CHAPITRE VIII LES FEMMES — LES ENFANTS
§ i^t". — Gynécologie et névrose.
Le traitement des maladies des femmes tient une grande place dans la littérature thermale. D'innombrables mémoires ont été écrits sur cette question. Martineau les a excellemment résumés et synthé-
282 Les névropathes
tisés dans un chapitre de son Traité des maladies utérines.
Que l'on considère l'affection locale en elle-même, les symptômes plus ou moins éloignés qu'elle éveille ou le terrain diathésique sur lequel elle évolue et auquel les anciens auteurs attribuaient un rôle étiologique considérable, il est certain que les eaux minérales offrent à la gynécologie un riche arsenal thérapeutique, le plus riche avant que la chirurgie se fût emparée par droit de conquête de ce domaine pathologique.
Presque toutes les eaux se sont disputé et se disputent encore les femmes malades, chaque station se réclamant de ses propriétés spéciales contre telle ou telle diathèse, telle ou telle modalité de la maladie locale, telle ou telle complication, tel ou tel groupe de phénomènes sympathiques mis en jeu par la maladie.
Dans cette répartition, la part de Bagnères a toujours été considérable. « Les affections utérines, dit le D' Cougombles (1), constituent un groupe très important des maladies traitées à Bagnères, puisque d'une part, sur un relevé de 764 observations dressé par Lemonnier, on en trouve en effet 242 concernant les maladies propres aux femmes; d'autre part, le tableau résumé des maladies tributaires de Salut que l'on trouve dans l'excellente notice du D' Gouzier, permet de voir que la renommée de ces eaux, au point de vue du traitement des affections chroniques
[i) Galette thermale de Bagnères-de-Bigorre.
à Bagnères-de-Bigorre 283
de l'iitérns, amène à Bagnères un grand nombre de malades. »
Dans quelles circonstances nos eaux paraissentelles spécialement indiquées chez les femmes? Le D"" Cougombles répond d'une manière précise : « 1" Quand il s'agit de phlegmasies utérines ou périutérines présentant encore un certain degré d'acuité et qu'il serait dangereux d'adresser à des eaux fortement minéralisées; 2*^ quand ces mêmes phlegmasies s'accompagnent, ce qui est très fréquent, soit de névralgies rebelles du côté des organes pelviens , soit des phénomènes névropathiques généraux ; 3° lorsque, en dehors de tout état phlegmasique nettement accusé , l'appareil génital est le siège de névrose douloureuses. »
Nous n'avons pas à nous occuper ici de la première catégorie, mais seulement des faits, compris dans les deux autres catégories, où l'élément nerveux tient plus ou moins de place. C'est cet ordre de faits que visait Marti neau quand il écrivait : « Si l'affection utérine est surtout caractérisée par des douleurs intermittentes, variées en intensité, influencées par des variations atmosphériques , par des causes morales et s'il existe, en même temps, des troubles névropathiques généralisés, c'est plutôt aux eaux de Plombières, de Néris, d'Ussat qu'on s'adressera. »
Gourty affirme la « grande vogue » de Bagnères dans les maladies des femmes , et Durand-Fardel vante la « sédalion tonique » de ces eaux contre l'état de susceptibilité des femmes atteintes de métrite.
284 Les névropathes
Comme nous l'avons vu plus haut, les faits que nous avons à examiner peuvent se ramener à deux groupes : les états inflammatoires compliqués de phénomènes nerveux. — les névroses douloureuses de l'appareil génital, sans phlegmasie ou autre lésion appréciable.
Les faits suivants appartiennent au premier groupe.
Observation M«^^R... a eu trois enfants. A la suite des dernières couches,, qui remontent à neuf ans, elle fut soignée pour une métrite. Des accidents nerveux ne tardèrent pas à se produire, notamment une névralgie rebelle pour laquelle . après avoir vainement essayé les moyens ordinaires, elle consulta plusieurs médecins de Paris , mais sans plus de succès. Elle ne fut débarrassée de ses douleurs qu'à Bagnères , après une saison de Salut. Depuis lors , elle était assez bieîi , lorsque cet hiver la névralgie intercostale a paru se réveiller. Puis sont survenus des accidents plus sérieux, qui l'ont décidée à revenir à Bagnères : elle a été prise, il y a un mois et demi, de violentes douleurs au bas-ventre et de vomissements opiniâtres qui ont fait penser à une explosion de péritonite. Ces symptômes ont cédé à l'application de la glace.
Actuellement, elle ressent, mais sans acuité, ses douleurs intercostales et abdominales ; elle se plaint aussi de mauvaises digestions . et d'un état général de faiblesse et d'abattement.
Je lui prescris l'eau de Salut, le bain de Salut, que je remplace ensuite par le bain de Versailles, parce
à Bagnères-de-Bigorre 285
qu'elle avait pris froid ; elle ne supporte pas les douches.
