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III. — Hystéiîie traumatique locale et générale

L’hystérie traumatique locale et générale n’est que la combinaison de l’hystérie locale et de l’hystérie générale : aux symptômes locaux de la première s’ajoutent les symptômes généraux de la seconde.

Nous ne pouvons nous attarder à décrire ces cas qui sont assez nombreux, mais dont les manifestations ne sont qu’un mélange des symptômes de l’hystérie locale et de l’hystérie générale.

Contentons-nous de faire remarquer que dans ces cas, les paralysies et les contractures ont pour siège les parties traumatisées, tandis que, dans l’hystérie générale, les phénomènes locaux se produisent indistinctement partout.

Voici une observation d’hystérie traumatique locale et générale :

Observation XVI. (Beubez, obs. Vf, p. 36.)

Monoplégie hystéro-traumatique du membre supérieur gauche.

« Cab ûgc (le 21 ans, israélile, entre le 16 février 1886 dans le service

(Je M. Charcot, b la Salpétrière.

» Antécédents héréditaires ; Coté iiaternel ; rien de particulier à signaler au point de vue des affections nerveuses. Côté maternel : de ce côté, tous ses parents se distinguent par un caractère très violent. Mère a été enfermée pendant quelque temps dans un asile pour aliénation mentale; elle était sujette à des accès de colère violents, à la suite desquels survenaient des

DES NÉVROSES TRAUMATIQUES.

Mo

liématémôses et îles névralgies faciales. Père de la mère mort en vingt-quatre heures à la suite d’une attaque d’apoplexie. Sœur du malade morte à la suite de convulsions, à l’âge de 4 '/a tius.

» Antécédents personnels : Le malade est sujet, depuis son enfance, à de violents accès de colère qui sont suivis, comme chez sa mère, d’hémorragies; il sent le besoin de vomir et il rend du sang par la bouche et le nez. Son caractère a toujours été très mobile. Il fait des études classiques au Collège de Liège et il va jusqu’en rhétorique. A cettte époque, il a alors 16 '/, ans, il devient éperdûment amoureux, il veut se marier ; mais, ne pouvant y parvenir, il ressent un très vif chagrin, et sans savoir pourquoi, il quitte brusquement Liège et vient à Paris.

» Il reste huit jours à Paris et s’engage dans la Légion étrangère; cela se passe en 1882. Il reste un an en Afrique; à la lin de 1883, on l’envoie au Tonkin. Au bout de six mois, il est pris d’une fièvre intermittente qui dure trois mois. Vers cette époque, c’est-à-dire vers le milieu de 1884, il reçoit à la tempe gauche une blessure qui parait avoir été superficielle, et dont il reste encore une cicatrice déprimée, de l’étendue d’une pièce de cinquante centimes, douloureuse à une pression même légère.

» A la suite de cette blessure, il est tombé sans connaissance sur le champ de bataille; il est resté vingt-quatre heures sans connaissance et pendant quatre jours il a eu du délire; il est resté une quinzaine de jours à l’infirmerie pour cette blessure; pendant vingt jours, il a eu une chute de la paupière gauche. Depuis cette époque, sa mémoire a diminué, son sommeil est devenu agité et il a éprouvé des douleurs de tête assez fortes, limitées au côté gauche, qui ont persisté avec la même intensité jusqu’au mois de septembre Iddl). A ce moment, le malade a quitté le Tonkin. Renvoyé de là pouicause de faiblesse, il est retourné à Oran, où sa santé s’est améliorée ; les maux de tête ont diminué d’intensité.

» Notons, avant d’aller plus loin, que le malade n’est ni syphilitique ni alcoolique.

» Le 28 décembre 188o, le malade va se promener en ville; il se sent très bien et n’éprouve pas, ce jour-là, de céphalalgie ni aucun trouble d’aucune sorte, quand, tout à coup, sans avoir éprouvé préalablement aucune sensation de vertige, sans avoir senti aucun phénomène précurseur quelconque, il perd connaissance et tombe sur le côté droit (ce sont ses camarades qui lui ont donné ce renseignement). Le jour suivant, à 6 heures du matin, il revient à lui ; il lui semble simplement qu’il sort d’un profond sommeil : il ne se souvient aucunement de ce qui s’est passé la veille et il est très étonné de se trouver à l’hôpital. En voulant s’habiller, il s’aperçoit qu’il ne peut plus du tout remuer le membre supérieur gauche. Le médecin l’examine à la visite du matin Le membre supérieur gauche pendait le long du corps; il était raide, les doigts dans l’extension; tout mouvement était impossible; la sensibilité à la piqûre avait complètement disparu ; avec la machine à induction, il a senti un peu de douleur; mais le jour suivant il ne sentait plus du tout le passage du courant électrique. Il avait sur le bras plusieurs plaques '

