M-: S SPKCTUKS
L'EISTERRÉ VIP
A Edgar Branly
— (' Homme ! imagine-loi qu'après un soir d'orgie Tu rentres chez toi, très joyeux :
Tu dors, et le matin, tombant en l'éthargie, Tu parais mort à tous les yeux.
Ta fillette se mire, et ton épouse fausse,
Bouche ricaneuse et front bas.
Songe : « On va donc enfin le fourrer dans sa fosse ;
Vite une loque et de vieux bas ! »
Sur la table de nuit on met un cierge sale,
On te roule dans le linceul.
Et tandis que chacun tourne et va dans la salle,
Tu gis dans un coin, blême et seul.
La bonne, ta maîtresse, égrène une prière D'un air las où l'ennui se peint;
L'ouvrier prend mesure et propose une bière De bon chêne ou de bon sapin.
LENTERRK VIF. 270
Pendant que ton cousin optera poui- le chêne :
Il criera, ton enfant si cher, Que pour gagner vingt sous il faut que l'on s'enchaîne :
Le sapin est déjà trop cher !
Bref, on t'habillera d'un peuplier si tendre
Qu'on aura peine à le clouer; Et sur les contrevents, ton fils, sans plus attendre,
Écrira : Maison à louer.
Et puis, bagage oblong, heurtant rampe et muraille,
Par l'escalier tu descendras; Aux regards de la rue égoïste qui raille
Ligneusement tu t'étendras;
Et les porteurs narquois, sous la nue en fournaise
Calcinant les toits et le sol.
Marmotteront : « Tu vas fermenter à ton aise
Et charogner dans ton phénol.»