NÉVRALGIES PÉRIPHÉRIQUES ET VISCÉRALES
Qu'on ne s'attende pas à parcourir un à un, dans ce chapitre, les organes du corps humain susceptibles d'être affectés de névralgies.
La névralgie, étant presque toujours le symptôme d'une autre affection, a été maintes fois signalée dans les observations des chapitres précédents (neurasthénie, hystérie). Il sera fait également mention de la névralgie dans le cadre symptomatique de l'ataxie, de la chloro-anémie et autres affections générales dont nous parlerons plus loin.
Ici, nous nous bornons à recueillir quelques faits qui ne pourraient pas trouver place dans les autres parties de l'ouvrage.
^ ler __ Névralgies périphériques.
Il semble que rien n'est banal en médecine comme une névralgie. Mais cette impression se dissipe quand on se trouve en présence de certaines névralgies comme la névralgie faciale, dont l'origine, la nature, la séméïologie ont suscité tant de recherches et dont le traitement, hélas ! a parfois épuisé en vain toutes les ressources de la science et de l'art.
Les névralgies ne sont pas mortelles, soit. Mais
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on peut dire avec Tissot que « si elles prennent peu sur la longueur des jours, elles prennent beaucoup sur le bonheur. » D'ailleurs l'exaspération indéfiniment renouvelée d'une névralgie peut altérer le moral et devenir mauvaise conseillère : on a rapporté des cas de suicide occasionnés par des douleurs violentes et tenues; j'ai connu une femme qui, désespérant de guérir d'une névralgie faciale, a fini par se pendre.
La chirurgie est venue au secours de la médecine impuissante dans certains cas, et l'on a pu croire que, grâce au bistouri, il n'y aurait plus de cas désespérés. Le dernier Congrès de chirurgie a enregistré les résultats favorables obtenus par MM. Février (de Nancy) et Doyen (de lieims) dans le traitement chirurgical de la névralgie faciale; mais il a recueilli aussi les aveux de MxM. Chalot (de Toulouse) et Témoin (de Bourges) qui ont constaté des récidives après des opérations faites suivant les dernières indications de la science (résection du nerf maxillaire supérieur et du ganglion de Meckel).
D'ailleurs la thérapeutique de cette redoutable névralgie est si loin d'être fixée, que nous avons vu récemment, en Allemagne, le D' Gussembauer, renonçant au traitement chirurgical de la névralgie faciale 5 entreprendre avec succès le traitement des troubles fonctionnels qui joueraient dans cette affection le rôle de cause réflexe. C'est ainsi qu'il a guéri des névralgies faciales par le traitement de la constipation (1).
(i) André. — Les nouvelles maladies nerveuses.
à Bagnères-de-Bigorre 251
La variété des traitements proposés s'explique dans une certaine mesure par la variété des causes auxquelles on peut attribuer la névralgie faciale, comme telle ou telle autre névralgie : lésion cérébrale, rhumatisme, cachexie palustre, chlorose, névrite, névrose générale... v Ce n'est qu'après avoir découvert la véritable cause du mal que l'on pourra instituer un traitement rationnel et efficace.»
Conformément à ce principe judicieux, le D"" Beni- Barde recommande par excellence, contre les névralgies curables, l'hydrothérapie, parce « qu'on peut, à l'aide des diverses modifications dont se compose cette puissante médication, combattre tout à la fois l'élément douleur et l'état pathologique de l'organisme qui donne lieu à la souffrance nerveuse. »
Des propriétés analogues peuvent légitimement être attribuées à certaines eaux thermales comme le Foulon, Salut^ le Platane qui ont depuis longtemps fait connaître leur efficacité contre les névralgies
simples ou liées à la diathèse arthritique.
M""'' H... était sujette à des névralgies faciales, observation
extrêmement douloureuses, accompagnées de congestion de l'œil correspondant, et survenant par crises qui duraient souvent plus d'une semaine.
Elle avait consulté des médecins éminents de Paris ; elle avait essayé en vain la quinine, l'aconitine, les bromures et, en dernier Heu, le salycilate de soude.
Diathèse arthritique. Pas de sucre ni d'albumine
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dans les urines. Mais, à la longue, ces névralgies répétées avaient amené un affaiblissement très prononcé.
