‹ Les névropathies à Bagnères-de-BigorreChapitre 20 sur 61 · X\XV · texte numérisé non relu

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qui sont sous la dépendance d'un principe arthritique héréditaire :

Une dyspepsie habituelle , coïncidant avec une légère hypérémie du foie, que révèlent la sensibilité anormale et la tension constatées au niveau de cet organe.

Une angine granuleuse, reconnaissable à l'exploration directe et donnant lieu aux symptômes ordinaires, sensation douloureuse, besoin de rascation, etc. Une induration du sommet droit , sans râles, avec un peu de toux et d'expectoration.

Une induration de la valvule mitrale, bien tolérée, n'entraînant pas de désordres fonctionnels notables.

Mais ce dont le malade se plaint le plus, c'est un état nerveux se manifestant par de la céphalée ou des hémicranies , des névralgies intercostales; des

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douleurs à siège variable , occupant la base du thorax, ou les membres, ou les jointures ; des fourmillements le long des membres, du lénesme vésical, enfin une impressionnabilité physique et morale excessive et une tendance à la misanthropie. Le développement de l'éréthisme nerveux semble avoir été favorisé par certaines habitudes contraires à l'hygiène, telles que l'abus du tabac et des boissons alcooliques et par des émotions morales violentes ou prolongées.

Le traitement thermal consiste dans les bains du Platane et du Foulon, les douches tempérées, l'eau de Salut, les gargarismes et pulvérisation de Labasscre et de Salies, quelques pédiluves.

Il convient de remarquer combien ce cas était complexe : il s'agissait de traiter à la fois la diathèse arthritique, l'état nerveux, les déterminations locales de l'appareil digestif, de la gorge, de la poitrine, du cœur...

M. de G... est venu plusieurs fois à Bagnères et toujours avec profit. Après chaque saison les divers symptômes arthritiques qu'il présente disparaissent ou s'amendent, et l'état général est à la fois tonifié et apaisé.

Observation M. G... cst atteint de troubles variés, locaux et généraux, dont il est difficile d'établir la filiation.

Est-ce une intoxication paludéenne qui a mis en jeu la dyspepsie ? ou bien cette dyspepsie a-t-elle été amenée par des crises de coliques hépatiques, qui ont éclaté elles-mêmes à la suite d'un grand chagrin?

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Quoi qu'il en soit, M. C... est un dyspeptique gastro-intestinal, un névropathe inquiet et difficile à diriger, un arthritique, et il garde en outre une disposition à la fièvre qu'il ne faut pas oublier.

L'eau de Salut lui est prescrite pour sa dyspepsie ; après quelques douches écossaises , les bains du Foulon lui sont conseillés. Il boit aussi à la buvette arsenicale de Salies,

Ce traitement complexe donne un résultat des plus satisfaisants.

M. T... est envoyé à Bagnères par son médecin, observation directeur d'un établissement hydrothérapique très ^^^^'^ connu, pour continuer un traitement hydrothérapique et le compléter par un traitement thermal.

Disposition rhumatismale, se traduisant par des douleurs articulaires.

Etat nerveux atîectant de préférence le moral ; idées hypocondriaques.

Traitement : douches chaudes suivies d'une affusion froide, très courte; bains du Foulon et de Salut, successivement. Douche périnéale , à cause d'un certain engorgement de la prostate.

Le R. P. de B..., religieux fort distingué, présente observation des troubles graves de la nutrition, diabète, azoturie, phosphaturie. A ces troubles s'ajoute une neurasthénie avancée, qui a été probablement cause et effet dans sa maladie, car le R. P. est arrivé à cet état par le surmenage intellectuel; c'est un cerveau forcé.

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Le repos, l'air de la montagne et les eaux de Bagnères lui ont été prescrits.

Il vient faire ici deux saisons, et, sans guérir de ce qui est incurable, il éprouve chaque fois une amélioration marquée qui lui permet de se remettre au travail pendant plusieurs mois.

Eau de Salut^ bains du Foulon^ douches tempérées, gargarismes de Salies.

Bien qu'on rencontre de préférence la neurasthénie parmi les citadins et dans les classes élevées, c'est-à-dire dans les milieux les plus agités et les plus énervants de notre civilisation, les auteurs ont eu bien soin de faire remarquer que les populations rurales n'étaient pas indemnes de cette maladie. Observation En volcl uu excmple : En juillet 1891 , je vis entrer dans mon cabinet un paysan de l'Ariège, qui avait tellement le costume et l'aspect d'un montreur d'ours, que d'instinct je regardai derrière lui pour voir si son compagnon d'existence ne le suivait pas.

