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CHAPITRE VII

ETATS NERVEUX et RIAUDIES GÉNÉRALES

C'est en quelque sorte pow mémoire que nous introduisons ce chapitre dans notre travail. Sous le titre de : Etals nerveux et Maladies générales, nous voulons signaler quelques faits ou groupes de faits qui ne peuvent trouver place ailleurs et que nous ne pouvons cependant passer sous silence, car ils ont

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une sigiiificatioii sérieuse au double point de vue des indications et des contre-indications de nos eaux.

Plusieurs de ces maladies générales ayant déjà été l'objet de mentions plus ou moins développées dans les deux premiers chapitres de cette partie, pour ne pas nous répéter, nous nous bornerons à donner ici des indications complémentaires.

L'arthritisme, que Dieulafoy appelait récemment « la dernière des diathèses survivantes » et qui est au moins la plus « solide » et la moins contestée, fournit les plus nombreux et les plus beaux succès de notre clinique thermale. L'arthritisme uni à la névrose, voilà où triomphent nos eaux.

Nous pourrions ajouter de nombreuses observations tout aussi concluantes aux observations de neurarthritisme que contiennent les chapitres précédents. Ce serait inutilement abuser de la patience du lecteur.

L'action de nos eaux est à cet égard plus puissante qu'on ne le croit communément et que ne semble le comporter leur minéralisation. Il est souvent nécessaire d'en surveiller et d'en modérer l'emploi, et il convient en cela de tenir compte de cette chose indéfinissable qu'on a nommé l'idiosyncrasie, la disposition organique particulière à chaque sujet.

S'il y a des rhumatisants qui supportent volontiers un traitement énergique et prolongé (j'ai dans ma clientèle une dame âgée qui a pris, dans une année, cent bains de Sù-Roch), il en est d'autres chez qui l'on doit procéder avec ménagement, en respectant

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même, dans une certaine mesure, les manifestations périphériques dont ils sont atteints, sous peine de provoquer, par une action trop rapide, une répercussion intérieure qui ne serait pas sans danger.

N'oublions pas d'ailleurs que le médecin possède à Bagnères une gamme balnéaire étendue qui lui permet de trouver, dans les divers cas et particulièrement dans les formes nerveuses, la note juste qui convient au malade.

Ajoutons qu'il en est des eaux de Bagnères comme de celles de Plombières : elles sont utiles dans les cas de rhumatisme articulaire aigu, quelques mois après les accès , alors que l'emploi de beaucoup d'autres eaux serait encore téméraire (i).

Quant aux poussées thermales qui peuvent survenir chez les arthritiques, si elles restent dans de sages limites, elles sont toujours salutaires ; elles n'ont que le tort d'enrayer ou d'allonger le traitement. Les anciens les croyaient nécessaires h la guérison ; ils avaient quelquefois raison.

A la suite de l'arthritisme , qui rassemble la goutte et le rhumatisme sous une accolade commune et qui figure en général l'ensemble des maladies chroniques attribuées par Bouchard au ralentissement de la nutrition, il convient de dire quelques mots de l'herpétisme, en évitant de nous engager dans des discussions dogmatiques qui seraient hors de propos et qui auraient pour premier

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effet de soulever cette question : L'herpétisme existe-t-il en tant que diathèse? Il existe en médecine-thermale, cela nous suffit.

« On appelle herpétiques, dit judicieusement Durand-Fardel, les individus sujets à des dermatoses que l'on ne trouve pas à rattacher à quelque état diathésique particulier.» Pour Bazin, l'herpétisme est une maladie constitutionnelle « constituée par des affections spéciales qui ont pour siège les nombreux téguments, les nerfs, les viscères, et caractérisée par la fréquence des récidives et la persistance des manifestations cutanées. »

Hardy et Noël Guéneau de Mussy expriment en termes difTérents une pensée à peu près identique.

M. Durand-Fardel, passant en revue les indications particulières des eaux minérales dans le traitement des dermatoses, dit qu'elles se déduisent de trois ordres de considérations.

D'abord, il faut déterminer l'état diathésique ou constitutionnel existant; il faut savoir k quelle espèce^ scrofulide, arthritide, syphilide, herpétide, se rapporte l'affection cutanée que l'on a à traiter : les eaux sulfurées sont recommandées de préférence contre les scrofulides, les eaux arsenicales contre les herpétides, etc. Ensuite, il faut considérer l'état irritatif ou torpide des dermatoses ; quelques-unes sont toujours irritables, d'autres le sont à telle période de leur évolution . et cet état irritatif, essentiel ou transitoire, est souvent une contreindication, toujours une cause de prudente réserve, dans l'emploi des eaux minérales.