Il s'agissait à la fois de calmer l'état local et de relever l'ensemble de l'économie. Cette double fin a été atteinte par le traitement suivant : eau de Salul^ bains du Foulon^ douches tempérées.
M. le D*" Dejeanne, à qui nous devons la connaissance de ce fait, nous a communiqué un autre cas de ce genre traité avec avantage par les eaux de 5a/w^ ; névralgie du trijumeau, affectant de préférence les branches sub-orbitaire, maxillaire supérieure et temporale du côté gauche. Dans ce dernier cas, l'élément arthritique était absent ou effacé, le bain de Salut put être pris sans inconvénient.
Observation NÉVRALGIE INTERCOSTALE. — Cette névralffic s'cSt
cil ^
développée sur un terrain profondément anémié;
état nerveux général assez mauvais, — insomnie, faiblesse musculaire, — entretenue et aggravée par une dyspepsie gastro-intestinale tenace et par un écoulement hémorrhoïdal parfois abondant.
La névralgie occupe les sixième et septième espaces gauches , avec points douloureux aux apophyses épineuses et irradiation vers le bras correspondant.
Eau et bain de Salut; eau ferrugineuse; douches
froides. Résultat : remontement général , gi-ande
atténuation des douleurs, amélioration marquée de
l'état nerveux. (Dejeanne).
Observation J'ai soisTué , Dour une affection semblable, M"'Ma
cm o 7 r
baronne de \... Depuis bien des mois, elle ne pouvait plus dormir qu'à force d'opium, à cause
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d'une névralgie intercostale tenace qui s'accompagnait de douleurs à l'épigastre et d'un peu de gastralgie. Avec cela, une impressionnabilité générale excessive.
Je lui ordonnai l'eau de la Rampe et les bains de St-Roch. J'eus d'abord de la peine à la faire baigner, à cause de l'extrême sensibilité de la région épigastrique; je débutai par des demi-bains. Graduellement, elle s'habitua au bain, et, quand elle partit, elle souffrait encore un peu de ses douleurs intercostales, mais son état était considérablement amélioré, et je
sais que cette amélioration s'est maintenue.
Névralgie lombaire. — M. D... souffrait depuis observation
plusieurs mois d'une névralgie siégeant sur les rameaux cutanés du plexus lombaire avec, de temps en temps, des irradiations dans le plexus sacré. Ces douleurs, à peu près constantes, étaient sujettes à des exacerbations qui constituaient des accès d'une extrême acuité.
La névralgie avait déterminé chez M. D... une irritabilité générale du système nerveux et une dépression mentale qui aggravaient sensiblement son état.
Divers traitements avaient été suivis sans succès durable : salycilate de soude, strychnine, pilules de Grosnier, injection de morphine, ignipuncture.
Ce n'est qu'à Bagnères que M. D... a trouvé un soulagement sérieux et qui s'est maintenu. Le traitement a consisté en bains de Salut, eau de Salut ^ douches tempérées. (Dejeanne).
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Observation NÉVRALGIE sciATiQUE. — Le Frère L..., appartenant à l'Institut des Ecoles chrétiennes, est venu pour la première fois aux eaux de Bagnères en 1885. Il souffrait, depuis plus de trois ans, d'une névralgie sciatique gauche, continue et à paroxysmes, vainement traitée par des badigeonnages de teinture d'iode, des vésicatoires, des applications de feu, des bains sulfureux artificiels... Trois saisons aux boues de Dax avaient donné un soulagement momentané. Le mal s'atténuait quelques jours et reprenait ensuite avec une violence nouvelle.
A son arrivée, le malade ne marchait pas. Il fallut le faire porter aux Thermes, pour y prendre les bains du Foulon que je lui ordonnai. Il prit 35 bains, en deux séries séparées par quelques jours de repos.
Avant de partir, il put faire quelques pas, non sans peine: il essaya d'aller à pied à l'Etablissement, mais il dut se faire transporter au retour.
Il quitta Bagnères peu satisfait.
Il n'éprouva un mieux sensible que quelques jours après. Il put marcher et faire à pied plusieurs kilomètres. Il reprit ses occupations.
Encouragé par ce résultat, il revint l'été suivant, et je lui ordonnai de nouveau le Foulon^ vingt-cinq bains , pour consolider et compléter l'amélioration déjà obtenue. Pendant l'hiver qui suivit, il n'eut pas de crise violente ni de douleurs permanentes; il éprouva à peine quelques douleurs sourdes.