Ce brave homme me raconta qu'il avait enduré pendant l'hiver de longues crises de rhumatismes, sans phénomènes inflammatoires. Il avait du vide dans la tête, une sensibilité extrême de l'épigastre, une faiblesse musculaire générale ; il se sentait impuissant au travail et découragé.

Je lui ordonnai les bains et les douches de la Reine ^ les buvettes de la Rei7ie et de Salies.

Il partit sans amélioration notable, et je lui donnai son congé sans augurer un grand succès ultérieur.

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me demandant en somme si c'était la nenraslhénie ou l'arthritisme qui dominait dans son état.

Ce devait être la neurasthénie : les suites du traitement furent excellentes ; il put se remettre au travail, passa un bon hiver, et il revint en 1892, presque méconnaissable , pour demander aux eaux de Bagnères la disparition de certains symptômes persistant encore (vertiges légers, hyperesthésie de la région épigastrique).

Le lecteur a dû remarquer que, dans ces formes arthritiques de la névrose de Beard, les bains de Salut sont rarement prescrits. Gascua prouve dans sa thèse que le rhumatisme est souvent une contreindication à l'usage de ces bains. Voici un des faits concluants qu'il rapporte ; ce fait est à sa place dans le paragraphe de la neurasthénie arthritique.

M'"' de R..., août 1875. — M'"" de R... est atteinte observation d'hypocondrie ancienne et de nervosisme. Le début de l'affection remontait à environ dix-huit ans , quand il y a huit à dix ans elle fut envoyée, par hasard, à Bagnères. Elle usa des eaux de Salut qui amenèrent une amélioration considérable. Il y a cinq ans elle a éprouvé aux genoux des douleurs rhumatismales qui guérirent par l'usage de l'eau de la Reine^ à Bagnères. Les accidents nerveux ayant reparu , accompagnés de troubles dyspeptiques , M'"^ de R... se rend à Vichy, et y suit un traitement régulier, qui ne produit aucun résultat utile. Alors elle revient à Baanères et use des eaux de Salut. Elle

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prend dans cet établissement trois bains, vers huit heures du matin. Les douleurs rhumatismales se réveillent et frappent l'épaule. Elle est obligée de cesser l'usage des eaux de Salut en bains.

§ 5. — Neurasthénie cardio-vasculaire.

(Nevropathie cérébro-cardiaque de Krishaber).

Dans cette forme de neurasthénie, ce sont les troubles cardiaques et vaso-moteurs qui dominent.

Sans doute ces troubles jouent un rôle plus ou moins considérable chez la plupart des neurasthéniques (voir, entre autres, l'observation IV), et l'on a même soutenu que les désordres vaso-moteurs constituaient la lésion initiale du processus neurasthénique, les 'troubles de vaso-constriction engendrant l'anémie de l'encéphale ou de la moelle , les troubles de vaso-dilatation déterminant au contraire des congestions passagères dans les centres nerveux, et par voie de conséquence cette anémie ou cette congestion provoquant des phénomènes de dépression ou d'excitation fonctionnelle. (I)

Mais ce sont là des vues théoriques que nous ne pouvons que signaler en passant. Nous nous proposons d'examiner quelques cas de neurasthénie où les troubles cardiaques et vaso-moteurs « cliniquement appréciables » tiennent le premier rang. Ces troubles sont, du côté du cœur, des palpitations, des altérations dans le rythme du cœur, des tendances à

(i) Théorie de Beard et Rosenthal. — Voir Levillain.

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la syncope, dos accès de fausse angine de poitrine ; du côlé de l'innervation vaso-motrice, des congestions de la peau, surtout au visage, des bouffées de chaleur, des anomalies de température aux extrémités (pieds brûlants ou glacés), des frissons, des accès de fièvre, des hémorrhagies...

M"'*' B..., femme d'artisan, de forte constitution, observation a eu, il y a deux ans, des saignements de nez d'une fréquence et d'une abondance qui ont entraîné une anémie considérable.

Des troubles digestifs sont survenus , puis des palpitations violentes avec sensations d'étouffement ; la tête s'est affaiblie, l'application à un travail un peu prolongé est devenue impossible; cette dépression mentale faisait place , parfois , à des crises d'exaltation. Plus tard, il s'est produit des hémorrhagies par le fondement, qui ont encore aggravé l'anémie. Les troubles cérébraux et cardiaques se sont accentués : les phobies ont fait leur apparition, particulièrement la terreur de voyager en voiture ; les crises du cœur ont pris une telle intensité (palpitations, sufïocations, syncopes), que le médecin a cru devoir prescrire des vésicatoires sur la région précordiale.

