‹ Les nièces de MazarinChapitre 4 sur 29 · LAURE MARTINOZZI · texte numérisé non relu

LAURE MARTINOZZI

DUCHESSE BÉGENTE DE MODÈNB.

Le cardinal , en faisant venir de Home le ban et

l'arrière-ban de ses nièces , n'avait pas recnlé devant la perspective de tant de mariages ; il avait, du reste, débuté dans ses alliances avec un succès fait pour rencourager. Le désir de s'attacher à lui devait aller de pair avec raccroissement de sa puissance et de ses richesses.

On vit les poètes de la Fi onde , qui avaient chan*

sonné grossièrement la famille du Mazarin, célébrer à

Tenvi ces liyméiices, chanter :

Les Manrini, les Martinosses, Illustres iiiiiticrcs de noces î

Bientôt ce fut à Laure Martinozzi que leur encens s'adressa : elle était sœur cadette de la princesse de Conti, et il était question pour elle d'un mariage égal à celui de sa soeur : le prince héritier de Modène avait

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m LES KIÈGES DE MAZARIN.

demandé sa main. £Ue avait alors seize ans , et se trouvait un peu plus jeune que sa cousine Olympe. Ce fut un nouveau crève-cœur pour ceile-ci , dont le dépit déjà avait éclaté au mariage du prince de Conti avec l'aînée. Pourquoi cette cadette lui fut-elle encore préférée? Nous n'avons point le secret du prince de Modène. Est-ce la piété de Laure, esirce sa beauté, qui décidèrent du choix? Les Mémoires du temps n'ont pas pris le soin de nous dire si elle était belle et blonde comme sa sœur. Un récit officiel parle de sa bonue grâce; un poëte la qualifie :

Martinozzi, beauté romaine !

Cela veut-il dire simplement qu'elle était de Rome?

ou bien ces mots, beauté romaine, exprimeraient-ils le caractère imposant de sa personne ? Nous voilà livrés aux conjectures ; mais il est présumable que la beauté fut pour peu de chose dans ce mariage : Alphonse de Modène Tépousa sans Tavoir vue; il lui fallait l'appui de la France contre l'Espagne, qui pesait alors de tout son poids sur les petits souverains de l'Italie. Ce fut le prince Eugène de Savoie, le père du grand Eugène, qui épousa pa^* procuration Laure Martinozzi. Le mariage se fit à Gompiègne, aveo autant d'éclat que si Ton eût marié une sœur du roi. La relation de ces fêtes, insérée dans la Gazette officielle, présente, au moment dont nous parlons, un certain aspect de la cour qui n'est pas sans intérêt ' *

* Voy. V Appendice (H).

LAUR£ MAKÏLNOZZI. 125

La jeune mariée reprit avec sa mère le chemin de rilalie ; elle arriva à Modène, et y trouva un époux de vingt et un ans^ à qui cette union valut bientôt d'assez brillanls a\antages. Quelques mois après, le due de Modène , son père , était généralissime des troupes françaises en Italie. C'est ainsi que le cardinal en usait pour ses neveux et leurs proches ; toutes les armées leur revenaient de droit, et le bâton du commandement figurait parmi les apports du mariage. Avec les quatre nièces qui restaient à établir, ce népotisme militaire devait beaucoup inquiéter les vieux généraux. On vit doue eu Italie deux neveux de Son , Éminence figurer dan^ la campagne de 1656 , tandis qu'un troisième commandai l en Catalogne.

il faut dire qu'après tout ces généraux de par l'by* men ne s'en tirèrent pas plus mal que beaucoup d'au- * très, et c est déjà quelque chose. Le duc de Modène sut mener cette affaire à bonne fin. Ayant repoussé au delà du Pô les troupes espagnoles, il joignit le duc de Mercœur, et ils firent de concert le siège de Valence, place importante de l'ennemi ; au bout de trois mois, ils la firent capituler. Le prince de Conti obtenait également d'assez bons résultats en Catalogne.

Ainsi, le cardinal avait à s'applaudir de tous les côtés : il devait d'autant mieux jouir des palmes conquises par ses neveux qu'il avait ses raisons pour s'en attribuer une partie; car, toujours amoureux de son premier métier, il les faisait profiter volontiers de toutes les ressources de sa vieille expérience militaire.

m LES NIÈCES DE MAZARIN.

