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CHAPITRE YIII

LR CAPTIF BLANC

La disparitioD de Lioura uoe fois connue, les trois

Nez-Percés s'étaient remis à sa recherche.

D*abord ils avaient pensé qu'elle s'était un peu éloignée du camp pour ramasser des cônes d'arbre h pain ou arracher des racines de kamassas, espèces de bulbes abondantes sur les bords du rio Columbia et dont les Indiens sont très-friands.

Mais cette supposition ne dura guère.

Renolunc remarqùa sur le sol humide et près de la loge où il avait couché avec son père, Merellum et l'autre sauvage, nommé Cuir-de-Bœuf, de fortes empreintes, mêlées à des impressions plus molles et beaucoup plus petites.

liês premières lui firent présumer cfu*un animfil de r^spèce des daims était veou roder dans le camp, ear Iribinou avait eu soin de nianher sur les talons et la paume des mains ; mais les seotndes révélaient un pied de femme, et le rehroussement dugazou^ sur un espace assez considérable devant la cabane, apprit à Reoolunc une partie de la vérité.

Sa sœur avait été enlevée après une courte lutte.

Des traces de pas, lourdes et profondes, retournant vers Touest, disaient que le ravisseur, quel qu*il fût^ avait emporté sa proie sur son épaule gauche, car ces traces étaient encore plus creuses du côté gauche que du côté droit.

Un Indien ne pouvait se méprendre à de pareils indices.

Qui avait pu commettre ce coup? Pas un ennemi de la tribn, assurément. Il se serait attaqué aux chefs plutôt qu'il Lioura. Los soupçons de Renolunc tombèrent sur Molodun. Ils'inMfcina que son beau-frère avait tué la Nuée-Blanche pour épouser Merellum. Cette conjecture fut toutefois de peu de dnrée^comme la précédente. Si le Henard-Noir était sorti de sa hutte, les marques de cette sortie seraient visibles. Et puis il n'était pas probable qu'il eût songé à se défaire ainsi de sa femme sous les yeux du frère et du père de celles. Non ; d'ailleurs, son étoonenent en ne la trouvant plus près de lui était trop naturel pour être simulé.

On ne poitnit donc faisonnablement raccuser de

celle disparition.

Ces diverses pensées avaient traversé le cerveau de Renolunc avec la rapidité de Téclair. 11 appela TAigle- Gris et leKenard-Noir pour tenir conseil. La délibération les occupa cinq minutes au plus. 11 fiit convenu que les trois chefs se mettraient en quête de Lioura, et que Cuir^e-Bœuf garderait Merellum pendant leur absence.

Ils parfirent aussilAt, en suivant les empreintes qui allaient à Touest. Mais, après un quart d'heure de course, la piste se perdit tout k coup dans un labyrinthe de pas de toute uature et de toute grandeur se dirigeant de cAtë et d'autre.

Le ravisseur avait évidemment voulu dérouter la sagacité des poursuivants.

Ceux-ci décidèrent de se séparer et de prendre chacun une voie pai'ticulière.

Molodun avait accepté avec joie cette résolution proposée par Ueuolunc. Le sort de sa femme Tintéressait médiocrement. 11 n'eût pas été fâché qu'on ne la retrouvât plus. Tous ses désirs, toutes ses aspirations étaient maintenant pour Merellum.

Une fois libre, il se hàla de retourner vers elle et d'éloigner Cuir-de-Boduf sous un prétexte futile.

La Petite-Uiroudelle était plus pale encore que dliabitude. Elle souffrait vivement des blessures que

lui avait faiCès, la veiUe, s4 -cruelle jîyrie. Molodun

la trausporla doucement hors de la hutte, lui délia les mains et pansa ses plaies avee le suc de certaines plantes cueillies sur le rivage du ileuve.

Ces soins ne firent aucune impression sur Tesprit de la jeune fille. Triste et rêveuse, elle laissait son adorateur la servir, sans même daiper lui adresser un mot de remercimcnt. Molodun n*en continua pas moins de lui prodiguer ses attentions avec une sollicitude dont il n*était certes pas coutumier.