Une quatrième et dernière saison me permit de
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constater la disparition définitive d'une névralgie qui, par sa persistance, avait menacé de devenir une véritable infirmité.
Parmi des faits nombreux, nous avons choisi ce fait parce qu'il montre la ténacité du mal dans certains cas et la nécessité pour le malade de poursuivre le traitement avec persévérance.
La guérison de la sciatique par les bains du Foulon est chose banale à Bagnères. On ferait un musée avec les cannes et les béquilles que cette catégorie de malades abandonne à la suite de l'usage de ces bains. Les ouvriers de Bagnères et les paysans des environs connaissent la vertu légendaire des bains du Foulon; quand ils vont trouver le médecin pour une douleur sciatique, ils lui demandent le Foulon avant môme d'avoir exposé leur cas. Et le plus souvent ils ont raison de demander ce bain. Presque toujours les malades atteints de sciatique et guéris au Foulon sont des arthritiques, et surtout des rhumatisants.
Nous ne connaissons pas des cas de guérison de sciatique par les eaux de Salut ; nous n'avons pas eu d'ailleurs l'occasion d'adresser à Salut de malades atteints de cette affection.
Nous trouvons dans la bibliogrophie thermale de Bagnères plusieurs faits concluants, et notamment une intéressante observation du D'' Bourdette père, que nous allons reproduire en entier.
Descaunets rapporte que le bain de Roc de Lannes a fut d'un grand secours à un fermier du duc de
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Roquelaiire ; il était vivement attaqué de la sciatiqiie, surtout lorsqu'il était au lit ; il trouva dans ce bain sa guérison parfaite. »
Le même auteur rapporte que « M. l'abbé Tappie, promoteur du diocèse d'Auch, attaqué d'une sciatique très violente, se trouva guéri par le seul usage des bains de Lannes du Roch. »
Bordeu cite des faits semblables.
Cette source du Roc de Lannes ressemble par sa minéralisation et sa température à la source de Saint-Roch ; elle n'est plus employée aujourd'hui qu'à des usages secondaires, mais elle était encore administrée en bains, au commencement de ce siècle, probablement à la même température que le bain actuel de Saint-Roch^ l'un de nos bains les plus recommandés dans le rhumatisme.
Voici l'observation du ÏY Bourdette :
observaiion « M. L. V..., do Narbonuc, âgé de 40 ans, d'un tempérament sanguin, était depuis plusieurs années tourmenté par une sciatique rebelle qu'il attribuait à un logement humide qu'il avait cessé d'habiter ; la maladie présentait pour caractère principal une douleur très vive siégeant dans la région lombaire, au-dessus du sacrum, s'exaspérant par la marche et la pression du doigt.
» Le malade ne pouvait guère quitter le lit et marchait péniblement appuyé sur une canne, le corps plié en deux, obligé de s'arrêter et de s'asseoir sur tous les bancs. Les membres inférieurs étaient notablement amaigris, les muscles en voie d'atrophie ; il était complètement découragé, se croyant
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atteint d'une véritable lésion de la moelle épinière. La douleur et les insomnies avaient notablement alîaibli ses facultés intellectuelles. En août 1881, il se rendit à Lourdes en pèlerinage, et, sur l'avis d'un médecin de cette ville, il vint à Bagnères-de-Bigorre. Je lui prescrivis le traitement suivant : Bains du Foulon de 20 minutes, et douches tempérées, en arrosoir, de \a Bcine ^ de deux minutes. Celles-ci ayant provoqué des douleurs, le malade prit seulement des bains pendant dix jours. Après le douzième, les douches furent supportées ; une amélioration sensible se manifestait vers le dix-huitième, les douleurs encore provoquées par la marche étaient cependant supportables ; le sommeil et l'appétit étaient revenus, et il pouvait marcher un certain temps sans être obligé de s'arrêter à chaque instant. Vers le quinzième jour, j'augmentai la durée du bain et de la douche. Après un mois de ce traitement, M. L. V... constatait une amélioration qu'il avait désespéré d'obtenir. Le corps s'était dressé ; les jambes revenaient h leur état normal ; le malade pouvait rester longtemps debout sans fatigue. Je conseillai comme complément de traitement, une douzaine de douches à vapeur. Le résultat fut tel que M. L. V... partit quarante-cinq jours après ce traitement, satisfait et vantant les bienfaits des eaux de Bagnères-de-Bigorre avec l'enthousiasme méridional.
