‹ Les névrosesChapitre 174 sur 220 · LES DENTS · texte numérisé non relu

LES DENTS

Je les revois à des époques reculées

Ces merveilleuses dents, froides, immaculées.

Et qui se conservaient sans toilette ni fard

Dans la virginité blanche du nénufar.

Le fait est que ces dents étaient surnaturelles

A force de blancheur et de clarté cruelles,

Et que dans les recoins les plus fuligineux

Elles avaient encore un retlet lumineux

Comme un éclair lointain, la nuit, dan? une plaine;

Et puis, au fiôlement oonlina d'une haleine

Qui musquait le soupir, la phrase et le baiser,

Elles passéùent leur vie à s'aromatiser !

Joignant le plus souvent leurs mignonnes arcades,

Elles rendaient la voix grinçante par saccades

Avec je ne sais quoi d'humide et de siffleur.

Comme dans le calice embaumé de la fleur

On voit luire au matin des perles de rosée.

Ainsi dans cette bouche indolente et rosée

Elles m'apparaissaient, opale et diamant,

Dont mon œil emportait un éblouissement.

Ohl quand, jolis bijoux des gencives si pures.

Ces petits os carrés, habiles aux coupures,

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