La croyant mieux disposée en sa faveur, il commençait à lui renouveler ses déclarations et ses offres de mariage, quand Cuii -de-Bœuf reparut subitement.

— Les Glallomes! lesGlallomesl s*écria«*tHl.

Au nom de la tribu qu'elle commandait, Herelluin tressaillit et leva les yeux.

Dans le lointain, sur le iaite d'un gros cap, on distinguait, à travers les arbres, une bande de guerriers.

A leur vue, la Petite-Hirondelle sentit un rayon d'espérance réchauffer son cœur. Mais cette lueur bienfaisante s'éteignit aussi vite qu'elle brilla.

— Les Glallomes ! répondit Molodun en regardant anxieusement autour de lui.

— Oui, reprit Guir-de-Bcênf, oui, noble sagamo. Us sont tout près d'ici, devant toi. Tu peux les apercevoir.

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— Pousse mon canoi^à l'eau! dit le Aenard-Noir

en saisissant Merelluni dans ses bras et la tcausporlant dan^ rembareation, que Tautre ludien s-empressait de mettre à flot.

Heureusement pour les deux Nes-Pereés, la rivière des Sabies-Mouvants est masquée, à son embouchuie dans la Colombie, par une pointe de granit^ k Fabri de laquelle ils naviguèrent aisémeut, sans que les Clallomes pussent ks découvrir.

Ceux-ci, du reste, opérèrent la capture d*Iribinou et de Lioura au roonienl où les aulres s embarquèrent, et ils étaient trop empressés de ramener leur prise au . village pour chercher à faire de nouveaux prisonniers.

Molodun et Cuir-de-Bœuf ramèrent toute la journée, sans s arrêter autrement que pour mangei: quelques racines de jonc, assez semblables à des oignons par le goût, et qui croissent en grande quantité le long des rives de la Colombie et de ses affluents.

Le temps était beau, pas un nuage au ciel, p«is une vague sur le tleuve, ([ui coulait paisiblement, en folâtrant autour d'une multitude d'iles colorées de mille nuances harmonieuses par les dernières caresses du soleil d'automne. Le paysage était tour à tour joli ou grandiose, égayé par les richesses d'une nature féconde ou accentué par les lignes abruptes d'une côte fortement tourmentée, qui fermait Thorizon à droite ou à gauche comme un impénétrable rideau*

Assise h Tarrière du canot, Merellnm se tint muette tant qu<'. dura le trajet. Aux rares questions que lui adressa Molodun, elle se contenta de répondre par des signes de téte.

Vers le soir, ils firent halte à la dalle (1) du mont Hood, dont le sommet neigenx se dressait superhement à soixante milles de distance, faisant presque face au mont Sainte-Hélèue, situé à peu près aussi loin, sur la rive opposée de la Colombie.

La plage était aride. Le gibier manquait complète^ ment, et les Indiens n'avaient pris terre à cet endroit ' que parce qu'au deli, il était impossible de remonter ie fleuve en canot sur Tespace de cinq à six milles.

I.a dnlle du mont Hood offre une suite de rapides et de cascades qui obligent les voyageurs à faire un portage, c'est-à-dire à aborder, charger le canot sur leurs épaules et à franchir ainsi, par terre, ces dangereux éciieils.

A défaut de venaison, Molodun voulut se procurer du poisson, car ils étaient sans vivres, et Merelium avait à peine touché aux bulbes de jonc qu'il lui avait présentées.

Par bonheur, l'éperlan des Canadiens, nommé eulekon par les Indiens de la Colombie, espèce de pois-

(1) On appcUe dalles les endroits où les cours dVaii se resserrent entre des rives roehcuses fortenifiit «scarpées.

son blanc fort délicat, se montrait par bandes si innombrables à la surface des eaux qu'on eût dit qu'elles roulaient des lamelles d'argent.