Les douleurs s'apaisent, la digestion se régularise, l'état général s'améliore, et les suites ont confirmé ces premiers résultats.
« M""^ M... vient soigner à Bagnères les reliquats d'une métrite fougueuse et d'une ovaire, qui ont laissé plusieurs points névrosiques dans le bassin. » C'est dans ces termes que nous l'adresse son médecin, en ajoutant qu'il compte sur les eaux de Salul pour abattre l'élément nerveux des douleurs qui siègent aux aines et aux reins.
M"'^ M... est réglée d'une manière très inégale, et ses règles sont très douloureuses. En dehors des règles, elle souffre des points douloureux que m'indiquait son médecin et de coliques utérines assez fréquentes.
Elle se plaint en outre de troubles digestifs, inappétence, gastralgie, météorisme, constipation; de palpitations ; d'insomnie ; de névralgies de la face ; de fatigue générale, allant parfois jusqu'à la prostration.
Traitement : Salut en boisson et en bains ; douches écossaises.
La saison a été traversée par des crises douloureuses et des malaises divers. Mais elle est partie dans un état d'amélioration manifeste, et l'hiver, qu'elle a passé chez elle, a été sensiblement meilleur que les années précédentes.
286 Les névropathes
Observation Eq julUet 1878, M'"*" *^^ était envoyée à Bagiières
par le professeur Gombal, qui décrivait ainsi son état dans une lettre adressée à notre confrère M. Dejeanne : « M""^ ^** est atteinte d'un état dyscrasique de nature lymphatique et herpétique à la fois. Cette double diathèse est, selon toutes les probabilités, localisée sur l'appareil génésique, et y a déterminé une métro-ovarite chronique, dont l'intensité est soumise à une série de variétés. C'est à l'influence réflexe exercée, à la fois, sur le système nerveux et sur les fonctions digestives par la diathèse et sa localisation sur l'utérus et l'ovaire qu'il faut attribuer un éréthisme nerveux général et des troubles digestifs. Dans ce moment, les désordres des voies digestives sont prédominants ; de là une altération de la nutrition et une anémie consécutive.
» Les eaux de Bagnères combinées avec l'hydrothérapie , me paraissent remplir toutes les indications , puisqu'elles peuvent agir à titre d'agents dépuratifs, sédatifs, résolutifs et toniques, etc. »
Suivent quelques conseils relatifs à l'usage des eaux de Bagnères, dont le professeur Combal avait fait une étude approfondie.
^jine -fA^-f g0 baigna au Platane et au Foulon^ but de l'eau de Salut et, à table, de l'eau ferrugineuse et prit, vers la fin de sa cure, des douches froides très courtes.
L'apaisement et le remontement du système nerveux, l'amélioration des voies digestives, furent les résultats de ce traitement.
à Ba^nèreS'de- Bigorne 287
Les trois faits suivants sont également empruntés à la pratique thermale de M. Dejeanne.
Remarquons que ces trois malades portaient un fibrome utérin et que l'une d'entre elles avait éprouvé des métrorrhagies abondantes, la dernière encore récente. Loin de nous la pensée de revendiquer la cure des fibromes utérins , bien que le professeur Barduzzi , directeur des Thermes de San-Giuliano, ait préconisé les eaux sulfatées calciques dans le traitement de ces tumeurs. Nous laissons à Salies-de-Béarn et à quelques stations similaires le monopole de ce traitement. Nous voulons seulement faire remarquer que, dans certains cas, les symptômes nerveux et autres, mêmes les hémorrhagies, déterminés par la présence d'un fibrome, sont supprimés ou sensiblement amendés par l'usage de nos eaux.
M"'^ la comtesse de ■*"** porte depuis longtemps un observation fibrome interstitiel de l'utérus, qui, après avoir déterminé des pertes énormes, semblait être entré dans une période de repos. Une métrorrhagie récente vient de dissiper cette illusion.
Mais c'est surtout pour des troubles nerveux qu'elle est envoyée à Bagnères. Ces troubles, de nature variée, qui se sont traduits, à une époque, par des symptômes de diabète, consistent, aujourd'hui, principalement en vertiges fréquents qui prennent quelquefois la forme apoplectique (vertige ténébreux des anciens).
Eau de Sahu et bains du Platane : ce traitement,
288 Les névropathes
bien supporté, s'est rendu maître des phénomènes
nerveux.
Observation M™" B..., euvovée à Bagnères par un médecin des
hôpitaux de Paris, porte un fibrome utérin encore p'eu développé et souffre d'une excitation nerveuse générale qui réclame un traitement sédatif. Eau et bain de Salut; douche écossaise.
Ce traitement est suivi avec succès.