« J'ai eu l'occasion de revoir ce malade en septembre 1881 ; l'amélioration s'était maintenue et il n'avait éprouvé que des crises légères dont il espé-
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rait se débarrasser complètement par le traitement. ^) Mais vers le septième jour, il fut rappelé dans sa famille. »
§ 2. — Névralgies viscérales.
Gastralgie et ExNtéralgie. — Comme on a pu le voir dans les observations que nous avons données, la gastralgie tient une place importante parmi les symptômes de l'hystérie et de la neurasthénie. Il nous serait aisé- de puiser d'autres faits dans les anciens auteurs (I) ou dans les observations inédites que nous avons entre les mains ; cela nous paraît superflu.
Nous dirons seulement quelques mots de l'entéralgie rhumatismale ou goutteuse qui est toujours guérie ou améliorée par le bain du Foulon. Observation Eu 1889, M. X..., do Parls, est envoyé à Bagnères par le D' Alibert, qui lui a vanté les bienfaits du Foulon. M. X... est un goutteux qui a présenté alternativement deux sortes de manifestations douloureuses : des crises articulaires au pied droit, des douleurs d'entrailles avec ou sans diarrhée. La dernière crise, qui a eu lieu il y a un mois, a consisté dans des tranchées violentes qui l'ont retenu à la chambre pendant quatre jours.
M. X... se met à boire l'eau de Salut et à prendre le bain du Foulon. Au bout de quelques jours, il est obhgé d'interrompre l'eau de Salut dont l'eflèt s'est
(i) Notamment Lacoste, Cascua, Couzier.
porté sur les entrailles et a réveillé des douleurs. Mais il contiaue les bains. Plus tard , il reprend Salut, et c'est un autre effet, celui-là favorable, qui se produit alors : une abondante diurèse.
M. X... est parti en très bon état et, d'après les nouvelles ultérieures que nous avons reçues, il a toujours eu à se louer, dans la suite, de sa saison de Bagnères.
Nous avons vu un de nos excellents confrères de Paris retirer les mêmes avantages d'un traitement semblable dans la même affection, avec cette seule différence que notre confrère est rhumatisant, et non goutteux, comme le malade précédent.
Les autres névralgies des viscères abdominaux, foie, rate, rein, — sans parler des organes du petit bassin, — sont justiciables du même traitement.
Voici un cas de névralgie du rein, rapporté par le D"" Gouzier :
c( M'"^ de B..., de Tours, âgée de 35 ans, a eu, avant observation son mariage, des attaques nerveuses qui ont absolument cessé depuis ses premières couches, il y a 16 ans. Elle est d'une bonne constitution, quoique un peu anémique. Les fonctions cataméniales s'accomplissent avec une régularité parfaite : ni la marche, ni la vie de plaisir que mène la malade, ni les longues courses à cheval ne réveillent de souffrance soit du côté de l'utérus, soit du côté des annexes. — Elle n'a jamais été malade.
» Mais, depuis deux ans environ, elle ressent dans la région des reins, tantôt à droite, tantôt à gauche, souvent des deux côtés, une douleur sourde presque
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continue, avec des exacerbations suffisantes pour amener des vomissements et la syncope. Ces crises se terminent en général par une émission abondante d'urine : jamais celle-ci n'a présentée de dépôt urique.
Prescription. — M™« B... prendra tous les jours un bain prolongé à Salut.
>» Elle coupera aux repas son vin avec l'eau de Salut.
» Le traitement dure 25 jours. M"'^ B... quitte Bagnères absolument guérie, le 1^'" septembre 1878, et sa guérison s'est maintenue. »
Le D"" Gouzier ajoute :
« Je ne sais si je suis bien fondé à donner à l'affection qui précède, le nom de névralgie du rein, maladie dont l'existence, bien qu'acceptée par Rayer, n'est pas admise par tous les auteurs. Quoi qu'il en soit, la douleur éprouvée par M"'^ B... était bien de nature nerveuse, comme le prouve le succès de la médication. »
Cette réserve de notre consciencieux et regretté confrère n'enlève rien à l'intérêt ni même au caractère concluant de son observation. Sydenham avait signalé la névralgie des reins chez les hystériques, et le D' Huchard , dans sa belle édition d'Axenfeld, admet la nature nerveuse de ces accidents quand ils se produisent dans certaines conditions déterminées, que paraît d'ailleurs réaliser le cas du D' Couzier.
