LA MORGUE
A Mallat de Bassilan.
Ceux que l'œil du public outrag»\ — Noyés, pendus, assassinés, — Ils sont là, derrière un vitrage.
Sur des lits de marbre inclinés.
Des robinets de cuivre sale Font leur bruit monotone et frdii Au fond de la terrible salle Pleine de silence et d'effroi.
A la voûte, un tas de défroques Pend, signalement empesté :
Haillons sinistres et baroques Où plus d'un mort a fermenté'.
Visages gonflés et difformes; Crânes aplatis ou fendus; Torses criblés, ventres énormes, Cous tranchés et membres tordus
Ils reposent comme des masse?, Trop putréfiés pour Clamart,
Ébauchant toutes les grimaces De l'enfer et du cauchemar.