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LA FONTAINE

A Georges Charpentier.

La fontaine du val profond Luit au bas des vieilles tourelles Dont les toitures se défont Et dont les girouettes grêles Vont et viennent, viennent et vont.

Jamais la mousse de savon N'a troublé ses plissements frêles :

Elle est limpide jusqu'au fond, La fontaine.

Sur ses bords les saules me fon )?s éventails et des ombrelles; £t là, parmi les sauterelles.

J'arrête mon pas vagabond Pour lire Virgile et le bon La Fontaine.

LES REFUGES

A Auguste ArnaulL

Dans l'air comme embrasé par une chaleur d'âtre

Elles ont un arôme aussi lourd qu'ennuyé,

Et par un crépuscule orageux et mouillé

La blanche devient jaune, et la jaune, verdâtre.

Mais à l'aube naissante, à cette heure où la nuit Abandonne en pleurant les étoiles' éteintes, Chacune se déplisse et rallume ses teintes, Et leur parfum s'envole avec le vent qui fuit.

Souvent on aperçoit dans l'atmosphère chaude, Sur leurs pétales blancs, purpurins ou rosés, Un beau petit insecte aux reflets irisés, Qui miroite au soleil ainsi qu'une émeraude.

Bien de^ mouches qui sont distilleuses de miel Vampirisent gaîment ces reines végétales, Et plus d'un vent du nord aux haleines brutales Ravage leur parterre endom^ï sous le ciel.

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