La princesse de ModèDe n'avait guère eu le temps de s'acclimater en France, où elle avait à peine passé

deux ans; elle dut revoir avec joie l'Italie, qui était encore toute présente à son souvenir. Elle retrouva à Modène son beau ciel, sa langue natale -, sa mère d'ailleurs était près d'elle; rien ne lui manquait enfin pour se faire aisément à ce nouveau séjour. Madame Mariinozzi demeura quelque temps auprès de sa fille; puis elle reprit le chemin de Rome, où elle avait passé sa vie , et où étaient ses LaLiludes et ses relations.

Dans Tannée qui suivit le mariage, le duc François

de Modène fit un voyage en France * , pour visiter Louis XiV et surtout Mazarin. Tous deux lui firent force caresses {incredibili carezze). Le prince relevait à peine d'une terrible blessure entre les épaules qu'il avait reçue au siège de Favie , et qui l'avait mis en , danger de mort. Il passait pour l'un des meilleurs généraux de l'Italie, et avait étudié la guerre sans doute sous le Modénais Montécuculli. C'était, de plus,

* Muratori, Annali d'ilalia.

Bffonsdgiaeiir le duc de Modène A visité cette semaine ,

Avec sa suite et hel rti roî.

Outre Moniii» ur, Ireic du Roi, A qui Ton doit la préséance ,

La plupart des seigneurs de France

Par mainte comédie expresse On a diverU cette Altesse-, Ces jours passés, on lui donna La Rodogune ot le Cinna, Pièces certes les plus parfaites ^ » Que monsieur de Corneille ait laites,

(LoRET, Muze historique, liv. vu.)

LAUB£ MARTPsOZZI. 127

. un administrateur et un adroit politique; mais ses

talents brillèrent sur un trop petit théâtre pour que rhistoire lui ait donné lattention qu'il méritait. Comme les princes de Sayoie et la plupart de ceux qui se trou* vent bloqués entre les grands Etats , il cherchait ses sûretés au|ourd'hui d'un côté, demain d'un autre. On avait vu François de Modèue s'allier aux Espagnols , et y de concert avec eux, attaquer son beau-frère Farnèse , duc de Parme : il avait gagné à ce jeu la principauté de Corregio. Plus tard il jugea le moment propice pour se tourner vers la France ^ y espérant encore quelque profit.

Cet homme aux vastes désirs et d'une activité dévorante s'agitait, plein de malaise : il étouffait dans la prison de ses petits États, 11 allait quêtant de l'espace, s'adressant au plus fort ou au plus habile* C'est ainsi qu'il rechercha l'alliance de Mazarin et se mit de moitié dans sa fortune. 11 était près d'en recueillir les fruits lorsqu'une fièvre remporta au milieu des fatigues d'un siège : son fils Alphonse, époux de Laure, hérita de sa couronne ducale ; mais il ne ressembla point à son père, et Mazarin, avant de traiter de la paix, lui persuada de prêter l'oreille aux propositions de l'Espagne, en lui insinuant qu^il avait chance d'obtenir ainsi de meilleures conditions que s'il attendait la paix géné-. raie : car les grandes puissances , disait-il, préoccupées de leurs intérêts, ne peuvent songer alors.à leurs petits alliés. Alphonse suivit ce conseil, et signa son traité avec l'Espagne , en s*engageant à rester neutre à Tavenir. Mais il ne jouit pas longtemps des douceurs

de la âouveraiDeté : bien jeune encore, il était déjà tourmenté par la goutte, et il en mourut à vingt-huit ans, eu 1G(>2. Laure devint tutrice de sou lilb au berceau. Mazarin était mort Tannée d'avant ; il n'avait pas eu le plaisir de voir sa nièce régente, et de la former par ses leçons ; mais, à son défaut, Louis XIV s'en chargea : la duchesse Laure resta Française , fidèle en cela aux conseils de son oncle, et la V lui prêta constamment appui. C'était d'ailleurs une âme ferme, une femme virile {virile dmna)^ gouvernant son État avec douceur, renommée pour sa justice et sa piété. Sa régence fut paisible, et les événements y sont rares.

