette multiplicité de moyens constitue pour le traitement des afîections nerveuses un complément thérapeutique précieux.
Il est rare qu'un malade atteint de trouble nerveux puisse se contenter d'une médication uniquement dirigée contre ses nerfs ; il présente habituellement d'autres troubles morbides , et bien souvent pour guérir la névrose, c'est le névropathe tout entier qu'il faut traiter,
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