‹ Les névropathies à Bagnères-de-BigorreChapitre 46 sur 61 · âri · texte numérisé non relu

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(jui ont pour siège ou pour point de départ l'axe médullaire.

Ces symptô'mes sont : la rachialgie ou hypéresthésic cérébrale , qui est au rachis ce que la céphalée est à Textrémité céphalique, une sensibilité exagérée du tégument et une gêne pénible, plutôt qu'une douleur, de la colonne vertébrale ; certaines douleurs plus marquées, circonscrites sur certains points (plaque cervicale et plaque sacrée, de Gharcot), — (coccydinies, de Beard) ; de la parésie et des douleurs fulgurantes (pseudotabès) ; des névralgies multiples (névralgie générale, de Yalleix). En un mot, « cette forme est assez bien représentée par la description clinique de Tancienne irritation spinale. » (Levillain).

Quand les douleurs fulgurantes se produisent dans les membres inférieurs et qu'elles s'accompagnent de certains symptômes ataxiques, tels que les troubles de la démarche, les troubles de la vue, les crises d'estomac, le diagnostic peut devenir délicat et l'on peut se demander si l'on se trouve en présence du tabès.

M. Paul Blocq, qui a consacré une étude spéciale aux pseudo-tabétiques, a établi les règles d'après lesq.uelles on doit distinguer les tabétiques vrais des malades qui présentent des apparences d'ataxie locomotrice. Le pseudo-tabès neurasthénique figure parmi ces formes cliniques trompeuses ; on le reconnaît à l'examen objectif, eu

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recherchant les signes certains de l'ataxie : les troubles pupillaires spéciaux, les altérations de la sensibilité et du sens musculaire font défaut, le réflexe rotulien est conservé, etc.

Nous avons raconté, dans un autre ouvrage, riiistoire de deux malades qui nous avaient paru, un moment, appartenir à la véritable ataxie locomotrice (l'un d'eux avait été condamné par Charcot) et qui furent tellement améliorés par les bains du Platane et de Marie-Tliércse, que le sombre diagnostic fit place à une appréciation plus rassurante.

11 faut connaître ces formes indécises pour prendre un parti en temps utile et ne pas porter, sans raison suffisante, un pronostic décourageant.

^ V. — Neurasthénie cardio-vasculaire.

Dans cette forme de neurasthénie , ce sont les troubles cardiaques et vaso-moteurs qui dominent : palpitations , troubles dans le rythme du cœur, tendance à la syncope, accès de fausse angine de poitrine ; congestiipn de la peau, bouffées de chaleur, anomalies de température aux extrémités (pieds brûlants ou glacés), frissons, accès de lièvre, hémorrhagies, etc.

M. W..., professeur de l'Université, actuelle-

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ment guéri, avait soudert de palpitations (115 par minute), de défaillances syncopales allant jusqu'à la chute sans perdre connaissance, d'un peu d'exoplitalmie. en un mot, d'un groupe de symptômes cardio-vasculaires qui avaient fait penser à la maladie de Basedow. Ces symptômes s'accompagnaient de troubles neurasthéniques siégeant dans Fappareil digestif, dans le système nerveux et dans le cerveau (inquiétude, vertige, dépression mentale).

Je traitai chez lui l'état nerveux, et la suite a prouvé que j'avais eu raison. Tous les symptômes ont disparu.

Bains du Platane, douches écossaises, eau de la Rcbie ou du Dauphin en boisson.

Voici un cas où dominaient les troubles de rinnervation vaso-motrice.

M. F..., qui était percepteur dans la campagne et qui allait faire lui-même ses recouvrements chez les contribuables, ayant été appelé à un emploi supérieur dans une ville importante, s'est vu confiner dans un bureau. Privé brusquement de l'exercice physique auquel il était habitué, il a été atteint d'une crise de neurasthénie aiguë , qui a duré trois mois : céphalée occipitale , dyspepsie, fièvre, prostration et troubles circulatoires très accentués : saignements de nez abondants, taches de purpura sur le corps. A son arrivée à Bagnères, il présente un extrême

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amaigrissement, un estomac dilaté, de la céphalée, des taches rougeâtres pareilles à des pétéchies le long des jambes. Les epistaxis continuent.

Eau de Salut, eau ferrugineuse, bains de St-Roch^ douche de la Reiiie.

Les phénomènes morbides se dissipent les uns après les autres, toute trace d'hémorrhagie disparaît, la santé générale se relève; elle est restée excellente.

Nous avons noté la fausse angine de poitrine parmi les symptômes principaux de la neurasthénie cardio-vasculaire. Cet accident, que son pronostic bénin différencie essentiellement de l'angine vraie , n'en présente pas moins un tableau effrayant : angoisse précordiale, sensation de strangulation, douleurs s'irradiant à l'épaule et au bras, sutfocafeion ou oppression, etc. Je l'ai observé dans ma pratique chez des malades qui n'avaient aucune lésion au cœur; le traitement de l'état nerveux a eu raison de ces accidents.

La fausse angine de poitrine fait partie, avec l'obnubilation des sens, les bourdonnements d'oreilles, le vertige, etc., du complexus morbide que Krishaber a décrit sous le nom de névropathie cérébro-cardiaque. Cet état qui constituait, il y a quelques années, une entité morbide, a été englobé dans la neurasthénie par les auteurs qui ont traité de la maladie de Beard. J'ai adopté cette manière^

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de voir dans mou livre sur les Névropathes à BagnèreS'dc-Bigorre .