Observation M""^ P... a cousulté , pour dcs accidents graves
déterminés par un petit fibrome utérin, les docteurs Lassègue, Gosselin, Hayem, Berger, Périer. Les hémorrhagies, les poussées de péritonite et d'autres symptômes locaux ont maintenant disparu. Mais il reste des symptômes généraux et des phénomènes réflexes siégeant sur l'appareil digestif, les uns et les autres très accusés et très pénibles. Il faut signaler notamment des vomissements incoercibles et une répugnance invincible à prendre n'importe quel aliment. La diète lactée, sur laquelle on avait compté, ayant rencontré la même résistance, le pronostic devient très inquiétant.
Il y a lieu de croire que ces symptômes digestifs appartiennent à une disposition hystérique que les troubles utérins ont mise en jeu.
Pour ce motif, on espère un bon résultat des eaux de Bagnères. C'est, en effet, ce qui arrive : cette révolte permanente de l'estomac est vaincue après une série de bains de SaliU ^ V eam de Salut à l'intérieur et quelques douches froides.
à Bagnères-de-Bigorre 289
Nous avons réuni trois observations de femna'^^ qui avaient eu une grossesse nerveuse et qui vinrent traiter à Bagnères leur état nerveux :
M'"" de *** me fut adressée, en 188., par mon observation regretté confrère et ami, le D' Yzard, de Yillefranche (Haute-Garonne); il m'écrivait : « M™^ de *** va demander à vos sources sédatives la guérison d'une affection pour laquelle elle fit, l'an dernier, un voyage à Plombières. L'année d'avani, sur les indications de mon ancien maître, le professeur Combal, elle avait pris les bains du Foulon. Ce sont les mêmes bains que je conseille aujourd'hui. Je n'ajouterai qu'un mot : M"« de *** a eu l'année dernière une pneumonie et souffrait, il y a quelques mois à peine, d'une bronchite double assez intense. »
L'affection pour laquelle M"'^ de *** s'était rendue à Plombières est une affection nerveuse de l'estomac; elle date, comme plusieurs autres troubles fonctionnels, d'une grossesse nerveuse qu'elle a eue il y a six ans et qui a été son unique grossesse pendant onze années de mariage. Sa menstruation est laborieuse et pénible : elle est précédée de douze jours de souffrance et ne dure qu'un jour.
C'est l'an dernier que son état s'est compliqué d'accidents thoraciques. Elle a dû garder le lit deux mois pour une première atteinte. Il lui reste de la gêne respiratoire , et, à l'auscultation, de l'obscurité sur certains points et quelques bruits secs paraissant provenir de la plèvre.
Traitement : Bains du PUitane et du Foulon ;
290 Les névropathes
douche tempérée (un jour le bain , un jour la douche) ; eau de la Ramjje^ le matin ; eau de Salul, à table ; eau de Salies, le soir.
Les phénomènes digestifs et thoraciques s'amendent, l'état général se remonte.
En même temps que M'"'' de ^"^^ , son mari, atteint de sciatique rhumatismale, use avec profit des bains du Foulon.
M. et M'"^ de *^* s'en vont satisfaits.
Voilà un de ces cas complexes qu'il paraît difficile de traiter ailleurs qu'à Bagnères. A l'éréthisme nerveux, j'ai pu opposer les bains du Platane et du Foulon., le Foulon étant en outre dirigé contre une certaine disposition arthritique de la malade ; aux troubles digestifs, j'ai opposé Salut et la Rampe., et Salies à ce qui restait d'une lésion thoracique ; les troubles de la sphère sexuelle étaient combattus par les douches tempérées et par les bains, avec injection vaginale dans le bain.
En même temps le mari traitait au Foulon une
névralgie sciatique.
Observation M""" G..., après avoir perdu sou fils unique, a cru
qu'elle allait devenir mère de nouveau. Elle a constaté des mouvements intérieurs, une tuméfaction progressive du ventre et plusieurs des symptômes habituels de la grossesse. En même temps, son système nerveux devenait de plus en plus impressionnable, elle pleurait sans motif et était prise de terreurs imaginaires.
Malheureusement les symptômes de grossesse
à Bagnères-de-Bigorre 291
étaient aussi d'ordre nerveux. Ses espérances de maternité ont été dissipées par un examen spécial que son médecin a pratiqué.
Aujourd'hui c'est une névropathe à symptômes hystériformes qui vient demander aux eaux de Bagnères l'équihbre et le calme qu'elle a perdus à la suite d'un violent chagrin.
Traitement suivi avec succès : Eau et bains de Salut ; quelques douches écossaises ; eau ferrugineuse pour combattre l'anémie (Dejeanne).
M"" X..., la femme du général X..., qui occupe observation une situation politique considérable dans un Etat de l'Amérique du Sud, a dû consulter un médecin spéciahste de Paris, pour des symptômes abdominaux qui avaient donné quelque temps l'apparence d'une grossesse et qui remontaient maintenant à 14 mois !
Notre distingué confrère, après avoir reconnu, par un examen attentif des organes, le caractère nerveux de ces symptômes, les a fait disparaître par un traitement approprié.
