‹ Les nezprecésChapitre 14 sur 23 · ENTRE JEUNES GENS · texte numérisé non relu

ENTRE JEUNES GENS

NjAureUement d'une beauté poétique et mystérieuse comme les créations aériennes d'Ossian, la Petiter irondelle avait, ce jour-là, des charmes presque indéfinissables, tant la touche en était légère, tant l'expression en était séduisante. Comme sur le pollen impalpable qui velouté les ailes du papillon, on eût craint d*y porter la main, dans la crainte que le moindre contact en flétrit l'éclat.

Blanche, avec un éclair rose oublié sur les joues, frêle, exquisement gracieuse dans ses formes, elle portait une charmante tunique de cuir de daim, bordée avec une passementerie rouge et bleue, qui rehaussait la diapbanéité lactée de son teint.

Une ceinture de coquillage lui dessinait la taille ; des mocassins coquets, en peau de castor, emprisonnaient son pied mignon.

Près d'elle, était négligemment jeté uu chapeau de paiDe de rit sauvage, à demi couvert par les ondes de son opulente chevelure. Tout cela, vêtement et ornements, avait été, sauf le chapeau, confectionné par Baptiste, durant la maladie de sa protégée, et je vous assure qu il y avait dépensé un ai t infini. Une modiste ne se fftt pas montrée plus habile dans la coupe des matériaux et dans le choix des nuances, sans parler des points d*aiguille! Ils laissaient loin derrière eux l'adresse de nos plus expertes couturières.

En voyant cet homme qui la contemplait en silence, Merellum s'imagina d*abord qu'elle poursuivait son réve, un bien doux réve, car il lui avait montré, à se$ genoux, le trappeur blanc rencontré Tautomue précédent k la rivière des Sables-Mouvauts.

Et cet homme, cet étranger, c'était le trappeur blanc lui-même ! Agitée d'un frémissement voluptueux, Merellum referma les paupières. Ses sens, assoupis par le sommeil, reprirent leur lucidité. Elle rouvrit impercq^ tiblement les yeux, et, k tnrvers le voile transparent de ses longs cils, à son tour elle exaoùna le curieux.

11 était grand, svelte, un peu mince peut-être, mais droit et de belle prestance.

Son visage formait un ovale allongé. U avait le front

décmrerl, caurranépar des ehereiix blonds boadiés ;

le nez bien coupé, les yeux d'un bleu céleste, la bouche fine et bienrâHante, h peau brunie par le bile et les intempéries.

Ses traits respiraient Tintelligence , Tafiabilité et renthonsiasme.

Une large blessure, à peine cicatrisée, lui partageait la joue gauche.

Il n'avait pas de barbe, saul une petite mousiacbe, jaune comme l'or, qui ombrageait sa lèvre supérieure.

Son costume ressemUaitàeehii que portent habituellement les commis riciies de la Compagnie de la baie dHudson. Il consistait en une blouse de chasse ornée de piquants de porc^pic, à la manière indienne, mocassins, mitas ou guêtres en cuir et toque de feutre brun»

Un carnier, une poudrière pendaient en sautoir sur son dos ; des pistolets doubles, un couteau, une hachette à sa ceinture.

La paume de sa main gauche reposait sur le canon d'un fusil à deux coups, monté avec un luxe dangereux dans ces contrées où le vol et l'assassinat sont pour ainsi dire à Tordre du jour.

Il remarqua bien le premier mouvement de la jeune fille; mais, soit qu'il eût peur de l'effaroucher par une apostrophe trop brusque, soit qu'il voulût prolonger une situation agréable pour lui, soit même qu'il fût d'un

naUàrel timide, il feignit de ae point «apercevoir qu'elle était éveillée.

Merellum put donc le lorgner tout ii son aise.

Peu à peu, sans y penser, elle s* enhardit : ses pau* pières se dessillèrent, elle les releva k demi, puis entièrement, et il arriva que tout à coup ils se regardèrent 1 un Tautre sans crainte, mais avec un mélange de surprise et de plaisir.

