‹ Les névroses traumatiques, étude pathogénique & cliniqueChapitre 26 sur 50 · VI. — Chorée traumatique · texte numérisé non relu

VI. — Chorée traumatique

La chorée iraumalique ne diffère pas plus de la chorée ordinaire que l’hystérie et la neurasthénie trauinatiiiues ne se difiérencient de l’hystérie et de la neurasthénie vulgaires.

L’existence de chorées d’origine traumatique est admise par tous les auteurs. « ün trouve, dit Blocq(l), le traumatisme: chute, contusion de la tête, mentionné dans plusieurs observations comme ayant été suivi à brève échéance des premières manifestations de la chorée. Un cas de chorée intense développée à la suite d^une lésion de l’humérus et qui guérit è la suite de la résection de cet os, a été rapporté par Sexton. »

A côté des chorées traumatiques d’origine émotionnelle, dues ù l’émotion morale accompagnant le traumatisme, il y a des chorées traumatiques d’origine réflexe, telles que celles qui se montrent grâce à la présence de vers intestinaux.

La symptomatologie de la chorée traumatique est semblable à celle de la chorée ordinaire; cependant le début en est plus souvent brusque, les troubles de la motilité apparaissent généralement quelques heures ou uh ou deux jours après l’accident.

Les troubles du caractère se montrent en même temps que les convulsions : le malade devient capricieux, grognon, distrait.

Les mouvements choréiques peuvent atteindre les membres supérieurs d’un seul ou des deux côtés ; ils peuvent aussi se montrer d’un seul côté du corps, ou bien être généralisés.

Nous ne croyons pas devoir nous appesantir sur la description symptomatologique de la chorée traumatique ; elle ne présente de spécial que son origine.

Voici une observation de chorée traumatique :

Orservation XX (inédite et personnelle).

La petite Marie P...., âgée de 10 ans, se présenta le 20 février 1894 à ma consultation du bureau de bienfaisance; elle se plaignait d’être atteinte, depuis quinze jours, de mouvements désordonnés dans tout le côté droit du corps.

0) Blocq. Traité de médecine de Cliareol et Bouchiird, l. VI, p. I2U.

ÉTUriE PATIIOGÉNIQUE ET CLINIQUE

La mère de la malade m’a|)prit que cette attèction avait débuté è la suite d’une chute sur le bras droit. Des mouvements choréiques s’étalent monti’és le lendemain de l’accident; la malade ne pouvait manger sa soupe ni boire sans répandre ces liquides tout autour d’elle. Au début, ces mouvements incoordonnés avaient été localisés au bras droit; bientôt ils s’étaient étendus à la jambe droite, puis à la face. A ces symptômes moteurs s’était joint un .cbangement très marqué du caractère ; la malade était devenue irascible, maussade et incapable de travailler à l’école.

L’hérédité nerveuse de Marie P.... était incontestable : son père était mort d’ataxie locomotrice, deux frères et sœurs étaient morts en bas âge de convulsions.

Comme antécédents personnels, cette malade accusait la rougeole, la fièvre typhoïde et la coqueluche.

Au moment où la malade se présenta à ma consultation, elle présentait des mouvements gesticulatoires dans tout le côté droit du corps. La tête se llécbissait et se redressait successivement, les sourcils se fronçaient, les paupières s’ouvraient et se fermaient, la parole était saccadée. Les membres présentaient une véritable folie musculaire.

Cette malade fut soumise â l’électrisation statique sous forme de bain électrique. La guérison fut rapide; dès la deuxième électrisation, l’amélioration se manifesta, et au bout de douze jours, tout mouvement choréique avait disparu.

, VIL — Epilepsie ïraum.\tique.

L’épilepsie traumatique est également signalée par la plupart des auteurs : « Les chocs traumatiques, dit Dutil (1), jiortant sur l’extrémité céphalique, peuvent, soit par le mécanisme de la commotion cérébrale, soit en produisant des lésions ou foyeis, déterminer l’apparition immédiate ou lointaine d’accidents convulsifs qui, par leurs caractères cliniques et leurs retours périodiques, ne diffèrent en rien d’essentiel de l’épilepsie commune. De même, on a vu des attaques d’épilepsie provoquées par les irritations locales périplub-iques : iilaies des nerfs, lésions de l’œil

(l) DuTli,. Truité de médecine de Cliarc.ol ni lîoudiaid, t. Vl. p. 1S16.

DES NÉVIIOSES I KAUMATIQUES.

OU des fosses nasales, corps étrangers de l’oreille, lésions intérieures, etc. »

La symptomatologie de l'épilepsie traumatique est identique a celle de l’épilepsie ordinaire. Les accès convulsifs peuvent survenir soit immédiateiDent, soit tardivement ; dans le premier cas, l’accès initial se manifeste au moment du traumatisme ; dans le second, il ne survient qu’apj’ès une période prodromique.

La période prodromique peut durer plusieurs heures ou plusieurs jours : le malade présente du tremblement, des secousses musculaires, des chatouillements, des picotements, jusqu’au moment où il se manifeste une aura motrice, sensitive, sensorielle ou psychique, qui marque le début du paroxysme épileptique. Le paroxysme peut revêtir la forme de la grande attaque, des attaques incomplètes et des paroxysmes viscéraux, sensoriels et psychiques équivalents de l’attaque.

Nous ne pouvons décrire complètement la symptomatologie de l’épilepsie traumatique, qui ne diffère en rien de l’épilepsie dite vulgaire.

Qu’il nous suffise de rapporter une observation se rattachant à cette forme de névrose traumatique.

Odseuvatiox XXI (inédite et personnelle).

Imuis L...., âgé de 40 ans, vint me consulter en septembre 1894; il se plaignait d’être sujet à de fréquentes attaques dont la description dénotait nettement la nature épileptique. Le malade m’apprit que son premier accès avait eu lieu trois semaines après avoir reçu un coup de bâton sur la tête (sans solution de continuité des tissus).

Pendant la période prodromique, il avait ressenti des tremblements dans les membres, de la céphalalgie, des éblouissements et des troubles digestifs. Un jour, la douleur de tête avait considérablement augmenté et la première attaque s’était produite.

A partir de cette époque, la céphalalgie, le tremblement, les éblouissements et les troubles digestifs avaient complètement disparu, mais les accès s’étaient reproduits assez fréquemment. Louis L.... n’àccusait aucun antécédent névropathique héréditaire ou personnel.

ÉTUDE PATHOGÉNIQUE ET CLINIQUE

Au moment où je pus l’examiner, la tête ne présentait aucune trace de contusion, d’enfoncement, ni de fracture; l’intelligence paraissait normale.

Ce malade fut soumis successivement à la médication bromurée, à l’électrothérapie, üi la psychothérapie sans aucun résultat.

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