Molodun eut promptenienL fabriqué un bo-ro-po^ espèce de harpon, formé d'un morceau de bois long de trois à quati^e pieds, avec un manche en ayant six ou sept. Au premier, courbé en figure de croissant, et fixé par sou milieu au manche, on adapte des dents en corne, silex ou épines, suivant les circonstances, et on a rinstrument dont se servent les riverains de la Colombie pour pécher reulekon.

Il faut vingt minutes au plus à un Indien expérif mente pour façonner un bo-ro-po.

La manière de remployer est si simple que c'est à . , peine si elle demande une explication. On saisit le bo-ro-po k deux mains et on le plante sur les eukl^ons, qui sont transporco> par les dents dont il est garni» Mais la dextérité et la rapii)|té*avec lesqueHesles Nez-« Percés eu font us^tge est vraiment merveilleuse. £n quelques minutes, ils remplissent un canot d'éperlans. Et ce précieux poisson leur est aussi profitable comme combustible que comme aliment, car, une fois sec, il brûle parfaitement, en répandant une clarté brillante^ qui permet d'en taire des torches. On conçoit de quelle importance il est pour le haut du rio Golunobia, au milieu de régions volcaniques presque entièrement dépourvues de bois. ' .

" Molodun D'eut pas de peiue à faire bonne pèche.

On alluma 3u feu, et chacun se mit à manger les poissons demi -Cl us, après les avoir flambés à la flamme pétillante des joncs, seule matière que nos trois personnages eussent alors pour entretenir leur brasier.

Le Renard-Noir couvait de ses regards la Petite- Hirondelle; mais quoiqu'elle répliquât quelquefois aux paroles dont il la poursuivait, elle était toujours résenrée, dédaigneuse, insensible k ses prévenances.

Le soleil s'était couché derrière los falaises. L'azur du firmament se fonçait et se pointillait de constel* lations étiucelantes. Sur la terre, par effluves vaporeuses, descendaient les ombres. Les bruits du jour avaient cessé. L'on n'entendait plus que le sifflement des fusées liquides que le fleuve lançait en lutinant sur ses grèves sablonneuses, et, à de longs intervalles, les notes vibrantes de Toiseau moqueur, ce rossignol du Nouveau*Monde, perl%sur quelque branche d'un magnolia éloigné. Les mouches à feu, allumant leurs nocturnes lanternes, annonçaient que l'heure du repos était venu. Le fojer mourant n'avait plus que des lueurs fugitives et rougeâtres ; Cuir-de-Bœuf dormait profondément, et Merellum acci^oupie à terre, les coudes sur les genoux, le menton dans ses mains, réfléchissait sans doute aux vicissitudes de sa destinée, tandis que le Renard-Noir, placé en face d'elle, la dévisageait avec des yeux embrasés de luxure, en

songeant aux moyens d*asson\ir sa passion , quand, tout à coup, des sons de pas lui firent tourner la téte

dans la direction du mont Hood.

Cuir-de-Bœuf se réveilla aussitôt.

— J*ai entendu marcher, ditr-il.

Molodun posa un doigt sur ses lèvres.

Ils écoutèrent avec attention, en collant Toreille contre le sol.

La Petite-Hirondelle ne disait mot, mais au mouvement de ses paupières, qui se redressèrent, et au rayonnement de son regard qui se tendit du côté de la montagne , il eût été facile de voir qu'elle aussi avait saisi le son et était aux aguets.

— Ce sont des Indiens, murmura Cuir-de-Bœuf au bout d'un instant.

— Mon frère a dit juste, fit Molodun en relevant la téte, ce sont des Indiens; mais...

— Il y en a trois, reprit le premier.

Non, il n*y a pas trois Indiens. L'oreille de mon frère Ta mal informé. 11 y a deux indiens et un Visage- Pâle.

— Je croyais, dit Cuir-de-Bœuf, que c'était une squavv, la femme de Tillustre Molodun, qui revenait avec son frère et. . .

— Ce n'est pas elle, interrompit sèchement le Renard*Noir. II y a Ama Peaux-Rouges et un Visagc-

PMe. Il n*y a que les Visages-Pàies paur appuyer umm 6ur leurs talons en mardiani.