M""^ B... était devenue excessivement impressionnable à toutes les causes physiques et morales, et notamment an froid.

Deux saisons de Bagnères ont efficacement combattu son anémie et les désordres nerveux qu'elle

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présentait, notamment ceux du cœur et de l'innervation vaso-motrice. Eau ferrugineuse et bains du Grand-Pré.

Observation M. W..., professeur de l'Université, a été très

éprouvé par des chagrins de famille. Ces épreuves ont occasionné un état neurasthénique dont les symptômes ont pour siège les intestins (diarrhée à peu près continuelle), le cerveau et le système nerveux (vertiges, inquiétude , tremblement , etc.) et surtout le cœur : battements exagérés de force et de fréquence (115 pulsations), palpitations, tendances à la syncope (défaillances et même chute sans perte de connaissance, état lipothymique) ; ces sypmtômes et d'autres (un peu d'exophtalmie) feraient penser à la maladie de Basedow.

Les antécédents arthritiques du malade me font donner la préférence au bain du Platane. — Eau du Dauphin (contre le flux intestinal) et de Labassère (contre une susceptibilité assez marquée des muqueuses respiratoires). Douches écossaises.

J'ai dû suspendre l'eau de Labassère., qui agitait le système nerveux du malade. J'ai substitué la Reine au Dauphin, qui avait fini par amener de la constipation. Le Platane a produit un calme très appréciable sur le système nerveux et sur le cœur : le pouls est tombé à 70.

Observation M. B..., Hollaudais, adonne a des études absorbantes, a présente comme prnicipal symptôme des phénomènes de syncope ou de lipothymie. Une fois,

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il s'est senti défaillir sur la rue, il n'a eu que le temps d'entrer dans un café et il s'est évanoui; une autre fois, dans une promenade à cheval, il a perdu connaissance et il est tombé sur un tas de pierres. Est-ce l'anémie cérébrale qui a produit la syncope ? C'est la supposition la plus probable. Il présente tous les signes d'ane grande fatigue physique : céphalée, insomnie, difficulté d'application à l'étude. Avec cela , de l'eréthisme cardiaque , une grande impressionnabilité morale, des pertes séminales fréquentes.

Cet état nerveux a été occasionné par des excès de travail et par des peines intimes.

Je prescris l'eau et les bains de Salut et des douches écossaises.

M. B... a fait deux saisons à Bagnères. Il a retrouvé la force et le calme, et il a pu poursuivre avec succès la carrière d'études dans laquelle il était entré.

Les deux cas suivants ont été observés par M. Dejeanne :

M. K..., souffrant de palpitations et d'insomnie, observ.uion

se croit atteint d'une lésion au coeur. L'auscultation la plus minutieuse donne une réponse négative.

Il est envoyé à Bagnères par son médecin de Paris.

Eau de Salut^ bains du Foulon et de Salut, douches tempérées, douches ascendantes.

M. K... s'en va amélioré et rassuré.

M"^ Sch..., aimable et intelligente jeune personne, observation

est soignée depuis un an pour des accès de palpitations, des douleurs vagues dans la région précor-

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diale et une sensation d'oppression qui est devenue continuelle. Dans ces derniers temps, il est survenu des phénomènes beaucoup plus pénibles et présentant des apparences de gravité : ce sont des crises d'étouffement avec angoisse et surexcitation nerveuses très accentuées. D'une part, l'absence des signes stéthoscopiques, bien qu'on observe des irrégularités et quelques intermittences du pouls ; d'autres part, certains troubles nerveux que présente la malade et notamment des symptômes d'hypocondrie autorisent à porter le diagnostic de fausse angine de poitrine et de névropathie cérébro-cardiaque de Krishaber.

Médications essayées sans succès durable : douches froides, digitale, nitro-glycérine , bromure, chloral (ces deux derniers médicaments ont procuré du soulagement).

Traitement suivi à Bagnères : Bains du Platane et, plus tard, de Salut.

Résultat des plus satisfaisants.

Cette observation mérite d'arrêter notre attention, à cause du symptôme ou syndrome excessivement pénible qu'elle mentionne : la fausse angine de poitrine. Parmi les accidents cardiaques qui ne tuent pas, on ne peut en imaginer de plus douloureux, ni qui aient un plus fâcheux retentissement sur le moral du malade.