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rouges que le médecin a qualifiées, dit le malade, de « vaso-motrices ». Le malade a eu de])uis de fréquentes attaques; celles-ci n’ont pas toujours eu les mêmes caractères; les médecins ont distingué chez lui, dit-il, cinq variétés d’attaques ; quelques-unes d’entre elles ressemblaient, d’après les renseignements qu’il nous donne, à celles qu’il a eues à la Salpêtrière; nous en indiquerons plus loin les caractères.

» L’attitude du membre su[)érieur a subi depuis le début quelques modifications. Les doigts, qui étaient au début dans l’extension, se fléchissaient parfois et pendant plusieurs jours, les ongles s’enfonçaient dans la paume de la main, puis les doigts s’étendaient de nouveau ; d’autre part, le membre était tantôt flasque, tantôt contracturé. Sept jours après le début de sa paralysie, le médecin lui a appliqué sur la tempe gauche et sur la région antérointerne du bras gauche, des plaques de zinc, et sur la partie antéro-externe du bras une plaque d’argent. Au bout de vingt-trois heures, il y a eu un transfert de la sensibilité qui a duré neuf heures. Vers la même époque, c’est-à-dire une semaine environ après le début de la paralysie, le membre supérieur a commencé à s’atrophier (le malade affirme que les deux côtés du corps avaient été jusque-là semblables, et même que le côtégauche était plus fort, car il est gaucher), et cette atrophie a été en s’accentuant rapidement; elle a été suivie par le médecin, au moyen de mensurations. Le malade remarqua encore, à cette époque, que le membre inférieur gauche, qui jusque-là avait conservé toute sa force, commençait à faiblir. Le 6 janvier, à la suite d’une attaque, le malade est resté aphone pendant trois jours; l’aphonie a disparu à la suite d’un accès de colère. Il a eu aussi, pendant six jours, de la rétention d’urine qui a nécessité le cathétérisme.

» Voici ce que l’on remarque actuellement chez lui, en l’examinant d’une

façon méthodique :

» Le membre supérieur gauche est complètement paralysé ; les mouvements de l’épaule, du coude, du poignet et des doigts sont absolument impossibles. Le bras pend inerte et flasque le long du corps, les doigts sont dans l’extension et ils présentent un peu de raideur. Le membre supérieur gauche est beaucoup plus grêle que le droit ; la différence est frappante, sans même qu’il soit besoin de recourir à la mensuration, et on la constate facilement, quelle que soit la situation dans laquelle on jilace le malade; celte diminution dans le volume du membre parait tenir principalement, sinon exclusivement, à l’atrophie des masses musculaires, et celle-ci s’observe dans tous les segments du membre à partir de l’épaule jusqu’à la mam. L’épaule est aplatie et le deltoïde est manifestement très atrophié; la paroi antérieure du creux de l’aisselle est notablement amincie et le grand pectoral fortement atrophié ; le côté gauche de la paroi thoracique antérieure présente une dépression; en arrière, les régions sus- et sous-épmeu.ses sont aussi légèrement déprimées, et le bord interne de l’omoplate se détaché de la paroi thoracique un peu ])lus à gauche qu’à droite, mais cela dans de si faibles proportions, ((ue l'on ne peut dire au juste s’il s’agit là d une disposition due à l’étal pathologique actuel ou simplement d’une asymétrie ancienne, non imputable à ralïeclion j)iésente.