A ces mots, Merellum ne put retenir un iQOuvement de joie.

— Si c'était Poignet-d'Acier! pensait-elle.

Les deux Nez-Percés apprêtaient leurs armes, car le bruit dos arrivants devenait de plu:> en plus disliiicl. Les édats de leurs voix commençaient à être perceptibles.

— Je reconnais ces Indiens. Ils sont nos alliés et

appartiennent à la tribu des Arcs-lMats, dit bieuiot Molodun.

Cuir-de-Bœuf, se tiguraut être agréable au sa^aaio, mit alors la main devant sa bouche et imita le cri du hibou, signe de ralliement chez les Nez-Percés.

Mais il s'en fallut de beaucoup (pie son intention plat au Renard-Noir.

— Pourquoi, dit-il violemment, en frappant son compagnon avec le manche de son couteau, pourquoi mon frère n|)pelle-t-il iei les Arcs-Plats? Qu avonsnous affaire d'eux? Mon frère ne sait-il pas que je voulais être seul avee cette face blanc he? Si Aïolodiin entre*en colère, tout le poids de sa colère retombera sur Cuir-de-Bœuf.

L'insulté ne répondit pas, mais il coida sur son ch<>f uu regard viudicatii plus éloquent qu'iuie menace verbale. Ce cUgriemenl d'yeux ne fut point remarqué p;ir

Molodun ; il n'échappa cependant pas à Merellinn, qui se promit intérieurement de profiter des disposifions de Cuir-de-Bœuf, si une occasion se présentait.

Les inconnus avaient répliqué au cri de ce dernier • par un cri exactement semblable. .

Il n'était plus temps de les éviter. Tout en grommelant contre l'indiscrétion de son subordonne, Muloduu se détermina a faire contre fortune bon cœur.

Puissants par eux-mêmes, les Arcs-I*lats comptaient de nombreux auxiliaires, les Cœurs-d' Alêne, les Pendsd'Oreille , les Serpents , les îndiens-de-Sang et ces terribles Pieds-Noirs, dont la sinistre renommée remplissait tout le pays, h l'ouest comme à l'est des MontagneS'Rocheuses.

Il importait donc à Molodun de ménager les Arcs- Plats, surtout h un moment où il allait avoir besoin de toutes ses forces pour repousser l'invasion des Chinouks et de leurs alliés les Clallomes. -

Ordonnant h Cuir-de-Bœuf de ranimer le feu, il confoctionna une torche avec des eulekons.

Puis il alluma un calumet pour faire accueil aux hôtes que le hasard leur envoyait et s'assit, avec une certaine majesté, les jaujbes croisées sous lui devant le foyer.

Deux Indiens de petite taille, mais musculeux et trappiJs comme les gens accoutumés à la vie des montagnes, ne tardèrent pas h se montrer au détour d'un sentier bastiouné par des rochers inaccessibles, •

Ly Godgle

Ils poussaient devaot eux un blanc en costume de

trappeur, mais dont les .déments en désordre indi* quaient ou une longue course dans des chemins difficiles, ou une lutte acharnée avec des ennemis, ou Tune etTautre.

<-r- Molodun, grand sagamo des Nez-Percés, salue ses fr^res les Arcs-Plats , dit le Renard-Noir aux Peaux-Houges, en présenfant sa pipe au plus Âgé.

Ik étaient couverts de bonnets et de tuniques en peau de grosses-cornes. Sur Tépaule, ils portaient un carquois plein de flèches d^une longueur peu commune et un arc.

Cet arc, en bois de daim et fort développé, avait cela de particulier qu'il était aplati sur le sens de la corde au lieu de Tétre sur celui de la convexité, d*où le nom d*Arcs-Plats, sous lequel les sauvages qui font usage de cette arme sont connus dans le désert américain.

— Le Sauteur-d* Abîmes remerde son frère Moloduu, dont il a entendu vanter la sagesse etThabileté, répondit l^lndien, en acceptant le calumet que lui tendait le chef nez-percé.