Aujourd'hui , après avoir lu dans le Midi médical (4) , les rétlexions judicieuses d'un de mes anciens maîtres, M. le professeur André, je crois que la question doit être réservée. Le cas raconté par M. André et les déductions qu'il en tire tendent à prouver que l'ancienne névropathie de Krishaber peut exister indépendamment de la neurasthénie, et ne doit pas être toujours confondue avec elle. Ainsi, parmi les observations que j'ai publiées dans les Névropathes ^ je crois que l'observation XLY pourrait être séparée de la neurasthénie et rapportée à la névropathie de Krishaber proprement dite.

g VI. — Neurasthénie sexuelle,

Beard a fait tout un traité spécial sur la neurasthénie sexuelle : « On sexual neurasthenia. » (New- York, 1884), où il considère cette forme « comme une variété très importante et très fréquente de l'épuisement nerveux. »

Les symptômes qui caractérisent cette forme sont principalement l'hyperexcitabilité, l'impuissance (celle-ci succédant d'habitude à celle-là), la

([) 22 octobre 1893.

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spermatorrhée. Une dépression nerveuse profonde accompagne habituellement cet état.

J'ai rapporté dans mon ouvrage plusieurs observations de spermatorrhée traitée et guérie par les eaux de Bagnères.

Quand la neurasthénie sexuelle s'observe chez la femme , le diagnostic est plus délicat et le traitement plus complexe. Les désordres génitaux chez la femme neurasthénique peuvent être considérés comme une cause ou un etfet ; ils sont le plus souvent un effet ou une coïncidence.

Quelques auteurs ont voulu constituer luie neurasthénie féminine ; nous pensons avec Levillain qu'il n'y a pas lieu de constituer ce type.

Notre pratique thermale , comme celle d'un grand nombre de nos confrères , nous a appris à faire une très large part aux troubles nerveux dans les maladies des femmes. Nous avons développé ailleurs nos idées sur ce très important chapitre de médecine thermale. Le cadre de ce travail ne nous permet pas d'aborder ce sujet.

§ VIL — Neurasthénie et arthritisme.

Nous examinerons plus loin , à propos de la nature de la neurasthénie, le rôle de l'arthritisme dans la maladie de Beard, et s'il est vrai, comme

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le soutient Vigouroux , que tous les neurasthéniques sont des arthritiques.

Ici je veux signaler, réservant la question de théorie, les cas où la neurasthénie s'accom{3agne manifestement de déterminations arthritiques ; tantôt celles-ci ont précédé celle-là, tantôt il semble que la diathèsQ, rhumatismale ou goutteuse, s'est développée à l'occasion du processus neurasthénique. Dans tous les cas, les malades auxquels je fais allusion ont une physionomie bien distincte et m'ont paru pouvoir former une famille clinique.

J'ai soigné pendant cinq années consécutives un prêtre distingué , que des excès de travail avaient mis dans un état grave. Il portait en outre une tare arthritique dont les etTets s'étaient localisés autrefois sur l'appareil respiratoire, au point de nécessiter une cure aux Eaux-ïjonnes. Il lui restait une susceptibilité extrême du larynx et des bronches, et des douleurs rhumatoïdes.

La neurasthénie se traduisait chez lui par la céphalée, l'insomnie, l'atonie digestive et une dépression mentale qui le rendait impropre au travail.

Contre les symptômes thoraciques, j'ai prescrit Labassère et Salies^ Salies surtout, en boisson, gargarisme et pulvérisation; contre les symptômes digestifs. Salut et Salies en boisson ; contre l'état nerveux et arthritique, les bains de la Tour et de la Reine et les douches écossaises.

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Il a fini par se débarrasser de ses maux de tête, de ses troubles nerveux, de ses fatigues digestives, de ses irritations bronchiques, et il a pu reprendre ses occupations.

Dans certains cas, le rhumatisme et la névrose se confondent tellement qu'il est difficile d'établir une ligne de démarcation entre les deux ordres de symptômes. Par exemple, un paysan ariégeois que j'ai soigné en 1891 et qui avait souffert tout l'hiver de douleurs rhumatismales presque incessantes, aux membres et aux articulations ; il avait une dyspepsie douloureuse qu'on pouvait aussi mettre sur le compte du rhumatisme.

Mais, avec cela, il accusait de la céphalée, une faiblesse musculaire générale, une fatigue extrême et une extrême dépression morale. Il avait bien l'aspect d'un neurasthénique.

Je traitai chez lui les deux états : bains et douches de la Reine ^ buvettes de la Reine et de Salies.

Le résultat immédiat fut peu marqué, mais les suites furent excellentes, et l'année suivante je revis mon malade transformé.

Parfois il est nécessaire de traiter séparément la diathèse et l'état nerveux : ainsi, chez une jeune fille qui m'était adressée par ses médecins avec le diagnostic de rhumatismes et de neurasthénie, j'ai dû. attaquer le rhumatisme d'abord par les bains de Salies et les douches écossaises ; ce

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n'est qne plus tard que j'ai fait disparaître les phénomènes nerveux avec les bains du Platane et de Salut.

Ou bien le malade a laissé dans une autre station ses manifestations arthritiques, et il vient à Bagnères pour guérir son état nerveux. Il y a lieu néanmoins de tenir compte de la tare arthritique dans le choix du bain et la formule de la douche. Chez certains , le rhumatisme a déterminé des lésions cardiaques assez modérées encore pour permettre un traitement thermal, mais traçant au médecin une ligne de conduite particulière.

Chez d'autres, les grandes dystrophies arthritiques, le diabète, l'azoturie, la phosphaturie, l'albuminurie même , imposent les plus sérieuses réserves sans contre-indiquer absolument le traitement thermal. Il est possible, dans ces cas compliqués , d'agir efficacement contre l'état neurasthénique, en prenant toutes les précautions que comporte la situation.

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