LA RIVIÈRE "DORMANTE
Comme dans les ruisseaux clairs et torrentueux Qui battent 4es vieux ponts aux arches mal construi L'écrevisse boiteuse y chemine, et les truites Aiment l'escarpement de ses bords tortueux.
L'âme du paysage à tonte heure voltige Sur ce lac engourdi par un sommeil fatal, Dallé de cailloux plats et dont le fin cristal A les miroitements du songe et du vertige.
Et, sans qu'elle ait besoin des plissements furtifs Que les doigts du zéphyr forment sur les eaux mates, Pour prix de leur ombrage et de leurs aromates La rivière sourit aux végétaux plaintifs;
Et quand tombe la nuit spectrale et chuchoteuse, Elle sourit encore aux parois du ravin : Car la lune, au milieu d'un silence divin, V baianeles reflets ae sa lueur laiteuse.
140 l-ES REFUGES.