Cependant il lui arriva de tirer 1 epée ; ce ne fut pas contre un puissant voisin, mais contre une femme, régente, comme elle, pendant la minorité de son ûls. C'était l'ardeur du sentiment maternel qui les enflammait l'une et l'autre. Il s'agissait de quelques petites îles du Pô, auxquelles Mantoue et Modène prétendaient également; les deux duchesses assemblèrent leurs gens de guerre et leurs canons sur les deux rives du fleuve, prêtes à fondre Tune sur l'autre. Le bon Mu* ratori, qui plaisante peu, dit que le monde était curieux de voir quel grand exploit feraient ces nouvelles amazones \ Mais le gouvernement espagnol prit Ta-

* « Stayano in espetlazioiie In curiosi di veder qualcbe gran fatto dt queste novelie amazoni, quando don Luigi Ponzedi Léon, governator di Milano, a cuî non piaceva si fatta tresca, per sospetto che la ducbessa dî Modena, ricorrendo alla Franda sua protettrice, svegliasse nuove gnene in Lombardia, spedi a Modena il ooate Bor-

LAURE MARTfXOXZT.

larme de ce duel féminin : il craignit que la duchesse Laure n'eût recours à la France sa protectrice^ et que

romeo >* (Muratori, Annali d*Italia, t. xvi, p. 74, édit.

Une gazette du temps» la Muse Dauphine parodie de cette façon plaisante ce cambat féminin :

Deux £stats sont venus aux luauis , Et M odène et Mantoue ont guerre déclarée ; Le sujet en est fort petit.

Et voicy, MoNSEir.NKt n , coinnieiif Ton me l*a dit :

Deux soldais du duc do ^Todène ,

Pr.s( liant proche di» Viad<'iie,

Sur ic i*ù qui baigne les champs,

Les liabitauts, prenant U mouche, Fondirent sur ces deux qui n*étaient pas méchants,

Tu6rciit l'un dans Pescarmoiiche ,

Et luriHTont l'autro en prison;

Modem' , pour lirer raisou

De ce \ilaiii tour tju on lui jouf,

Prend iiar force ou par traliiâoii Deux moulins de basteaux aux Estats de Mantoue , Les conduit h Bersel, massacre leurs meuniers,

Et fait cncor des prisonniers.

Cependant les princes s'ai^îssent

Et ir.ille injures relentissent ;

On se bat , le sauj^ se répand

Et le carnage devient grand.

Viadène use de grenades

Contre les maisons de Bersel ,

Qui font un désordre < ruel ;

Et Bersel pnr des canonnades

Renverse par terre h sou tour Du fort de A iadène une iniiwtante tour.

Depuis , le comte Borromée

A Modène Ait envoyé Excuser rimpromptu de Tune et Vautre armée : Le marrpiis Loiiîiti fut de mesme employé Pour aller à Mantoue accommoder l'aflaire.

Et c'est ce (jui se itourra faire.

Chacun songe pourtant à se mettre en estât , Et demande secours à quelque potentat; Madame de I^iantoue a mis dans Viadène

Sa milice du Moutferrat,

* fJazeite hebdomadaire , en vers, adressée à roon.<(eigaeur le Oauphio par le sieur SuhMsny ; du Jeudi s juto ICM aa Jeudi 7 arrU ilfT'. Paris, BarUn , iC67, t voL fa-il.

lao LES MÈCES DE MAZARIN.

Louis XIV ne proUtàt de l'occasion pour s immiscer dans la querelle. Le vice-roi de. Milan fut chargé d arranger l'affaire au plus lot.

Cette nièce de Mazarin, qui gouverna douze ans TËtat de.Modène, protégée et dirigée par la France ^ n'a obtenu l'attention d aucun de nos historiens. £n toute occasion elle se montra iidèle à la même politique. Quand Louis XIV entreprit l'expédition de Caudie, Laure lui envoya son contingent militaire, qui fut de mille hommes, etelle y ajouta un subside en argent. Mais l'un des épisodes les plus importants de son règne, et où la main de la France se retrouve encore,

fui le mariage de sa iîUe Marie-l^éatrice. Louis \IV se chargea de lui choisir un époux : il jeta les yeux sur elle pour le duc d'York , qui fut le roi Jacques IL Mais le projet rencontra de grands obstacles; la jeune princesse elle-même y opposa un refus- La perspective d'un grand trône ne l' éblouit pas, car elle voulait se faire religieuse , et l'idée d'aller régner sur un peuple protestant ne souriait pas à son ardente piété. Il fallut

Parce que le duc de Modtoe,

Nonobstant les projeta d'aceovd , A sur les borda du P6 fait élever un fort Mais, pour nVn pas mentir, le lini de ces provinces Pourra bien, Grand Daiphin, attendre à s^assoupir, Que le Roy vostre père ait un jour de loisir

Pour être arbitre de leurs princes.