Us ne bougeaient pas ; elle, étendue à la racine de Farbre; lui, incliné, le visagt à quatre pieds au-dessus du sien. On eut dit qu*ils craignaient que le moindre mouvement ne détruisit le charme qui les subjuguait. Mais déjàleursyeux disaient un langage bien âoquenl; pour leurs cœurs, ils s'entendaient sans le savoir, sags se connaître.

Cependant, comme il n'est position si délectable qui ne finisse par devenir incommode quand elle dure trop, le jeune homme se décida à rompre le silence.

— Mademoiselle comprend le français î dit-il d'une voix musicale.

La Petite-Hirondelle répondit par un signe de téte aflirmatif.

— Mademoiselle a pour ami un vaillant trappeur, continua-t-il.

Et comme elle paraissait étonnée, il se hâta d'ajouter ;

— Je veux parler de Poignet-d' Acier.

— Mon frère se trompe, dit Merellum se relevant et se nattait sur soa siant : Poigoet-d' Aeier n'est pas un trappeur ; c*est un grand chef qui commande la plupart des blancs de la Colombie, et qui est aimé ou redouté de tous les Peaux-Rouges du NordrOuest.

— Je vous demande pardon.. commença le jeune homme.

Mais elle Tinierrompit avec la pétulance qui formait une des particularités de son caractère :

— Mon frère eoiinatt*il Poignetp-d* Acier t

— Oui, mademoiselle.

— Et, fit-elle en arrêtant sur lui un regard scrutateur, mon frère est-il son ami!

— Je n'ai pas eu Tavantage de le voir beaucoup, nais il a bien Todu m'honorer de sa sympathie.

— Où mon frère a-t-ii vu Poignet-d' Acier ?

— Je l'ai vu l'automne dernier au fort Colville. Il n'a beaucoup entretenu de vous, sa Petite-Hirondelle.

— Poignet-d' Acier est bon ; Merellum Taime. Où allail-il?

— Aux établissements.

Mon frère sait-il quand il reviendra ?

— A la saison prochune.

— A la saison prochaine 1 répéta la jeune fille en soupirant.

Et, après une courte pause, elle demanda :

— Qu'a-t-il dit à mon frère de la Petite-Hirondelle?

— Il craignait qu'elle u'eût péri sur le briclL qui appareillait au cap de la Koche-Rouge, ou qu'elle ne ftt tombée au pouvoir de ses ennenis les Nez4^ercés.

— Il n'a rien dit de plus ?

— Poignet-d' Acier aurait voulu pouvoir s*assnref du sort de la Petite-Hirondelle avant de partir; mais ses affaires le rappelaient immédiatement an Canada. Cependant, il avait chargé le Dompteur-de-Buffles d*al- 1er au secours de sa protégée, car je lui appris qu'elle avait échappé hrexplosion... Puis...

Le chasseur hésita.

— Mon frère n*a-t-il pas été prisonnier chez les Arcs-Plats? s'écria MereUum.

— Oui, mademoiselle, j*ai été leur prisonnier. £t, si j'ai bonne mémoire, c'est vous que j'ai rencontrée

• captive des Nez-Percés, sur le bord de la rivière des SaUes-Mouvants.

MereUum rougit et répliqua fMMemeiit :

— C'est moi que mon frère a rencontrée.

— Vous aussi vous avez donc pu briser vos fers ? fit-il avec animation.

Mais la jeune fille ne comprit pas. Il s'aperçut de la gaucherie de sa métaphore, et reprit plus simplement :

— Vous avez réussi à échi^per à vos enueiais î

— Oui, dit-elle, un nègre m'a sauvée. •

— Un nègre?...

— Un nègre qui s'appelle Baptiste.

— Baptiste, mais c'est... mon camarade I Ah ! le brave homme! Texcellent homme! Il vous a sauvée, dites-YOus, madenoiselle ? Mais où est-il ? qne je le remercie, que je l'euibrasse, que...

— Mon frère connaît donc mm\ ce Feau-Noire ?

— Si je le connais ! mais c'est mon serviteur. . . un serviteur que j*ai retrouvé dans le désert.

— Et qu'est-ce qne mon frère est venu faire dans le désert ? interrogea Merellmn.