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» La diminution de volume du bras est considérable; la plus grande circonférence du bras gauche est de 22 centimètres et de 25 centimètres b droite: l’atrophie semble porter à peu près également sur les muscles antérieurs et postérieurs du bras; en pressant entre les doigts les muscles biceps et en les comparant à ceux du côté opposé, on constate une notable atrophie. L’atrophie de l’avant-bras est moins marquée que celle du bras. La plus grande circonférence est de 24 centimètres à -gauche et de 25 centimètres à droite; il est difficile de dire si l’atrophie s’est faite plutôt aux dépens des muscles de la région antérieure ou de ceux de la région postérieure de l’avant-bras. Les éminences thénar et hypothénar sont plus grêles à gauche qu’à droite. Les muscles' atrophiés ne présentent pas de secousses fibrillaires. L’excitabilité idio-musculaire de ces muscles ne parait pas modifiée. A l’électrisation, tous les muscles atrophiés se contractent plus faiblement que ceux du côté opposé, mais le mode de contraction est absolument normal ; dans aucun muscle, on n’a pu constater la réaction de dégénérescence. Il y a, du côté paralysé, augmentation de la résistance électrique (1).

» La sensibilité est abolie dans le membre supérieur gauche, comme l’indiquent les figures 1 et 2. sauf à la paume de la main et à la partie palmaire des doigts où la sensibilité est toutefois diminuée; tous les modes de la sensibilité sont abolis. Il semble au malade qu’il n’a pas de bras ni d’épaule. Le sens musculaire fait aussi complètepient défaut dans ce membre.

» La température du membre supérieur gauche est plus élevée que celle du côté opposé. 11 est bien plus facile de provoquer du côté gauche que du côté droit, par le grattage, des raies vaso-motrices.

» Les réflexes tendineux sont exagérés du côté malade. En redressant les doigts, on provoque de l’épilepsie spinale.

» La sensibilité du reste du côté gauche du corps est conservée, mais très diminuée ; et cela est surtout net en ce qui concerne la sensibilité à la température.

» Le membre inférieur gauche est un peu plus faible que le droit. La circonférence maxima de la jambe gauche est de 33 centimètres, tandis que celle de la droite est de 34 centimètres.

» La face ne présente aucune espèce de déviation.

» L’ouïe, l’odorat et le goût sont un peu plus faibles à gauche qu’à droite. Rien du côté des yeux; pas de rétrécissement du champ visuel.

» Attaques. — Elles surviennent spontanément ou à la suite de la compression de certains points. 11 existe deux zones hystérogènes : la nuque au niveau de la septième cervicale, et les globes oculaires ; il suffit de mettre la main sur les yeux pour provoquer l’attaque; dans la première attaque que nous avons observée, le malade est tombé brusquement, sans pousser de cri, à la suite de l’occlusion des yeux; son corps a fait aussitôt un arc de

(1) L’examen électrique de ce malade, comme aussi celui des autres malades dont les obsei-valions suivent, a été pratiqué par le D-- Vigouroux, directeur de l’établissement électrique de la Salpêtrière; nous le leinercions vivement de son obligeance.

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cercle; l’attaque a, du reste, immédiatement été enrayée par la compression pratiquée au niveau des échancrures sus-orbitaires : le malade est aussitôt revenu à lui. Les autres attaques ont eu des caractères différents; voici sous quel aspect elles se présentent habituellement: le malade tombe brusquement en avant et à droite ; il place sa tête sur son bras droit qui est dans l’extension et levé en l’air; le poing est fermé et tout le bras est raide; généralement le malade mord son bras, la jambe droite est fléchie sur la cuisse et le membre inférieur est raide comme le membre supérieur; la raideur s’observe aussi du côté gauche, mais elle est moins accentuée que dn côté droit. En plus, la situation des membres est différente ; le membre supérieur gauche est appliqué le long du corps, les doigts dans la flexion, la jambe gauche est étendue sur la cuisse. Le malade reste dans cette situation sans pousser le moindre cri, les yeux fermés, la figure sans aucune expression particulière, ni pôle ni congestionnée, pendant quelques minutes; puis on voit survenir quelques mouvements cloniques, mais peu accentués; enfin, le malade pousse quelques cris étouffés, sanglotte un peu, puis revient complètement à lui, sans garder le moindre souvenir de l’attaque et sans éprouver la moindre fatigue. Ajoutons que, quoique le début de l’attaque paraisse absolument brusque, et quoique le malade semble ne pas en être prévenu, il existe en réalité une sensation spéciale qui la précède : le malade sent comme une boule qui de la région épigastrique remonterait à la gorge; mais l'attaque suit de si près cette sensation que le malade n’a pas le temps de se garer et qu’il tombe aussitôt.

