CHAPITRE III I^'ÉI»ILEÏ*SIE
La grande épilepsie , la névrose que Lassègue a attribuée à une inafformation du crâne et qui se manifeste par de grandes attaques, plus ou moins fréquentes, dont la description est classique, cette névrose, jusqu'ici réputée incurable, n'a rien à voir avec les eaux thermales.
La même proscription doit frapper les pseudoépilepsies symptomatiques d'une lésion cérébrale généralement incurable.
Il reste à l'actif du traitement thermal les pseudoépilepsies dépendant d'une affection nerveuse ou autre, accessible à un traitement quelconque, et les
(i) Lafforgue, — Etude sur Bagnères-de-Bigorre (iSgS) — Péré.
Ba^nères-de-Bi^orre 227
formes, atléniiées ou incomplètes, de l'épilepsie essentielle.
Ces formes incomplètes, appelées aussi petit mal, petite épilepsie, vertige épileptique, présentent un pronostic beaucoup moins sombre que la grande épilepsie, et peuvent souvent bénéficier d'un traitement thermal ou hydrothérapique.
Dans ces formes incomplètes, le malade ne pousse pas le cri initial, ne tombe pas ; le spasme convulsif se réduit à une raideur générale, une secousse, une grimace, un clignement de paupières. Mais ce qui ne manque jamais, avec la pâleur caractéristique, c'est la perte de connaissance, le défaut de souvenir de ce qui s'est passé ; l'attaque ne durât-elle que quelques secondes, il y a toujours absence. La petite attaque peut être suivie d'un état hypnotique ou d'une période de coma parfois assez longue, sans que le pronostic soit sensiblement modifié. On peut aussi observer du délire.
M. Dejeanne a traité, il y a quelques années, un malade qui présentait des attaques de petit mal d'un caractère assez complexe, et, en sus des accidents nerveux, une anémie profonde causée et entretenue par des hémorrhagies. Voici l'histoire de ce malade :
M. J... a des antécédents nerveux héréditaires; on observcitimi peut le considérer comme un dégénère.
Il est sujet depuis longtemps à des migraines violentes qui éclataient autrefois tous les quinze jours, mais qui ont maintenant diminué de fréquence. Au cours de ces migraines ou sous d'autres influences (émotion, fatigue, etc.), il tombe brus-
228 Les névropathes
quement dans une sorte d'état hypnotique : raideur musculaire, perte absolue de connaissance, parfois délire (il parle ou il chante, mais il reste complètement étranger à ce qui se passe autour de lui) ; insensibilité des téguments ; abolition des perceptions sensorielles... ta crise dure de 5 à 20 minutes et se termine par un frémissement musculaire, avec soubresauts dans les membres. Le malade se réveille et rentre dans la vie de relation sans se rappeler rien de sa crise.
Ce malade a été examiné par plusieurs sommités médicales. On a hésité entre l'hystérie et l'épilepsie. Cet état nerveux se complique depuis deux ou trois ans d'un flux hémorroïdal , dont la fréquence et l'abondance se sont accentuées dans ces derniers temps au point de causer de légitimes inquiétudes. M. J... ne peut plus aller à la selle sans perdre une quantité considérable de sang. Des examens minutieux n'ont pu trouver une explication anatomique de ce phénomène. On se trouve probablement en présence d'un cas d'hémophilie ou d'un désordre de l'innervation vaso-motrice. De tous les moyens locaux et généraux essayés , un seul a réussi : l'emploi du perchlorure de fer, ou encore l'eau de Léchelle.
Ces hémorrhagies réitérées ont déterminé une chloro-anémie profonde et ont continué à aggraver les phénomènes nerveux, notamment la céphalalgie qui est devenue quotidienne.
On envoie le malade à Bagnères pour y suivre un traitement calmant et tonique : bains de Salut ^
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douches ascendantes de Salut , tièdes ou fraîches ; douches froides générales. Eau ferrugineuse.
Ce traitement amène dans les symptômes et dans l'état général une amélioration marquée.
L'hystérie peut compliquer l'épilepsie, comme observation