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Eu troisième lieu , il faut tenir compte du tempérament ou de la constitution normale du sujet. « Il ne faut jamais oublier..., que si l'affection est implantée sur une diathèse , celle-ci est souvent assise sur une modalité physiologique déterminée. »

En vertu de la première indication, le principe arsenical contenu dans les eaux de Bagnères, leur assigne des propriétés spéciales dans le traitement désaffections herpétiques, cutanées ou muqueuses, et permet de considérer Bagnères comme un succédané, ou plutôt un diminutif de la Bourboule.

A l'état torpide des manifestations cutanées répondent nos eaux excitantes de Salies, du Dauphin^ etc., et aussi de Labassère , cette source s'administrant en bain, mélangée à la source saline de Tliéas.

Si, au contraire, l'éréthisme caractérise ces manifestations, c'est à nos sources sédatives qu'il faudra s'adresser (Foulon, Platane^ etc.)

La troisième indication, celle relative au tempérament, est peut-être la plus féconde en applications pratiques. Cette indication nous ramène au sujet spécial de notre étude, la névrose. S'agit-il, en eff'et, d'un tempérament nerveux-, de dermatoses évoluant parallèlement ou consécutivement à une affection nerveuse et empruntant à ce tempérament, à cette affection, un caractère particulier d'irritabilité, — nos sources tempérées, le Foulon en tête, sont requises, presque toujours avec succès.

La renommée du Foulon est ancienne. Bordeu, Descaunets, rapportent des guérisons de dartres par ce bain. Sarabeyrouse écrit : « Les eaux du Foulon

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ont de tous les temps passé pour spécifiques dans les maladies de la peau. » Ailleurs, parlant du rhumatisme , le même auteur fait cette remarque : « On doit préférer les bains du Foulon et de Salât quand le rhumatisme doit sa naissance à un principe psorique ou dartreux. » Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit de Salut à propos du rhumatisme; mais, en ce qui concerne les dermatoses, il est des cas assez nombreux où le bain de Salut est efficace, c'est lorsque l'indication dominante porte sur l'élément nerveux.

Les affections cutanées, dans lesquelles le système nerveux joue le rôle de cause prochaine ou éloignée, forment aujourd'hui un groupe important, le groupe des dermato-neuroses. « Les dermato-neuroses, dit M. Béni- Barde (l), sont des affections cutanées dues, dans la plupart des cas, à une perturbation du système nerveux central ou phériphérique se manifestant par un trouble des fonctions de la peau ou par une altération de son tissu. » Ce rôle pathogénique du système nerveux dans certaines dermatoses, entre autres le lichen plan, a été étudié et mis en lumière par M. L. Jacquet. [Annales de dermatologie^ 1890).

C'est en partant de cette idée que M. L. Jacquet a été amené à conseiller la douche sédative dans les dermato-neuroses.

M. Beni-Barde nous raconte les débuts et les

(i) Lecture faite à l'Acade'mie de Médecine, dans la séance du 29 août 1893. — Extrait d'un traité de Y Hydrothérapie dans les maladies chroniques et les maladies nerveuses , parle 1)'' Beni-Barde et Materne, qui paraîtra à la librairie Masson.

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succès de cette nouvelle méthode. Inspiré par M. L. Jacquet, il a entrepris de nombreuses expériences et il a obtenu des résultats favorables.

« D'un autre côté, M. E. Besnier et M. Brocq nous ont confié un certain nombre de malades , que nous avons également traités par les mêmes procédés. » Ces procédés, qui peuvent varier dans certains cas particuliers, consistent habituellement dans une douche tiède générale, à 35*^, «l'eau étant projetée au moyen d'une grosse pomme d'arrosoir débitant un fort volume d'eau, de façon à mouiller, pour ainsi dire, tout le corps à la fois. » La percussion sera modérée, la durée de 3 à 5 ou 6 minutes.

M. Brocq a rapporté dans un travail récent (les Douches chaudes dans les dermatoses prurigineuses) des « succès vraiment saisissants » obtenus par cette méthode, et M. E. Besnier a fait des constatations analogues.