A ce sujet, nous devons faire remarquer que l'on peut traiter à Bagnères, en même temps que les troubles nerveux , diverses affections des voies
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uriiiaires, telles que catarrhe de vessie, coliques néphrétiques, etc., qui sont du ressort des stations plus spéciales de Vittel, Gontrexéville , Gapvern. Nos sources de Salut, Marie-Thérèse , la Peyrie, etc., sont chaque année utilisées avec succès par des malades qui, pour telle ou telle raison, donnent à Bagnères la préférence sur Gapvern ou telle autre station équivalente.
§ 3. — Migraine.
L'observation suivante est rapportée par Bordeu :
« Une femme, quoique bien réglée, devint sujette à une migraine dont les retours étaient constamment précédés d'une constipation du ventre absolue : les eaux de Baguères et la fontaine la Reine , bues le matin, et celles de la fontaine du Salât, pendant le jour, ouvrirent le ventre et firent disparaître la migraine. »
Gascua rapporte un cas de migraine qui était lié aussi à des troubles digestifs (alternative de constipation et de diarrhée). Gette migraine « atroce apparaissait depuis dix-huit ans, à des interValles irréguliers. » L'eau et les bains de Salut amenèreut « une grande amélioration, » qui s'est maintenue.
J'ai traité également par les eaux de Salut un migraineux qui était sujet à la constipation. Fils d'arthritique, on lui avait conseillé les eaux de Royat, et il y avait fait une saison. Mais l'hémicranie persistait, siégeant de préférence à droite, et
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cette hémicraaie s'accompagnait de désordres oculaires qui avaient fait penser un moment à de la clioroïdite.
Le traitement par Sahct lui a fait un bien manifeste et durable.
Dans d'autres cas, la migraine est occasionnée, non plus par des troubles dyspeptiques , mais par des troubles utéro-ovariens, par des irrégularités de la menstruation. Ainsi, dans l'observation suivante que nous a communiquée le D' Gougombles : '.Observation » M'"« L..., 38 aus , dc Miraudc , jouirait d'une bonne constitution sans l'état névropathique qui l'inquiète au dernier degré, état qui se trouve héréditaire dans sa famille.
» La menstruation s'établit chez elle à l'âge de 16 ans, mais d'une façon très irrégulière ; elle se manifeste tous les huit jours, presqu'insignifiante, puis tous les quinze jours. Pendant dix années, le flux a paru se régulariser tout en restant peu abondant. Depuis environ trois ans, la menstruation s'effectue deux ou trois fois par mois.
» Ces désordres menstruels étaient le prélude d'accidents nerveux qui vinrent à se manifester en effet d'une façon presque subite.
» Depuis deux ans, trois ou quatre fois par mois, M"'^ L... est prise de migraines atroces du côté droit, avec vomissements bilieux et glaireux. L'appétit est resté bon; il n'y a pas de constipation. Des névralgies sur d'autres parties du corps accompagnaient ou parfois remplaçaient les migraines. Kien du côté des voies respiratoires.
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» yVprès deux saisons à Bigorre, en juin et septembre 1891, où elle a fait usage de l'eau de Salut en boisson et en bains, des douches tempérées, puis insensiblement froides, la malade accuse une amélioration notable dans tout son organisme : de fait, les migraines ont disparu; la période menstruelle est arrivée sans occasionner de douleur de tête; tout fait supposer que la guérison se maintiendra. »
Des faits semblables ont été rapportés par Lacoste et par d'autres auteurs.
Dans un troisième ordre de faits, on n'observe pas de troubles fonctionnels particuliers jouant le rôle de cause occasionnelle, mais on se trouve en présence d'individus manifestement arthritiques par eux-mêmes ou par leurs ascendants. C'est à cet ordre de faits qu'appartient l'intéressante observation qui suit, extraite de la thèse de Cascua :
« M. de M..., 1874. M. de M... est sujet à de fortes observation attaques de migraine, à marche périodique. A la suite de travaux intellectuels excessifs, en avril 1874, il tomba dans un état nerveux grave, compliqué d'épuisement physique et moral.