Mais il reste à traiter une névropathie générale manifeste, cause probable des accidents survenus du côté de l'utérus, névropathie exagérée par l'âge critique que traverse la malade.
C'est pour cela qu'elle vient à Bagnères. L'eau de Salut, les bains du Platane et les douches tempérées donnent les bons résultats qu'on était en droit d'espérer (Dejeanne).
Ces deux derniers cas, indemnes de lésions anatomiques et présentant une localisation sexuelle de l'hystérie, appartiennent à la seconde série des faits que nous nous sommes proposé d'examiner dans ce chapitre, ceux où les symptômes sont purement nerveux.
Nous croyons pouvoir ranger dans la même catégorie les accidents nerveux occasionnés par la ménopause, car ils ont aussi pour centre et pour point de départ la zone sexuelle.
Observation M™« G... souffre , dcDuls qu'elle est mariée, de névralgies siégeant sur divers points du corps, notamment à la tête et à l'ovaire droit. Mal réglée, elle est en outre dyspeptique et très nerveuse.
J'ordonne le bain du Pelit-Barèges et la douche écossaise pour calmer et tonifier le système nerveux ; l'eau de la Ramjje^ pour combattre la paresse des intestins, et l'eau ferrugineuse à table.
Excellent résultat sur toute la ligne : les douleurs cèdent, notamment les douleurs ovariques , les digestions se régularisent, l'appétit revient, etc.
Observation M™^V... cst euvoyée à Bagnères pour une névro-
pathie hystériforme que son médecin rapporte cà l'influence de la ménopause. Elle éprouve des vertiges, des lassitudes, de l'engourdissement aux membres supérieurs et inférieurs, de la difficulté de saisir les objets d'un petit volume, sans diminution sensible de la force musculaire. *
Les bains de Salut et quelques douches rendent le calme à ce système nerveux un peu déséquilibré, et
aident M'"^ V... à franchir le passage difficile de l'âge critique (Dejeanne).
M'"*^T... est sujette à des métrorrhagies et à des observation
symptômes douloureux bien localisés qui ont fait supposer une lésion utérine. On était également porté à attribuer à une lésion de cet organe- des troubles dyspeptiques et un état nerveux général (surexcitation, etc.)
Un examen minutieux des organes incriminés a réduit à néant cette supposition. On se trouve en présence d'une affection nerveuse sine materia^ qui a intéressé les vaso-moteurs. Seulement, ces pertes répétées ont amené à la longue un état d'anémie assez prononcé, qu'il faudra traiter en même temps que la névrose.
Bains de Salut, douches froides ; eau de Salul et eau ferrugineuse (Dejeanne).
Voilà encore une observation qui prouve les bons effets de nos eaux contre certaines hémorrhagies
utérines.
En résumé, nous voyons disparaître ou s'atténuer aux eaux de Bagnères le plus grand nombre des symptômes douloureux et des troubles nerveux qui font trop souvent un long martyre de l'existence de la femme. Les alfections simplement nerveuses qui se localisent dans les sphères sexuelles ou rayonnent autour de cette sphère, qu'elles aient eu ou non pour point de départ une lésion inflammatoire ou organique ; les diverses manifestations hystériques
294 Les névropathes
mises en jeu par une lésion locale ; certains symptômes ou états gynécologiques, qui ne sont qu'une forme ou un déguisement de l'affection hystérique ; les troubles menstruels de la jeune fille et de la femme, les accidents de l'âge critique, les hémorrhagies utérines elles-mêmes quand elles dépendent plus d'un trouble vaso-moteur que d'une altération organique ; les symptômes plus ou moins graves qui accompagnent certaines tumeurs bénignes en elles-mêmes, comme les tumeurs fibreuses ; tous ces états, tous ces symptômes nerveux, fonctionnels, qui sont sur la limite de maladies nerveuses et des maladies utérines, trouvent à Bagnères un traitement efficace, curatif ou. palliatif.
Lors même que les maladies de femmes sont du ressort de la chirurgie — et l'on sait si cette juridiction s'accroît tous les jours ! — les eaux thermales ont à rendre des services très appréciables, avant ou après l'intervention du bistouri.
Avant, comme traitement palliatif de l'affection locale, et tonique de fétat général « pour préparer le terrain »,. suivant l'expression du D' de Ranse.
Après comme traitement complémentaire, soit localement pour faire disparaître certains symptômes qui persistent, soit d'une manière générale pour remonter un organisme plus ou moins éprouvé.
Le D' de Ranse rapporte, à ce sujet, plusieurs observations de malades qui, après avoir été opérées (ovariotomie, curettage, etc.), ont dû venir demander aux eaux de Néris la guérison des névralgies qui
à Bagnères-de-Bigorre 295
persistaient. Il conclu!; eu aifirmaiit la puissance et l'eilicacité des eaux minérales dans le traitement des névralgies utéro-ovariennes, et il ajoute que dans les cas rebelles, pour lesquels on a recours à la chirurgie , la médication liydrominérale « assure et complète les résultats de cette intervention ».