Nous devons souligner dans la remarquable étude de M. Beni-Barde cette observation pleine de justesse et de sens pratique, quoique d'apparence paradoxale; « que la douche agit suivant les conditions sociales de l'individu qui est soumis à son action. » Il est certain que le « souci des affaires, les préoccupations, les chagrins, etc., sont autant de causes qui tendent à tenir, le système nerveux en état d'irritabilité constante et à perpétuer la maladie cutanée. » D'où la nécessité pour cette catégorie de malades, comme pour les neurasthéniques et les hystériques , de s'isoler de leur milîeu et de s'entourer de toutes les

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conditions propres à favoriser le succès dn traitement.

Bagnères, nous l'avons vu, réalise ces conditions. Si l'on veut établir une comparaison avec d'autres eaux célèbres , nos bains tempérés se rapprochent , sous le rapport de leur action physiologique et médicale dans les dermatoses , des bains de Schlangenbad, de Ragaz. de Néris et aussi de St-Gervais. (1) Cette dernière station a été recommandée dans « les maladies de la peau revêtant une forme inflammatoire, qui seraient exaspérées par l'usage des eaux sulfureuses plus actives. » (Billout).

Le professeur Hardy, qui les tenait en haute estime, les conseillait surtout aux « individus nerveux , gastralgiques , >• et se louait beaucoup des effets qu'il en obtenait « pour déterminer et pour consolider la guérison » des herpétiques irritables.

C'est au même titre qu'il recommandait les eaux de Bagnères-de-Bigorre , et notamment les bains de Salut et du Foulon^ auxquels il envoyait souvent ses malades herpétiques et nerveux.

Un autre dermatologiste distingué que la mort a enlevé à la science, M. Yidal, aurait pu témoigner, comme le professeur Hardy, des admirables résultats donnés par le Foulon dans les affections prurigineuses et dans certaines dermatoses rebelles , telles que Veczéma ruhrum et le lichen âgrius.

(i) St-Gervais , qui a failli disparaître dans la catastrophe de 1892, est une station sulfatée calcique, à 600™ d'altitude, dans la Haute- Savoie, à l'entre'e de la vallée de Chamounix.

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Le cadre de notre ouvrage ne nous permet pas de nous étendre davantage sur ce sujet.

Signalons, en terminant, l'étrange analogie, la quasi-identité de notre source de Salles avec la source St-Laurent de Louèche, dans le Valais.

Fontan, de Luchon, et, après lui, Guéneau de Mussy, avaient émis l'idée que le bain prolongé et en commun, qui fait le fond du traitement de Louèche, pourrait être réalisé à Bagnères avec la source de Salies. Des piscines ont été construites dans ce but, aux Néothermes, et les premiers résultats obtenus paraissent justifier les vues de Fontan et de Guéneau de Mussy. (Voir la communication de

M. Dejeanne au Congrès de Biarritz, 1886).

L'importance de la chloro-anémie chez les névropathes ne saurait échapper à personne. Il est certain que l'anémie dispose aux accidents nerveux ; il est non moins certain que l'état chloro-anémique peut être la conséquence de la névropathie. Dans d'autres cas, on voit évoluer ces deux étals l'un à côté de l'autre, sans qu'il soit possible d'assigner à l'un ou à l'autre un rôle pathogénique.

Les troubles nerveux et les symptômes chloroanémiques sont tellement mêlés et enchevêtrés les uns avec les autres, que, dans bien des cas, on peut impunément démarquer les observations de chlorose ou de névrose en substituant aux unes le titre des autres. Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit dans la partie historique de ce travail, à propos de la thérapeutique ferrugineuse.

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Le fer est un élément précieux, mais non exclusif, dans le traitement de la chlorose et de l'anémie.

Nous avons à Bagnères, en sus des eaux ferrugineuses froides ou thermales dont la vertu est incontestable, toutes les ressources d'un traitement complet : à côté du fer, l'arsenic, qui réussit, on le sait, dans certaines formes d'anémie où le fer a échoué, et qui, dans la plupart des cas, seconde et complète l'action du fer; les bains toniques et fortifiants ; les exercices de natation de la piscine ; l'hydrothérapie froide, en jet, en arrosoir, en cercle, qui est un puissant moyen de traitement dans une maladie où il faut stimuler les fonctions de la peau, les fonctions des vaso-moteurs, tout le système nerveux périphérique et central.