Huchard rapportait dernièrement , à la Société médicale des Hôpitaux^ le cas d'un notaire du Sud- Ouest qui, pour mettre fin aux angoisses que lui causaient des accès de fausse angine de poitrine, se

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suicida en se Liraiit un coup de revolver dans la région du cœur.

En sorte que la fausse angine de poitrine, qui, par elle-même, n'est pas mortelle, peut entraîner la mort chez un neurasthénique ou un hypocondriaque ([ui ne se sent pas le courage de vivre dans de continuelles terreurs.

C'est un de ces accidents qui éclatent souvent au observau milieu de la nuit et pour lesquels on fait lever les médecins , aux eaux thermales comme ailleurs. En 1887, je fus appelé, la nuit, auprès d'une malade des environs de Lyon , qui , après avoir fait une ou plusieurs cures à La Bourboule, avait été envoyée à Bagnères pour y suivre un traitement sédatif. Elle présentait les symptômes nerveux, gastrique et cardiaque de la neurasthénie, avec une déchéance nutritive générale contre laquelle les eaux de La Bourboule avaient agi efTicacement.

ABagnères, je lui faisais prendre l'eau de Salut en boisson , ainsi que l'eau de Salies pour une ancienne bronchite ; les bams du Foulon et des douches écossaises.

La crise nocturne pour laquelle on m'avait appelé était une crise de fausse angine de poitrine, où dominaient les symptômes de suffocation. J'en eus raison avec une ou deux cuillères de valérianate d'ammoniaque de Pierlot.

Voici un cas analogue :

M. l'abbé G... a contracté dans les fatigues du observauoa professoral des troubles fonctionnels et un affaissement général qui ne permettent pas d'hésiter sur

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le diagnostic. G'esi lui neurasthénique par la dépression des fonctions intellectuelles et l'atonie des voies digestives ; c'est un neurasthénique par l'insuffisance ou la perversion des échanges nutritifs : ses urines décèlent une quantité considérable d'oxalate de chaux.

Mais ce qui donne au malade sa physionomie personnelle, c'est le relief des symptômes cardiovasculaires : palpitations, arythmie, angoisse respiratoire donnant parfois l'impression de l'angine de poitrine.

Eau et bain de Salut. Eau ferrugineuse. Douches écossaises.

Le malade part amélioré; je lui conseille de faire usage chez lui du sirop d'hypophosphites de P'ellow^ et de revenir l'année suivante.

Une seconde saison consolide et complète les bons

résultats obtenus la première année.

Dans les observations qui précèdent, ce sont les troubles cardiaques proprement dits qui dominent la scène. Voici maintenant deux cas où c'est surtout l'innervation vaso-motrice qui est troublée. Observation M. F..., qul était pcrceptcur dans la campagne et qui allait faire lui-même ses recouvrements chez les contribuables, ayant été appelé à un emploi supérieur dans une ville importante, s'est vu confiné dans un bureau. Privé brusquement de l'exercice physique auquel il était habitué, il a été atteint d'une crise de neurasthénie aiguë, qui a duré trois mois : céphalée occipitale, dyspepsie, fièvre, prostration et troubles

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circulatoires très accentués , saignements de nez abondants, taches de purpura sur le corps.

Quand il arrive à Bagnères pour prendre les eaux, lout son embonpoint a fondu : îa peau, surtout la peau de l'abdomen, lâche et flasque, a trop d'ampleur pour son corps amaigri. Il a pourtant de la dilatation de l'estomac, ses digestions sont laborieuses et pénibles. 11 éprouve à la tête une sensation de pesanteur et de chaleur. Aux jambes, congestion des capillaires et môme ecchymoses présentant l'aspect du purpura. Epistaxis à tout propos, — il n'ose plus se moucher, — et il porte toujours sur lui du perchlorure de fer. Douleurs vagues sur divers points du corps.

Je prescris l'eau de Salut, l'eau ferrugineuse, les bains de St-Rocli alternant avec les douches de la Reine, à forme écossaise.

Dès les premiers jours, l'amélioration se manifeste. Quand il quitte Bagnères, il est très bien : le traitement modérément tonique qu'il a suivi a rendu au système nerveux et aux vaisseaux leur tonicité normale, les hémorrhagies ont cessé, et une compensation, très légère, mais suffisante, s'est produite du côté des hémorrhoïdes.