» A ce moment, sous l'influence d'un refroidissement, il fut pris d'une forte attaque de céphalalgie avec raideur du cou, impossibilité de changer de place ni de dormir. Pas de vomissements. Cette crise dura trois jours consécutifs sans un instant de calme ni d'interruption.
» Le repos absolu, les bains, la chaleur, le tilleul et le bromure de potassium furent conseillés pour dissiper la lourdeur de tête, l'insomnie et l'incapa-
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cité de se livrer à aucun travail physique et intellectuel. Ces divers moyens amenèrent une amélioration lente, mais marquée.
» Une consultation eut lieu, à laquelle prirent part M. Charcot et M. Jules Simon. Voici le résumé de leurs conclusions :
« Névropathie liée à la diathèse arthritique ; céphalalgie périodique pendant vingt ans. Angine glanduleuse, eczéma, coliques néphrétiques. » Les deux savants médecins conseillèrent l'usage des eaux de Bagnères.
» M. de M... suivit leur conseil et se rendit à Bagnères, où il fit usage de l'eau de Salut en bains et hoisson.
» M. de M... se retira amélioré, à peu près guéri. » Dans une autre observation de migraine de la même thèse, la diathèse arthritique est caractérisée par des urines rouges et briquetées, des éruptions du côté de la peau, etc.
Enfin il est des cas où la migraine se manifeste en dehors d'une influence diathésique connue, chez des sujets simplement et purement nerveux. Gascua cite l'exemple d'une dame, probablement hystérique, qui présentait alternativement des accès de migraine et des accès de toux nerveuse.
Observation Nous avous douué nos soins, en 1882, à une dame qui souffrait depuis son enfance de violentes migraines, accompagnées de vomissements opiniâtres. Pendant ces crises, qui duraient au moins vingtquatre heures, l'immobilité et le silence étaient de rigueur. La crise se terminait par le sommeil.
à Bagnères-de-Bigorre 265
Pas d'autres troubles de santé à noter, sauf une grande impressionnabilité. Mais la mère de la malade avait été atteinte des mômes accidents et n'en avait guéri qu'après la ménopause.
Traitement : Boisson et bains de Salut ^ douches froides circulaires. — Bon résultat, qui s'est maintenu.
On peut certainement observer d'autres formes de migraines ; celles que nous avons rapportées représentent les types qui s'observent le plus souvent dans notre clinique thermale. ^
Quel est le siège anatomique de la migraine ? Est-ce le trijumeau, le cerveau, la moelle ou le grand sympathique ? Des écrivains qui font autorité penchent vers cette dernière hypothèse : la migraine serait une névrose vaso-motrice, constrictive , par excitation des filets du grand sympathique , d'après Du Bois-Reymond, — dilalalrice^ par paralysie du grand sympathique, d'après MoUendorf, — entraînant en tout cas des troubles de circulation qui expliqueraient la majeure partie des symptômes de cette atïection.
Quoi qu'il en soit, ce qui est certain cliniquement et ce qui nous intéresse au point de vue pratique, c'est que la migraine est toujours précédée ou accompagnée de symptômes généraux ou locaux qui doivent guider le médecin dans la direction du traitement.
Le D' Beni-Barde s'inspire de cette idée quand il écrit : « Onelle que soit, du reste, l'opinion que l'on adopte sur la nature et le siège de la migraine,
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il faut, lorsqu'on est consulté par un malade qui veut combattre cette affection , rechercher avec soin les causes générales qui la déterminent. » Et nous voyons , dans les trois observations de migraine que cet auteur rapporte : un dyspeptique, une jeune fille mal réglée et chlorotique , un paludéen , — chez tous les trois la migraine disparaît à la suite d'un traitement hydrothérapique dirigé contre la dyspepsie, contre la dysménorrhée ou contre les troubles d'origine miasmatique.
En même temps qu'un système complet d'hydrothérapie, nos migraineux trouvent ta Bagnères les diverses ressources hydrominérales appropriées aux accidents et aux états pathologiques qu'ils présentent : eaux de Salut, de la Peyrie , etc., dans la dyspepsie et les troubles urinaires ; eaux ferrugineuses, dans la chloro-anémie ; bains calmants et toniques dans les états nerveux généraux, etc.