La récente communication de M. Dieulafoy à l'Académie de Médecine, donne de l'actualité à une remarque qui a certainement été faite par tous les médecins d'eaux thermales, qui voient passer dans leur cabinet de consultation un grand nombre d'anémiques : la coexistence de l'albuminurie ou de la maladie de Brigt avec la chloro-anémie. M. Lancereaux, répondant à son collègue des Hôpitaux, a été jusqu'à dire « qu'on est brigtique pour la môme raison qu'on est chlorotique. »

. Une sage méfiance doit entrer dans fesprit du médecin quand on lui raconte que la jeune fille qui vient le consulter a inutilement usé de tous les toniques conseillés dans l'anémie : extrait de viande, jus de viande , vin de quinquina , de kola , de

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Colombo, fer, arsenic, etc. Si le médecin n'est pas éclairé par l'insuccès de ce traitement et par quelques symptômes souvent imperceptibles; s'il s'obstine à pousser plus loin le traitement de la chlorose, s'il ordonne, par exemple, des douches froides, il s'expose à être un jour brusquement appelé pour une attaque d'éclarapsie. Si nous écrivions un chapitre des contre-indications, nous mettrions en tête l'albuminurie elle brigtisme, ce dernier souvent latent et presque insaisissable.

Conclusion : Quand on soupçonne le brigtisme , conseiller l'abstention , ou ne permettre que des pratiques inoffensives. Quand on constate l'albuminurie, interdire le traitement balnéaire et hydrothérapique.

Il reste pour ces maladies l'influence bienfaisante de notre climat.

Le diabète sucré a droit à une mention dans cette étude; il confine, par certains côtés, au domaine des maladies nerveuses, et il donne lieu à des accidents nerveux qui ont été décrits : névralgies symétriques (Worms) , perte du réflexe rotulien (Bouchard) , vertiges, attaques comateuses, troubles trophiques, paralysie du sens musculaire, hémiplégie, paraplégie (Charcot) , etc.

Les bains calmants et toniques, les douches tem-* pérées et, de préférence, froides, quand le malade peut les supporter, produisent de bons effets sur les diabétiques, — il nous est donné de le constater tous les ans.

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Nos eaux sulfatées calciques, prises en boisson, agissent d'ailleurs comme les eaux de Gontréxeville et de Gapvern , dans les cas où les eaux alcalines sont contre-indiquées. Nos eaux ferrugineuses apportent leurs propriétés reconstituantes, et le principe arsenical intervient de son côté avec l'action spéciale qui lui a été attribuée dans le traitement du diabète.

Cette question du traitement du diabète par les eaux thermales , comporterait des développements et une discussion qui ne peuvent trouver place ici. On a admis, dans ces dernières années, plusieurs types de diabète, différents par leur pathogénie, leur forme, leur pronostic et aussi par leur traitement (1). Quoi qu'il en soit, on constate souvent que l'arthritisme et la névrose jouent dans cette maladie le rôle de cause prédisposante , et le surmenage intellectuel, celui de cause occasionnelle. Cette considération peut dans bien des cas déterminer le choix de notre station.

Il est une affection générale qu'on peut assimiler aux maladies chroniques par la répétition parfois indéfinie de ses effets et par la profonde empreinte que l'organisme en reçoit à la longue : nous voulons parler des fièvres intermittentes, du poison paludéen.

c( Les eaux minérales, dit M. Durand-Fardel , ne

(i) MM. A. Ghauveau et Kaufmann ont fait à l'Académie de Médecine (20 mars iSgS) une communication dans laquelle ils soutiennent l'unité pathogénique du diabète. D'après eux, le pancréas serait le frénateur du foie dans la fonction glycogénique, et son action s'exercerait par l'intermédiaire des centres cérébraux spinaux. Cette manière de voir concilie la théorie pancréatique et la théorie nerveuse du diabète.

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sauraient être considérées comme un moyen de traitement de la fièvre elle-même. »

Lorsque les dernières atteintes de la fièvre sont encore récentes , lorsque l'examen des viscères abdominaux révèle des signes de congestion , les bains doivent être déconseillés, ainsi que l'a démontré M. Dejeanne dans une courte et substantielle monographie (Annales d'Hydrologie médicale^ tome xxix). Notre confrère rapporte des observations inédites de Bordeu et des observations personnelles ; les unes et les autres nous montrent des accès fébriles réveillés chez des malades qui avaient eu précédemment les fièvres intermittentes.