» Après le 19 février, le malade a eu encore quelques attaques différentes de celle-là; pour ne plus avoir à revenir sur les attaques, nous indiquerons ici leurs caractères. Quelques-unes d’entre elles se présentent sous l’aspect suivant : il y a d’abord une phase épileptiforme calquée sur les attaques épileptiformes décrites plus haut; puis, dans une seconde phase, le malade semble revenir à lui, se lève, se met à marcher, quelquefois à courir, sort de la salle; mais il est étranger à ce qu’on dit autour de lui, ne répond pas quand on l’interpelle, enfin il revient à lui et ne se souvient nullement de ce qui s’est passé. Parfois, après la phase épilei)tiforme, il est pris de délire, crie, gesticule, se figure qu’il est en présence des Chinois, et il est dangereux pour les personnes qui l’entourent.

n 24 février : A la suite d’une attaque, le malade est pris de mutisme ayant tous les caractères du mutisme hystérique et qui ne dure que douze heures. Les doigts, qui étaient raides le |)remier jour, sont aujourd’hui flasques.

» 27 février : L’affaiblissement du membre inférieur gauche n’est plus appréciable; les deux jambes paraissent avoir la même force. Mais la paralysie et l’anesthésie du membre supérieur ne se sont pas encore modifiées, c’est-à-dire qu’elles sont absolues. On i)rie alors le D>' Gautier, ancien interne des hôpitaux, qui pratique le massage avec succès, de masser le malade. M. Gautier masse le membre su])érieur droit, c’est-à-dire le membre sain, et on observe alors, au bout de cinq minutes environ, le retour de la

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sensibilité b la face dorsale des doigts et à la |)artie inférieure de la face dorsale de la main, sans retour de la motilité des doigts ; en même temps, la sensibilité s’émousse dans les régions correspondantes du côté opposé; on continue le massage, mais le malade est pris d’une attaque qui oblige de suspendre l’opération; la sensibilité persiste pendant quatre heures environ, puis disparait.

» 28 février ; A la suite d’une attaque, le malade est pris de nouveau de mutisme. Les doigts présentent aujourd’hui de la raideur.

» 1" mars : Le mutisme persiste et il a tous les caractères du mutisme hystérique, l’intelligence est tout à fait conservée; le malade ne peut parler qu’à voix basse, ne peut émettre le moindre son et écrit, au contraire, avec la plus grande facilité; il éprouve en même temps dans la gorge une sensation de boule très pénible. On pratique de nouveau le massage, et il se passe exactement la même chose que le 27 février. La sensibilité revient dans la même région et le malade a une attaque. Lorsque le malade revient à lui, il s’assied auprès du poêle, et, quelques minutes après, il lui semble que la boule qu’il sent dans la gorge se déplace, descend et disparaît, et en même temps son mutisme se dissipe. « C’est fini, dit-il, ma boule a disparu. » Et il , parle comme par le passé.

» 4 mars : Paralysie et anesthésie du membre supérieur gauche dans le même état. M. Gautier pratique alors ce qu’on appelle dans le massage « la tlagellation », dans la région temporo-pariétale droite. L’opération est commencée à 1 1 heures du matin, et voici ce qu’on observe alors ; au bout de quelques minutes, la sensibilité reparaît à la face dorsale des doigts, gagne la main, puis l’avant-bras et enfin le bras et l’épaule ; on dit à ce moment au malade de mouvoir ses doigts, son poignet ou son coude, mais il ne peut y arriver; on fait faire alors aux doigts et à la main paralysés des mouvements passifs en disant au malade de regarder ce que l’on fait et de faire exécuter en même temps aux doigts et à la main du côté opposé les mêmes mouvements; au bout de quelques instants, quelques mouvements spontanés sont possibles; ils sont d'abord très limités, mais deviennent de plus en plus étendus, b mesure qu’on continue les manœuvres que nous venons d’indiquer. Par le même procédé, on finit par faire mouvoir le coude et l’épaule, et finalement, vingt minutes environ après le début de l’opération, tous les segments du membre malade peuvent se mouvoir spontanément; pourtant ces mouvements sont loin d’être aussi étendus que du côté opposé ; les mouvements de l’épaule sont en particulier très limités, et tout le membre supérieur, en particulier la main et les doigts, présentent un tremblement, à oscillations assez étendues et assez fréquentes, mais régulières. En même temps, le membre supérieur du côté opposé s’engourdit un peu, mais cet engourdissement est très passager et disparaît rapidement. Une heure et demie après cette 0])ération, la motilité persiste, mais la sensibilité a déjb très notablement diminué. On renouvelle pendant une minute environ la tlagellation, dans la région temporo-pariétale droite, et la sensibilité revient aussitôt dans le membre supérieur gauche. I.e malade est alors abandonné

KTUOE PATIIOGÉNIQUE ET CLINIQUE

à lui-même; la motilité persiste jusqu’à 4 heures de l’après-midi (en tout cinq heures) et la sensibilité jusqu’à 9 heures du soir, puis la paralysie et l'anesthésie se rétablissent, avec les caractères qu’elles présentaient avant l’opération.