« Cette association de la chirurgie et de la médication hydrominérale, dit-il en terminant, est propre à multiplier de plus en plus les succès dans la pratique gynécologique. >»
Un dernier mot sur la manière dont le traitement gynécologique doit se pratiquer à Bagnères.
Le bain est la chose essentielle; bains de Salut, du Platane, du Fouloîi^ de Versailles^ du Grand-Pré, etc. Secondairement, la douche générale, variable dans sa température, sa durée, son mode d'application ; l'irrigation locale intérieure, et, notamment dans certains cas, l'irrigation très chaude de Salies; les douches rectales ascendantes; l'usage en boisson de certaines sources laxatives qui ont la propriété de favoriser le dégorgement des organes du bassin.
Le traitement thermal pourra, dans certains cas, s'accompagner d'un traitement spécial, si le médecin juge sérieusement utile d'y recourir. — Mais nous croyons, avec le D' Gougombles , qu'il faut généralement se garder de recourir à ces « moyens thérapeutiques, « qui peuvent devenir dangereux; et nous ajouterons que nos confrères qui envoient leurs malades aux eaux thermales n'attendent pas habituellement de nous cette intervention.
296 Les névropathes
§ 2. — Enfance et Névrose.
Plusieurs observations d'enfants traités aux eaux de Bagnères ont été publiées dans quelques-uns des chapitres précédents (hystérie, épilepsie, chorée). Il nous a semblé, en outre, que dans cette revue générale que nous faisons des maladies nerveuses justiciables de nos eaux, il était indispensable de consacrer un article spécial à cette jeune et si intéressante clientèle. Les enfants viennent nombreux à Bagnères tous les ans, et à la vue de ces chers petits êtres, les uns lymphatiques et strumeux, les autres bronchitiques et menacés de tubercules, la plupart névropathes ou prédisposés à la névrose, on a été souvent tenté d'appeler Bagnères la station des enfants , — comme on l'a appelé aussi la station des familles , à cause des ressources thermales et extra-thermales exceptionnelles que les familles trouvent dans notre ville pour y suivre un traitement complexe et y faire un séjour prolongé.
Nous avons sous la main d'intéressantes observations que nous aimerions à détailler ici : hystéricisme , symptômes hystériques divers , chorée , épilepsie ou pseudo-épilepsie (1) , convalescences de
(i) Il est quelquefois bien difficile de distinguer l'epilepsie de l'hystérie , et , cependant , rien n'est plus important au point de vue du pronostic et du traitement. Parmi les documents récents, on lira avec intérêt l'observation publiée par le D"" Noguès, dans le Midi Médical (décembre 1892) : Hystérie à forme d'épilepsie partielle, chez un jeune garçon.
à Bagnères-de- Bigorne 297
méningite cérébrale ayant laissé un reliquat, rhumatismes des méninges rachidiennes , etc.
Nous saurons nous borner et nous céderons la place, pour le plus grand avantage de nos lecteurs, à une remarquable conférence faite à l'Hôpital des Enfants, par le D' Jules Simon : c'est le meilleur article qui puisse être écrit sur ce sujet , c'est la leçon d'un maître :
X Vous avez dû être surpris de la fréquence des maladies du système nerveux chez les enfants. — Je vous ai présenté des enfants d'un tempérament nerveux , irritables sous l'influence des causes les plus légères. — Il ne s'agissait point d'un état pathologique permanent, constant. — A un degré plus prononcé, je vous ai montré des enfants névropathes^ atteints d'irritation cérébrale^ qui, débutant dès le berceau, peut quelquefois s'amender et même guérir, mais se perpétue le plus souvent et devient le point de départ de méningo-encéphalite chronique et de sclérose cérébrale. Quant aux cas de convulsions simples ou symptomatiques, aux cas de paralysie infantile, diphtéritique, ou dus au mal de Pott, le nombre en est considérable; sans compter les pa7''alijsies amyotrophiques observées communément après les fièvres et les paralysies pseudo-hyper irophiques qui sont très rares.
» Enfin, vous avez suivi avec moi les phases de la chorèe , étudié le prélude et le développement de Vhyslérie, et diagnostiqué Yépilepsie.
» Forts de ces connaissances cliniques , loin de céder aux sollicitations des familles qui exigent une
298 Les névropathes
cure thermale pour toutes les maladies chroniques, n'abandonnez point la direction du traitement pour le sacrifier aux caprices des parents; autrement vous pourrez aggraver la plupart des maladies du système nerveux par l'emploi iiTéfléchi des bains de mer et des eaux minérales en général. Que d'enfants nerveux , névropathes, ou atteints de névroses bien tranchées sont conduits à des eaux thermales sans tenir compte des contre-indications qu'ils présentent!