Cette question décontenança un instant le jeune homme. Il changea de couleur^ tourmenta sa toque quil tenait à la main comme s'il eût parlé à une grande dame du monde civilisé» et demeura cok

La Petite-Hirondelle était aussi indiscrète qu'un enfant, mais aussi hardie qu'une sauvagesse» surtout quand elle avait affaire à une nature pliaate ou peu osée. Du reste, investie, depuis le bas âge, d'un pouvoir absolu sur une tribu nombreuse d*Indien$, elle était impérieuse comme tous ceux qui ont été élevés dans l'exercice du commandement.

' Prenant le sUence- du chasseur pour un manque

d'égards, .elle réitéra sa demande d'un ton sec.

— J'y suis venu, balbufia-t-fl et en baissant les yeux, pour chercher une cousine.

A ces mots, Merellum tressaillit.

— Mon frère est venu chercher une cousine? ditelle d'une voix altérée.

— Oui, une fiUe qu*a laissée le frère de ma mère eu mourant dans la Colombie.

La cousine de mon frère est une face blanche, sans doute?

— Oh I assurément, dilp-îl en souriant.

— Alors, elle n*est pas dans la Colombie ; car, à dix journées de marche de chaque côté du Grand- Fleuve, il n*y a d'autre femme blanche que moil s*écria la Petite-Hirondelle avec un rayonnement d*orgueil indéfinissable.

Et elle se releva fièrement en rejetant de la main sur ses épaules les flots épars de son épaisse chevelure.

Cédant h un accès d'enthoosiasme, le jeune homme s*exclania avec une admiration sincère :

— Oh! qu'elle est belle! mou Dieu, qu'elle est beUel

(a franche vivacité de cette déclaration imprévue causa un frisson de joie à MereUum. Cependant elle dit avec une finesse toute féminine :

— De qui parte donc mon frère ?

— De ma cousine, de vous 1 s'écria impétueusement le chasseur.

— Moil la cousine de n)on frère !

— Oui, vous êtes ma cousine, celle que je cherche ! Elle essaya un geste de dénégation. Mais il 8*écria

vivement :

— Oh I oui, vous êtes ma cousine ; j'en suis sûr.

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car votre père étail Canadien-Français. Il s'appehtt Joseph Decoigne, natif de Lachine, petit village près de Montréal, et ma mère était sa sœnr.

Merellum secoua dubitativement la téte.

— Oh ! reprit-il avec conviction, je suis certain de ce que j'avance. M. Villefranche ou, si vous aimez mieux, le capitaine Poignet-d*Âcier conuait bien votre naissance. C'est lui qui m'a dk qui vous étiez et oii je pourrais vous trouver.

— Mon frère me cherchait donc ?

— Si je vous cherchais ! Mais, depuis plus d'un an, je parcours cet infernal pays en vous réclamant à tout le monde ; et je furèterais encore si le hasard ne vous avait envoyée sur ma route, un soir que, fait captif par

. les Arcs-Plats, j'étais conduit je ne sais où pour être échangé contre quelque Peau-Rouge. Mais la Providence veillait sur nous. A première vue, elle vous révéla à moi, ma chère cousine. Ensuite, elle me fournit un moyen de tourner les talons à mes bourreaux. J'allai me réfugier au fort Colville, où Poigne t-d' Acier venait de s'arrêter. Je lui contai mon histoire, et c'est lui qui me donna la certitude que mes pressentiments ne m'avaient pasabuséen vous voyant. Sij'avai;s eu quelques doutes, mon cœur les dissiperait eii ce moment, et, tenez, pour vous le prouver, laissez-moi vous embrasser comme une vraie Canadienne que vous êtes, ma belle cousine. Sans plus de cérémonie, il jeta les bras autour du

cou de la jeune ûlle et imprima ses joues deux bruyants baisers.

ËUe eût bien essayé de s'en défendre, mais le moyen ! sou chaleureux parcul avait les larmes aux yeux

— Voyons, voulei&-vous vous asseoir un instant, afin que Aous causions ? dit-il après un instant de silence.

