‹ Les névrosesChapitre 194 sur 220 · L'AMI · texte numérisé non relu

L'AMI

Il était brun, très pâle, et toujours en grand deuil; Ses paroles claquaient avec un bruit de flamme^, Et de courtes lueurs plus froides que des lames Illuminaient parfois la brume de son œil.

Un même goût pour l'art et pour les sombres drames, Le même âge, la même angoisse du cercueil, Un égal infini de tristesse et d'orgueil Eurent vite enchaîné nos esprits et nos âmes,

A la longue, pourtant, cet être soUple et noir

M'inquiéta sans trêve et tellement, qu'un soir^

Je me dis en moi-même : « Oh I si c'était le diable! »

— « Alors, devina-t-il, vous me préférez Dieu ?

« Soit I je m'en vais, mon cher, mais pour cadea-u d'adieu

« Je vous laisse la Peur, la Peur irrémédiable! »

LES SPECTRES

,A. CLAIRIERE

L'Engoulevent rddait avec la souris chauve. Lorsque sur la clairière au tapis verdoyant La lune décocha son sourire ondoyant Et mit à chaque feuille un glacis d'argent mauve.

Et j'envoyais du fond de cetie forêt fauve Un regard de mon cœur à l'astre chatoyant Qui promenait sur l'herbe un reflet vacillant Ainsi qu'une veilleuse au milieu d'une alcôve :

Soudain, je vis un être horriblement fluet

Qui cueillait çà et là des fleurs, d'un doigt muet.

Et tous les bruits du soir qui me semblaient si simples

Ce bois stupéfié, cette lune dessus ,

Me firent tressaillir, lorsque je m'aperçus

Que j'avais devant moi la chercheuse de Simples.

LK MENEUR DE LOUPS. 31fr

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