Il aspira une seule bouffée, la chassa du c6té du couchant, et rendit ta pipe à Molodun.

Celui-ci, ayant de nouveau aspiré une bouffée^ offrit la pipe à Tautre Arc-Plat, qui dit en la recevant :

— Le Cerf-des-Montagnes est heureux de faire la conDaissance de Molodun, car il a appris à estimer sa

valeur et son intrépidité.

Ensuite il aspira et souffla un nuage de fumée.

présentation était faite.

Les Arcs-Plats s'accroupirent près de Molodun, après avoir attaché le trappeur blanc k une roche.

Ils racontèrent qu'ils avaient pris ce trappeur dans une récente rencontre avec les Visages^Pâles de la Compagnie de la baie d'Hudson, et qu'ils le conduisaient à la rivière Caoulis, pour réchanger aux Sunimaques contre le fils du Sauteur-d* Abîmes.

Ils voyageaient depuis plus de deux fois cinq jours et étaient à court de vivres. En route, ils avaient été contraints de se nourrir de tripe de roche (1) et de chair de pélican^ Encore ces aliments malsains leur manquaient-ils depuis vingt-quatre heures.

Molodun les restaura libéralement avec le produit de sa pèche. Puis il leur conseilla de traverser sur-^lechamp la Colombie, parce que, disait-il, les Clallomes rôdaient dans le voisinage.

Les Arcs-Plats étaient fatigués, et, de plus, alourdis par un copieux repas. Hs auraient préféré se reposer jusqu'au jour et continuer leur voyage le lendemain.

(I) Voir la Huronne,

Ce plan ne souriait pas au Renard-Noir , car il contrariait ses vues sur Herellum. U combattit vigoureuse-^ ment le projet de ses convives.

— Mais, s'écria enfin le Cerf-des-Montagnescennmo objection irrésistible , mais uoui» n'avons pas de canot, et mon frère Molodun sait bien qu'il n'y a pas ici do bois pour eu construire.

— Molodun le sait, reprit tranquillement le chef nez'percé, mais il a un canot à lui ; il le prêtera avec

plaisir à ses Irères les Arcs-Plats.

— Mon frère ne peut se passer de son canot, ajouta le Saiiteur-d'Abimes.

— Non, répliqua le iienard-Noir. Mais mon serviteur ira avec les Arcs*Plats et ramènera le canot.

Et, du doigt, il montra Cuir-de-Bœuf, qui feignait

de s être endormi.

Pendant ce temps, Merellum et le trappeur s'examinaient ciurieusenient et avec plus d'intérêt même que ne comportait la conformité de leurs infortunes.

Ce dernier avait une viu«;taine d'années; il était bien fait et beau. Malgré les ténèbres, malgré la poussière et la boue dont sa figure était maculée, la Petite- Hirondelle le voyait. Quautà lui, debout, vis-à-vis de 4a charmante souveraine des Clallomes, éclairée par les rouges lueurs du léu, il oubliait sa position, ses souffrances, pour admirer ce noble et gracieux visage

auquel la douleur, stoïquement supportée, avait ajouté un attrait de plus.

Le cœur du jeune homme s élança tout de suite vers celui de Merellum , et Merellum ne se détourna pas de ce cœur qui accourait k elle.

Électrisée par l'ardente contemplation du trappeur, elle pencha la téte sur sa poitrine el se prit à ^ rêver.

À quoi pensait-elle donc, la pauvre Petite-Hirondelle, quand un cri d'angoisse vint lui déchirer le sein ?

Frissonnante, elle releva les paupières.

Hélas 1 les deux Arcs-Plats entraînaient brutalement le jeune Visage-Pàle vers le canot de Molodun.

Une minute après, on n entendait plus que le bruit monotone et régulier des pagaies frappant Tonde en cadence.

Merellum restait seule sur le rivage de la Colombie avec le Renard-Moir.

Avait^elle été le jouet d*une hallucination ?

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