Sans 1 cpuiidrc, Mt relluni se plava sur le gazon. U se mit à côté d*eUe, «t lui prenant une main qu'elle abaudoiiiia voloniiers, il diL :

— D'abord, vous saurez, ma cousine, que je m'a])pelle Xavier Cherrier, et que votre mère, ma tante» se nommait Louise. Ainsi donc, avec votre permission, ce nom sera celui que je vous donnerai désormais, car Merellum, ce n est pas frauçais, et la Petite-Hiroudelle, c*est long. . . long ! . . . quoique vous soyez bien le plus gracieux oiseau qui ait jamais gazouillé dans ces abominables régions.

— Mon frère pariera comme U hii plaira 1 dit-elle mélancoliquemeu t .

— Obi mais ne me dites plus mou frère, c'est un titre.. « qui... qui... Je préférerais o^on cousin, si ça vous était égal, et même Xavier tout court.

— Mais que voulioz-vous k votre cousine ? s'eonpùtr elle subitement.

— Ce que je lui voulais. . . ce que je lui voulais ?. . . Oh 1 c'est simple : notre grand-père est mort ea laissaut de la fortune; mon père et u^a mère ne sont plus

dqmis bien des aiiuées. J étais donc seul et sans f^*

rents, là-bas, dans les élablissemcnls,,.

Ed prononçant ces paroles, il avait des pleurs dans la voix; iuvuloulaiiemenLMerellum lui pressa la main»

— Oh ! s'écria-t-il, vous êtes bonne autant que belle, je le sens. Quelque chose meTavait dit. bien fait de quitter les établissements pour venir vous voir^ n'est-ce pas? Dites que j'ai bien fait.

Il la suppUait éloquemment de sou regard humide. Palpitante d*émotion, elle pencha la tête, pendant qu'il portait sa bhmche main à ses lèvres.

Ce fut un momeni de muette extase, troublé seulement par le battement précipké de leurs cœurs.

Deux aboiements, tels, que nea poussèrent jamais les membres de la race canine, interrompirent cruellement ce délicieux téte-à-téte.

Et le nègre Baptiste, courant comme un blaireau sur ses pieds et sur ses mains, vint se rouler aux genoux, du chasseur, en criant avec des transports de joie :

— Massa Xavier ! massa Xavier ! Ben heureux li, ben heureux 1 Et noir à massa Xavier itou 1 et petite demoiselle blanche itou, et tout le monde itou, itou, itou !

11 couronna son verbiage par des cabrioles extravagantes et une kyrielle d'aboiements qui durent mettre en émoi tout le gibiec de la forêt*

— Veux-tu bien te taire» vilain morieaud I s'écria

Xavier, qui ne savait trop s*il devait rire ou se fâcher

de celte burlesque apparition.

Mais Baptiste, fou de joie, n'entendait pas. Il multipliait ses sauts, ses bonds, ses gestes, ses cris avec la fougue d'uu jeune chien qui a retrouvé son maître.

A la fin, le chasseur impatienté se leva pour le frapper.

Merellum le retint par ces mots :

— C'est lui qui m'a sauvé la vie.

— Massa, fit Baptiste â*un ton humble, avoir dit h nègre de quêter après demoiselle blanche. Nègre avoir enlevé elle à Indiens et joué bon tour à eux.

Ouaou ! ouaou«ou«ou-ou ! ouah ! ahh ! ahhh !

— Le brigand ! exclama Xavier en colère. 11 va tout il rheure, par ses hurlements, attirer sur nous une bande de Peaux-Rouges.

— Peaux-Rouges loin, loin ! repartit Baptiste. Eux peur de nègre ! grand* peur de Chien-Flamboyant !

' — Ah i c est vrai, dit le jeune homme, riant de bon cœur; j'oubliais que tu as un artifice merveilleux pour écarter ces bandits. Figurez-vous, ma cousine, que le drôle, qui a servi comme aide-pharmacien chez mon père, a trouvé le moyen de fabriquer du phosphore avec des os calcinés, je crois, et qu^il s'en frotte le corps pour effrayer les Indiens, qui Toiit pris pour une divinité malfaisante.

Merellum ignorait ce que c'est que le phosphore ;

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HMÛs elle ayait tu Baptiste à Toeuvre et connaissait le secret de ces flammes dont il s'entourait afin d'intimider

les sauvages.