» Les eaux minérales rendent alors moins de services aux enfants nerveux qu'elles ne leur procurent d'excitations et de perturbations préjudiciables. Je n'ai plus à vous apprendre que les enfants nerveux, irritables, ou atteints de maladies de l'encéphale, de la moelle, ou de névroses, ne peuvent supporter les bords de la mer, ni les eaux minérales excitantes, eaux sulfureuses ou chlorurées.
»> Qimnt à la méningo-encéphalite chronique, à la sclérose, aux affections organiques des centres nerveux, vous savez de reste qu'il n'y a pas lieu de songer à l'emploi des eaux minérales.
» Cette ligne de démarcation tracée, je vais passer en revue, avec vous, les autres affections du système nerveux — (irritabilité, tempérament nerveux, — irritation cérébrale, hystérie naissante, confirmée, — chorée , — épilepsie) qui relèvent à des titres divers des eaux minérales françaises.
» Les enfants doués d'un tempérament nerveux ou atteints &' irritation cérébrale sont adressés par moi à partir de 4 à 5 ans seulement, à la station de Bagneres-de-Bigorre dont les propriétés calmantes de cer-
à Bagnères-de-Bigorre 299
taines sources rentrent dans la catégorie des faits les plus probants. C'est là, aussi, où j'envoie Vliystèrie avérée, caractérisée ou naissante. — Je donne le môme conseil aux malades atteints de ces états névropathiques, si variés, se traduisant par des douleurs intenses dans le ventre, l'estomac, la tête, chez les jeunes sujets des deux sexes. Plus fréquentes chez les jeunes filles, bien que je les aie rencontrées aussi chez les petits garçons.
« J'ai donné des soins à nombre d'enfants, filles ou garçons, âgées de 5 à 10 ans, dont la seule affection consistait en céphalalgie intense parfois atroce , paroxystique , que la moindre tension d'esprit, la lumière, le bruit, le mouvement brusque exacerbait ; — chez d'autres, le phénomène nerveux, douleur vive, portait dans le ventre, sous la région des hypocondres, sous les seins, vers le bas-ventre. — Toujours mobiles, alternantes, ces douleurs, accompagnées de troubles fonctionnels passagers, ne donnaient jamais lieu à des symptômes constants comme la paralysie, la contracture, la folie. — On pouvait toujours affirmer, après une exploration attentive du ventre et de la poitrine, qu'il n'existait aucune lésion appréciable de ce côté, pas plus que dans les centres nerveux.
» Ce petit coin de pathologie infantile mérite toute votre attention ; et par les chances d'erreur à laquelle il expose le médecin non prévenu, plus effrayé qu'attentif, et' parce qu'il se modifie très avantageusement par le traitement de Blgorre.
» Je ne prétends pas soutenir par là que cette
300 Les névropathes
station triomphe infailliblement de tous les cas et qu'elle règne dans l'esprit du public médical, sans partage et à l'exclusion des autres stations calmantes. Telle n'est pas ma pensée. — Néris, par exemple, doit être tout aussi bien recommandé aux névropathes et aux hystériques.
» Voici du reste mon plan, ma médication contre ces trois états pathologiques. — Tempérament nerveux^ irritation cérébrale, hystérie confirmée ou naissante dont je vous ai esquissé la physionomie à propos des préparations arsenicales.
» Je mets d'abord en œuvre l'hydrothérapie, qui constitue le meilleur agent antispasmodique que nous possédions, à condition toutefois d'en approprier la température et le mode d'administration à la susceptibilité de chaque sujet. J'ai souvent vu des jeunes enfants calmés par des douches tièdes ou douces, alors que l'eau froide les énervait et les excitait. Chez d'autres, au contraire, l'eau froide réussissait mieux. A ceux-ci, la douche était utilement administrée deux fois par jour, à ceux-là, une seule douche suffisait. Dans tous les cas, l'hydrothérapie doit procéder par tâtonnements, et jamais la douche froide ou chaude ne doit durer chez les enfants plus de trois à dix secondes.
» Ce traitement hydrothérapique sur place est secondé, vous le savez, par l'usage simultané du bromure, de la valériane et des toniques non excitants, comme l'arsenic. La belle saison arrivée, l'état pathologique ou le tempérament persistant, j'ai alors recours à Bagnères-de-Bigorre.
à Ba^nères-de-Bigorre 301
» Je vous en dirai tout autant de la chorée contre laquelle vous possédez les moyens d'intervention formulés dans ma conférence sur l'arsenic. Au début, ventouses sèches le long de la colonne vertébrale, entre les épaules; calmants à l'intérieur, codéine, aconit, chloral, valériane, bromure, tantôt isolément, tantôt associés dans une môme préparation. Plus tard gymnastique, douches chaudes et bains sulfureux, et enfin le traitement spécial de Blgorre et Néris; deux • stations excellentes pouvant combattre tout à la fois l'excitabilité nerveuse et l'influence rhumatismale qui forment la base de la chorée.