En s'inspirant de ce précepte de pratique thermale et en recherchant chez ses malades les antécédents paludéens, le médecin s'épargnera des mécomptes. Nous avons fait nous-mêmes, il y a peu de temps, l'expérience de cette contre-indication.

Observation M. J..., habitant un pays qui a été marécageux, est atteint un jour d'une magnifique éruption d'urticaire avec des troubles dyspeptiques aigus consistant surtout en vomissements. Rien dans son régime alimentaire ne peut lui donner la raison de cette crise. L'éruption dure ou se renouvelle pendant huit jours, avec une démangeaison furieuse. A la fin, il prend la quinine, et la crise cesse.

Quelque temps après, se produisent des accès d'une autre nature, franchement fébriles cette fois, mais toujours avec la participation de l'estomac.

Ces crises alternent et développent à la longue

chez M. S... une anémie marquée et un commencement de cachexie palustre.

Les médecins l'envoient à Bagnères.

Je prescris l'eau de la Peijrie, pour agir sur les organes digestifs et urinaires; l'eau de Salies, comme eau arsenicale et reconstituante; et l'hydrothérapie, d'abord tempérée.

Les fonctions digestives s'améliorent bientôt, les forces se relèvent. Mais M. J... est en même temps un névropathe : il ne dort pas , il est fatigué et un peu inquiet. Je voudrais bien lui ordonner comme soporifique les bains du Platane... Je n'ose pas; j'insiste sur la douche, j'arrive à la lui faire prendre froide... Encouragé par l'amélioration croissante de mon malade, par l'absence complète de tout retour offensif, je me risque à lui faire prendre un bain : le lendemain et le surlendemain, il eut des malaises d'estomac, des nausées, des frissons, et il fut à deux doigts d'un accès de lièvre, qui, heureusement, ne se produisit pas.

M. J... se borna, les derniers jours de sa cure, à boire et à se doucher. Il partit en très bon état.

L'accident qui survint était à prévoir : M. J... avait eu un accès de fièvre onze jours avant de venir.

Si l'intervalle avait été sensiblement plus long, M. J... aurait probablement supporté sans inconvénient un traitement balnéaire. Dans les conditions où il se trouvait, il eût été prudent de s'en tenir à la douche et à la boisson.

« L'hydrothérapie, dit Beni-Barde, répond à

toutes les indications soulevées par cette maladie et constitue une méthode thérapeutique sérieuse. »

Quant à la boisson, « les traités classiques démontrent le rôle important que jouent les diverses eaux minérales prises en boisson dans la curation des pièces intermittentes ou de leurs conséquences : engorgement viscéraux, cachexie paludéenne, etc. » (Dejeanne).

Ces lignes peuvent s'apphquer, en particulier, aux eaux de Bagnères, qui ont fait leurs preuves depuis longtemps.

Les docteurs Ch. Barbaud et A. Rouillard, dont nous avons déjà cité la remarquable étude sur le nervosisme, écrivent à propos de l'infUienza :

« De longtemps on n'a vu d'affection aussi meurtrière, tant par ses manifestations immédiates que par ses conséquences lointaines... Parmi toutes les personnes qui ont résisté à la période aiguë de la maladie, il en est bien peu qui n'aient conservé des traces profondes et persistantes. Les unes se sont trouvées... prises des symptômes précurseurs de la tuberculose pulmonaire ; d'autres sont restées de longs mois affaiblies et dans un état mental et nerveux tout particulier. »

Ces auteurs attribuent à l'influenza un certain nombre des cas de neurasthénie qu'ils ont observés, et ils pensent que cette genèse détermine une forme particulière de neurasthénie, où les contours sont plus vagues que dans les autres formes , les reliefs

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pathologiques moins accusés, et l'affaiblisseinent général plus marqué.

Ce n'est pas seulement la neurasthénie que peut engendrer l'influenza, c'est l'hystérie, c'est l'ataxie locomotrice, ce sont les vésanies, et d'autres maladies nerveuses, organiques ou non, dans lesquelles le poison grippal joue au moins le rôle de cause occasionnelle.

La conséquence thérapeutique à tirer de ces faits, c'est que le traitement des accidents nerveux provoqués par une maladie infectieuse doit être à la fois plus général et plus profond : il doit en quelque sorte envelopper le malade et le pénétrer, pour pouvoir plus sûrement atteindre tous les effets de l'intoxication. La médication thermale, avec ses moyens variés et multiples , est plus que d'autres en mesure de répondre à cette indication.

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