LA RELIQUE
« Les chaleurs, les frissons de ma chair en alarmes, Quand ma virginité rouge et buvant ses larmes
Te fuyait comme un assassin, Ce que j'ai ressenti de bonheur et de crainte Quand tu m'as attirée et que tu m'as étreinte
En collant ta bouche à mon sein :
« Elle t'apprendra tout! Dans ses muettes odes, Elle rappellera d'amoureux épisodes
A ton hallucination; Et ton rêve, y trouvant mes bien-aimés vestig*^s, Bénira, l'aile ouverte au milieu des vertiges.
Sa chère fascination.
«< Adieu ! » — J'ai conservé la mignonne chemise Je l'exhume parfois du coffre où je l'ai mise,
Et je la baise avec ferveur; Et mpn rêve est si chaud, qu'en elle il fait revivre Ce corps si capiteux dont je suis encore ivre,
Car il m'en reste la saveur.
Alors, je la revois dans un nimbe de gloire,
La sirène aux pieds blancs comme du jeune ivoire^
Mon ancienne adoration, Qui, moderne païenne, ingénue et lascive, Allumait d'un regard dans mon âme pensive
Des fournaises de passion.
LE- 1.UXURKS.
Son corps de Grecque, ayant l'ardenr de la Créole, Tour à tour délirant et plein de langueur molle,
Toujciurs allaraé de plaisir, Et qui, reptile humain, se tordait dans l'alcôve, 13ouillant d'une hystérie irrésistible et fauve
Pour éterniser mon désir ;
Sa bouche de corail, humide et parfumée.
Ses petits pieds d'enfant, ses deux jambes d'aliii'--e.
Sa chevelure aux flots houleux.
Sa gorge aiguë et ferme, et ses robustes hanches, Ses secrètes beautés purpurines et blanches,
Ses yeux immenses, noirs et bleus;
Tous ces mille rayons d'une chair si féline Embrasent ma chair froide et toujours orpheline
Depuis que l'amour m'a quitté; El lui criant : « Ma Berthe! enlaçons-nous sanâ trêve! ie la possède encor dans l'extase du rêve
Comme dans la réalité !