— Comment tous étes-vous connus? dit-elle à Cherrier.

— : Il était es<'lave chez mon père, qui avait quitté le Canada pour s'établir pharmacien à la Nouvelle-Orléans.

— Mauvais massa ! ben, hen mauvais ! marmolU le

nègre en hochant h\ léte.

— Certaine nuit, il s'enfuit, continua Xavier; on n en entendit plus parler. Âussi ne fus-je pas médio-* crement surpris de me heurter à mon fugitif un jour que je rôdais dans ces parages. Je lui expliquai le but de mon excursion. 11 promit de m'aider. Lui ayant dépeint votre figure, je continuai lAon chemin ; mais attaqué par les Janktons (1), je fus blessé à la joue. Gn me transporta au fort Colvilleofrje dus passer Thlver...

— Alors il est votre esclave? dit Merellum en réfléchissant.

— • C'est-i-dîre qu'il Ta écé.

— Mais il Fest encore, puisqu'il esten votre pouvoir.

— Non, non, répliqua Xavier en souriant, il est libre maintenant, puisqu'au Canada et sur ces territoires les blancs ne reconnaissent point d^esclaves... Mais

(I) Indiens marandeuTs. Voir te Hwrcme.

r^ir du matin m*d singulièrement aiguisé Tappétit. Si nous allions à la grotte de BapUste^ car je suppose que c'est là que vous restez, uia cousine ?

— Oui, bonne petite demoiselle rester là, s^écria le nègre. Elle avoir été malade, oh! beu malade; mais noir soigner elle, et elle guérir tout à fait. Moi préparer bon déjeuner. Aimer ben iîls à massa, mais pas massa. Oh ! non, pas li en tout.

Ils rentrèrent dans la caverne.

Baptiste servit uu succulent repas de biftecks de tortue, frai d'esturgeon, œufs de canards sauvages et . légumes divers.

Pendant ce repas, les deux jeunes gens achevèrent de faire connaissance. Xavier pro])osa à Merollum de la ramener au Canada et de lui rendre la moitié de la iortune laissée par leur grand-père. La seconde partie de cette proposition intéressait peu la Petite-Hirondelle. Mais depuis lon^lciups elle désirait voir le pays de ses aïeux. C'était même dans ce but qu'elle avait renoncé à commander les Clallomes pour s embarquer à bord du brick de Poignet-d' Acier. Une réflexion l'arrêtait cependant : le capitaine ne serait-il pas de retour dans la Coiouibie avant qu elle lût arrivée au Canada ? Xavier lui assura qu*en se pressant un peu, on le trouverait encore soit à Montréal, soit à Québec.

Toutes les objections étant levées, Merelluui consentit à accompagner le chasseur.

Il fut décidé qu ils âtteadraieiU que la convalescente fût entièrement remise, tît qu'ensuite ils se rendraient au Canada par la route de terre, c'est-à-dire en traversant les Montagnes-Rocheuses oX en longeant, soit en canot, soit à pied, les bords de i'Assimboine, puis de la Saskatcliaouane jusqu'aux Grands-Lacs.

Ces arrangements prie à la satisfaction générale, même de Baptiste , qui devait suivre « la petite demoiselle » aux établissements, Clierricr sortit avec le nègre pour se construire une cabane sur le plateau.

Huit jours ne s étaient pas écoulés queles deux jeunes gens s'aimaient d'un amour pur et passionné.

Pouvait-il en être autrement à la face des grandes choses de la nature qui les entourait !

Xavier apprenait à Louise les nobles doctrines dur christianisme et initiait cette âme jeune et candide aux mystères de la nouvelle société dans laquelle il se proposait de la produire. Elle saisissait ses explications et se les appropriait avec cette pénétration qui est particnUëre aux femmes. L'élève et le maitre étaient enchantés l'un de l'autre, et le moment dii^ départ approchait, lorsqu'une après-midi, tandis que Xavier lui enseignait la lecture au moyen de lettres tracées sur du sable, Baptiste entra brusquement dans la salle souterraine en criant :

— Indiens ! Indiens !

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