» 5 mars : La flagellation est renouvelée dans la matinée et on observe les mêmes phénomènes que la veille, avec les différences suivantes : dès que la sensibilité a gagné la partie inférieure de l’avant-bras, on fait exécuter aux doigts et à la main des mouvements passifs, et les mouvements spontanés reviennent avant que la sensibilité ait gagné le bras; on fait exécuter ce jour à l’épaule des mouvements passifs, avec plus de persistance que la veille, et les mouvements spontanés arrivent à être plus étendus que la veille; on recommande enfin au malade de continuer à exercer son membre supérieur pendant la journée.

» Le malade est examiné deux heures après l’opération; il s’est conformé aux indications qu’on lui a données et les mouvements sont plus étendus qu’ils ne l’étaient immédiatement après l’opération. La sensibilité est déjà un peu obtuse; elle va sans cesse en diminuant et disparait complètement vers 4 heures du soir. La motilité persiste. Le malade a dans la soirée une attaque épileptiforme, suivie de délire, et lorsqu’il revient à lui, la motilité persiste encore.

» 6 mars : Les mouvements spontanés du membre supérieur gauche persistent encore et ils sont même un peu plus étendus que la veille; le tremblement a diminué, mais l’anesthésie est complète; le sens musculaire est aboli. On renouvelle la flagellation, et, comme les jours précédents, la sensibilité réparait de bas en haut ; la sensibilité réparait en même temps que le sens musculaire. La sensibilité ne persiste pas plus de deux heures. Le malade s’endort le soir, pouvant mouvoir son bras.

» 7 mars : Le malade se réveille absolument impotent de son membre supérieur. Le bras et l’avant-bras sont flasques. La main est fléchie et contracturée; il en est de même des doigts.

» -10 mars ; Le malade, depuis le 7 mars, est redevenu paralysé du membre supérieur gauche. Il s’endort dans l’après-midi et à son réveil, il s’aperçoit avec étonnement qu’il peut de nouveau le mouvoir.

» 13 mars : On prend les mesures des membres et voici ce qu’on constate ; la circonférence de la jambe gauche est pareille à celle de la jambe droite ; entre le bras gauche et le bras droit, au lieu de 3 centimètres de différence, il n’y a plus que 2 centimètres; l’épaule et le thorax se présentent à peu près'sous le même aspect que le premier jour où le malade a été examiné.

» 14 mars : La paralysie réparait au réveil du malade.

» 21 mars : La paralysie persiste. On recommence la flagellation; il survient une attaque, mais. à la suite de l’attaque, la paralysie et 1 anesthésie disparaissent pendant une heure, après quoi elles reparaissent, sauf à la main.

» 22 mars : La sensibilité réparait spontanément jusqu’au coude, mais la main seule peut se mouvoir. M. Gautier recommence la flagellation, cette

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fois non plus sur la tête, mais sur la partie sensible du bras malade; quinze minutes après le début de l’opération, retour de la motilité et de la sensibilité ; cette dernière disparait de nouveau au bout d’une heure ; mais la motilité persiste.

» 25 avril ; Depuis plus d’un mois, la motilité persiste toujours. L amyotropWe s’est très notablement atténuée; l’épaule est beaucoup moins aplatie que le jour de l’entrée du malade à l’hôpital; le deltoïde s est développé, et le muscle grand pectoral est bien plus volumineux. Entre les régions sus- et sous-épineuses du côté droit, et celles du côté gauche, il n'y a plus de bien grande différence ; entre les deux bras, il n’y a plus dans la circonférence que 1 centimètre de différence; l’avant-bras, qui n était, il est vrai, que peu atrophié, ne s’est guère modifié; les éminences thénar et hypothénar sont à peu près aussi volumineuses que celles du côté opposé. »

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