M'"'' FI... est affligée d'un mari malade et inquiet, ohsnvatioi avec qui la vie n'est pas supportable. Elle vient chercher à Bagnères un peu de repos et le remède à un état nerveux que ses épreuves domestiques ont développé.

Son anémie cérébrale est telle que, dans la station

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verticale, elle a toutes les peines du mende à suivre une idée, il lui semble qu'elle est « paralysée de la tête. » Pour penser, pour raisonner, il faut qu'elle soit étendue. Elle souffre de la tête lorsqu'elle se fatigue; elle a aussi des accès de migraine. La fatigue fait avancer ses règles , ou même détermine des pertes dans l'intervalle. Elle éprouve, au physique et au moral, un affaissement extrême. Avec cela , quelques troubles dyspeptiques , de l'insomnie , etc.

Salut en boisson et en bains. Douches écossaises.

L'atonie des vaso-moteurs se manifeste à la douche : la peau rougit sous le jet d'eau chaude, sans qu'elle en ait conscience; elle n'est pas impressionnée par le jet d'eau froide.

Après deux cures thermales. M"''' FI... se retire très satisfaite; l'estomac est bien. Le cerveau a retrouvé les conditions normales de son fonctionnement. M"» FI... se sent le courage et la force de reprendre, à Paris, la mission ingrate qui lui est dévolue.

§ 6. — Autres variétés de neurasthénie.

Neurasthénie sexuelle. — Beard a fait tout un traité spécial sur la Neurasthénie sexuelle : «< On sexual neurasthenia , » (New- York , 1884), où il « considère cette forme comme une variété très importante et très fréquente de l'épuisement nerveux. »

La question déjà posée pour d'autres troubles

rouctioiiiiels : Sont-ils cause ou eiiel? — se pose de nouveau ici. «Or, déclare Levillain , il est surtout vrai de dire que , dans la plupart des cas , les troubles génitaux sont plutôt un résultat symptômatique qu'une raison d'être étiologique de l'épuisement nerveux. »

Ces troubles sont principalement l'hyperexcitabilité, l'impuissance (celle-ci succédant d'habitude à celle-là), la spermatorrhée (pertes séminales involontaires).

Oue la spermatorrhée soit cause ou effet dans la neurasthénie, il est certain que la dépression nerveuse peut être entretenue et augmentée par des pertes de cette nature.

C'est le cas de M. ■^**, officier supérieur, qui s'est observoUon vu dans la nécessité de demander un congé assez long, par suite de l'extrême faiblesse où il se trouve réduit. Ses médecins l'adressent à Bagnères pour y suivre un traitement à la fois sédatif et reconstituant.

Bains de Salul ; quelques douches écossaises sur les reins et les membres inférieurs, alternant avec des bains de siège frais et à eau courante.

Eau de Salut et eau ferrugineuse. (Observation empruntée à M. Dejeanne).

M. Fr..., étudiant, est affaibU par une sper- (^bs^rvaiion matorrhée dans laquelle les excès de jeunesse ne sont pour rien. Son estomac est délabré ; ses intestins, frappés d'inertie, ont besoin d'être réveillés par

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des purgatifs fréquents. P^tat général des neurasthéniques.

Les troubles locaux sont enrayés et Tétat général est remonté par l'eau et les bains de Salut , les douches ascendantes et les douches écossaises, plus tard les douches entièrement froides.

Voici un cas rapporté dans la thèse de Gascua : ohservniion « M. A. S..., de Coguac. M. S... est très anémié, il éprouve de fortes pertes séminales ; il a des palpitations de cœur très douloureuses, on trouve chez lui de nombreux symptômes de dyspepsie , digestion lente, pénible, borborygmes , estomac gonflé, etc.

» On lui fait prendre l'eau de Salut en bains et en boisson , plus tard l'eau ferrugineuse. Les pertes diminuent, les palpitations s'apaisent, M. S... se retire très amélioré. »

Le fait suivant constitue la matière d'une observation détaillée de Sarabeyrouse, trop détaillée pour être ici reproduite en entier. Il la fait précéder des lignes suivantes :

« Entre plusieurs observations relatives aux eaux de Salut, qui nous appartiennent et qui prouvent l'excellence de leurs qualités dans les maladies nerveuses entretenues par la faiblesse et l'irritation, nous nous bornerons à rapporter, etc. » Observation H s'agït d' u u hommc de Rabastens, âgé de vingtsix ans, marié, malade depuis son mariage. Les premiers symptômes de son état avaient consisté en « quelques maux nerveux dont l'ensemble présentait un état hypocondriaque des plus caractérisés. » Ces

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