» L'épilepsie ne relève guère d'aucune eau minérale. Le bromure ou les bromures constituent la médication principale. Blgorre pourrait encore la réclamer dans quelques circonstances où le sujet, dans l'intervalle des attaques , témoigne d'une grande excitabilité physique et morale.
» Les paralysies infantiles^ diphtériques et amyotrophiques comportent un traitement par les courants continus, la gymnastique, le massage et les eaux stimulantes, chlorurées, sulfureuses, sulfo-chlorurées et arsenicales.
» La paraplégie du mal de Poli peut être traitée par les bains de mer ou les eaux chlorurées fortes, à condition toutefois que les mouvements de la colonne vertébrale soient surveillés, limités, contenus; sans quoi, les dangers dépasseraient, dans la balance, la somme des bénéfices à recueillir; la lésion osseuse et l'abcès reprendraient une nouvelle
intensité et la moelle en ressentirait le contre-coup.
» Vous connaissez l'histoire des bains de mer, des eaux chlorurées , sulfureuses , arsenicales , il me reste à vous entretenir de Bigorre.
» Assise sur le versant des Hautes-Pyrénées, cette petite ville est la plus riche que je connaisse, au point de vue de la variété des sources minérales. Il n'y a pas moins de 76 sources à Bigorre, parmi lesquelles vous verrez des sources calmantes : Salut et Foulon, dont je m'occuperai plus particulièrement, des sources ferrugineuses, des sources arsenicales ^ sulfureuses^ des sources laxatives et diurétiques^ etc.
»> Leur température variant depuis il" jusqu'à 51", c'est vous dire qu'on peut y trouver des eaux douces, calmantes, ou au contraire, des eaux excitantes, en tenant compte seulement de la thermalité.
M Loin de ma pensée, néanmoins, de prétendre un instant que la source sulfureuse de Labassère puisse remplacer, dans notre pratique, Allevard ou le Mont- Dore, pour les maladies des voies respiratoires, que les sources arsenicales soient comparables à la Bourboule ou à Royat; qu'on y puisse traiter la gravelle comme à Gontrexéville, etc. Ce serait une exagération qui n'entre point dans mon esprit. N'est-ce pas d'ailleurs assez beau de pouvoir jouir de tous ces avantages réunis, même à un moindre degré, sans vouloir détrôner les stations spéciales en question ?
» Et, d'ailleurs, Bigorre, si merveilleusement dotée de ces sources si variées , possède encore deux sources hyposthénisaotes dont vous ne trouverez nulle part l'équivalent. Cette bonne fortune seule
à Ba^nères-de-Bigorre 303
suffît h mettre cette station hors pair dans le traitement des névroses. Ce sont les sonrces Salut et Foulon. Salut surtout me paraît jouir de propriétés que je n'ai jamais rencontrées ailleurs au même point. L'une et l'autre, d'une température modérée de 32'' à 35° ; elles exercent une action sédative des plus marquées, chez tous les enfants et môme les adultes névropathes; ce n'est point l'analyse chimique qui nous en fournira l'explication. Dans 1 à 2 gr. de matières fixes, vous rencontrerez des carbonates, des chlorures, du sulfate de chaux, de la silice , de la matière organique , sans prédominance d'.aucun principe, de nature à faire dir^ à la simple lecture de l'analyse : voilà une eau chlorurée, sulfatée, carbonatée ou chargée de matières organiques et de silice en très grandes proportions.
» Non , rien de tout cela n'existe et ne saurait être argué, et, cependant, il faut s'incliner devant les faits les plus significatifs. J'ai envoyé à Bigorre un grand nombre d'hystériques, névropathes de toute nature. Le traitement a toujours amélioré la situation des enfants et des adultes nerveux et produit même, dans quelques cas, des transformations surprenantes. Deux ou trois observations à l'appui vous feront mieux passer mes convictions sur ce point.
» En vous parlant des contre-indications des bains de mer, je vous ai relaté l'histoire d'une jeune hystérique, que sa mère, en désespoir de cause, amenait de son chef à Trouville. Cette demoiselle, âgée de 18 ans, était sujette aux grandes
304 Les névropathes
attaques , que le voisinage du bord de la mer augmenta d'une manière effrayante. Je lui conseillai de fuir l'atmosphère maritime et de se rendre à Bigorre ; c'est ce qu'elle fit. Je vous ai dit, dans le temps, que sa cure avait été suivie d'une grande amélioration. Je ne pouvais m'avancer davantage à cette époque. Deux ans se sont écoulés depuis cette médication, qui a été répétée l'année suivante, et la jeune fille n'est plus reconnaissable. Elle reste simplement sensible, mobile, mais elle n'a plus de grandes attaques. La malade elle-même se sent vivre dans un calme qui forme un contrasj;e bien frappant avec son excitabilité antérieure.
»> Voici d'autres faits non moins intéressants. Une fillette de 8 ans, fantasque, capricieuse, comédienne, menteuse, suivait la pente de l'hystérie avérée. Elle avait contracté l'habitude de bouder, de faire des grimaces, d'avoir des battements de paupières, des contractions passagères des muscles de la face et du cou. Née dans un milieu de névropathes, elle ne cessait de m'inquiéter pour l'avenir. Je l'adressai à Bigorre qui, dit-elle au retour, ne lui avait nullement réussi. La mère de l'enfant soutenait cette thèse avec une grande assurance en présence de la jeune névropathe qui n'était point fâchée de conserver son rôle intéressant à tous égards, car elle en profitait pour jeter le trouble dans la famille; malgré ces assertions, que je reconnus erronées dès la première visite, on finit par m'avouer plus tard qu'à la pension on remarquait un changement favorable et que, même dans sa famille où elle passait ses heures
k Bagnères-de-Bi^orre 305
de sortie à la ville, ses allures, son langage ne prêtaient plus le flanc à des réprimandes et à des critiques trop justifiées.
» J'ai revu bien de fois cette fillette depuis. Elle a grandi et a pris une assiette, une pondération vraiment extraordinaires. Les toniques, de l'arsenic ou du bromure qui ont été mis à contribution ne peuvent être invoqués comme les uniques éléments de la guérison. La preuve, c'est que je les avais conseillés avant le traitement thermal. J'avais môme pratiqué l'isolement ; rien ne suffisait, ou pour mieux dire tout échouait, c'est à Bigorre que revient le mérite du succès.
» Je pourrais vous citer encore l'exemple de malades adultes , atteints d'états névropathiques mal définis, confinant à la folie, à fépilepsie, qui ont été singulièrement améliorés et quelques-uns guéris par les sources SaliU et Foulon. Un jour, je vis entrer dans mon cabinet une dame et son mari qui, sans prendre la peine de me saluer ou de faire des compliments d'usage, se prirent de querelle devant moi, continuant une discussion , presque une dispute commencée dans mon salon d'attente. Les mots échangés devinrent si crus et si peu parlementaires, que je dus intervenir. On eût dit une scène bouffe représentant les côtés les plus comiques d'un mariage mal assorti. Enfin, le silence se rétablit, et je pus adresser à la dame, qui me paraissait la plus surexcitée, quelques questions banales. Elle reprit de plus belle en exaltant ses propres vertus , sa patience angélique, et persiflant la mauvaise humeur
306 Les névropathes
de son pauvre mari qui avait pris riiumble parti de rester coi.
» Mon diagnostic bientôt porté, j'endossai de mon côté le rôle autoritaire et je conseillai de se rendre à Bigorre sur le champ, sans plus tarder ; nous étions précisément à une époque favorable; cette hystérique se soumit, alla à Bigorre, et en revint tellement enchantée qu'elle reconnut tous ses torts, son exaltation, sa folie. Elle m'écrivit lettres sur lettres pour me vanter les bons effets qu'elle en avait obtenus, et pour faire bénéficier de son heureuse guérison mon expérience et ma clientèle. Dans ses transports, toujours dépassant la mesure, elle voulait y envoyer tout le monde. Il y a plus de dix ans que je suis cette malade. Elle demeure nerveuse, impressionnable, manque parfois de rester dans la ligne la plus unie et la plus correcte, mais elle n'est plus acariâtre, insociable comme auparavant.
» Les faits que je vous cite sont, bien entendu, choisis parmi les plus probants. J'ai observé des insuccès complets, peu nombreux, il est vrai; car presque toujours mes hystériques, mes névropathes, sont revenus pour le moins très améliorés.
» A côté ^Q Bigorre, je place Néris sur le même plan, bien que les circonstances ne m'aient pas permis d'y envoyer aussi souvent des jeunes malades.
» En résumé, je ne connais pas de station mieux appropriée aux enfants atteints de névroses, hystérie naissante , avérée , tempérament nerveux , névropathie . chorée , et même épilepsie.
à Bagnères-de-Bigorre 307
» Si vous n'oubliez pas que la chlorotique y rencontrera des sources ferrugineuses, les herpétiques des sources arsenicales , les catarrheux des sources sulfureuses, les rhumatisants des sources chaudes légèrement alcalines , vous enverrez à Bigarre tous les enfants atteints de douleurs , névralgies , ou état névropathique présentant en même temps ces diverses dispositions. Les tendances pathologiques qui peuvent accompagner une névrose, ou un état névropathique, ne sont pas des contre-indications de Bigorre qui, pourtant, ne peut accepter, comme, du reste, toutes les eaux minérales, les affections organiques des centres nerveux ,^ des organes principaux de la circulation et de la digestion. »