(r*^ semaine, jeudi 3 Juin iùùù.)

Malgré tout le respect que nous portons à Madame de Modène, cette grosse affaire nous remet en mémoire le ehapitre de Rabelais: Comment feut meu entre les fouaciera de Ijomè et ceuse du pays de Gargantua, le grand débat dent (eurent faietes grosses guerres.

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LAURE MARTLNOZZl.

ImCLexible désir du roi de France, Tinterveation même* du Saint-Père, pour vaincre sa résistance; on dut lui i'aire entrevoir ce que TÉglise attendait (F elle. Le mariage enfin fut résolu, et le comte de Péterborough se rendit à Modène, où il épousa Béatrice d'Esté au nom da duc d'York. La jeune princesse se mit en route; sa mère voulut raccompagner jusqu'à Paris, où l'attiraient bien des souvenirs et le désir de voir les enfants de sa sœur Gonti, dont lamori^cente Tavait fort affectée. La souveraine de Modetie et la future reine d'Angleterre trouvèrent à Versailles une réception digne de leur hôte et de la considération dont elles y jouissaient. « Le Roi , dit le journal de la cour, promena dans ses jardins ces deux princesses, qui mon* tèrent seules dans le carrosse de Sa Majesté. Elle leur lit voir une grande partie des jets d'eau et le canal, où Tartillerie du vaisseau qui est dessus fit grand bruit ù leur passage. Monseigneur le Dauphin , i^etouruant de la chasse, les salua dans la salle des festins ; et après une si agréable promenade le Roi les conduisit en un appartement où Sa Majesté avoit fait préparer une superbe collation , à laquelle la Reine se trouva avec* toutes les dames. Elles furent reconduites à Paris dans les mêmes carrosses, à la clarté de quantité de flambeaux de cire blanche, portes par les pages du Roi )» La grande Mademoiselle , qui n'avait pas toujours le regard bienveillant pour la jeunesse et la beauté, fut médiocrement charmée de la duchesse d'York

* Gazette, 10 novembre 1G73.

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m ' Lies MKC£S DË MAZARIN.

« Elle iiie parut, dit-elle, uiu grande créature mélancolique, ni belle, ni laide, fort maigre, assez jaune. J*ai ouï dire qu'elle est à présent fort enjouée et engraissée, et qu'elle est devenue l)elle\ »

De retour à Modène , la régente se disposa à reiiiLtlre à sou fils le pouvoir dont elle était dépositaire (1674). Il n'avait que quatorze ans, et la valeur en lui n'avait pas devancé les années. La virile damcy malgré ses soins, n'avait pu se donner un digne rejeton : une santé débile, des infirmités précoces et une âme tout aussi faible. que le corps, tel était son fils, le duc François II. A peine Laure se fut-elle mise à l'écart qu'il se laissa asservir et gouverner par un frère bâtard, don César d'Esté.

Mécontente de la tournure que prirent les affaires et de l'abandon de sa politique, blessée dans ses affections et sa légitime auibiLiou , elle pensa à se retirer à Rome, auprès de sa mère : les prières de son fils, l'amour de ses anciens sujets n'ébranlèrent pas sa résolution ; elle s'éloigna de Modène, où elle laissa une mémoire aimée. Elle vécut à Rome dans la piété et les bonnes œuvres, occupée de sa lille, qu'elle ne devait plus revoir. Béatrice' devînt reine d'Angleterre, et, dans le commerce de lettres qui s'établit entre elles, la mère fut sans doute la confidente de bien des ennuis. Au bruit du mariage de Béatrice avec l'héritier de la couronne, toute rAngiuterre avait jeté les bauts cris. La chambre des Communes vota une adresse

( Hiem. de Mademoiselle , call. Petitot» t. ixn, p. S69.

LAURE VARmOZ/J. 133

au roi pour qu'il fixât ua jour de jeiuie et prescrivît des prières publiques afin de conjurer les dangers qui menaçaient TÉtat. On vonlnt empêcher que la prmcesse quittât Paris; on demanda (|uau moins le duc d'York fût tenu de se retirer à la campagne et d'y vivre en simple gentilhomme. Nonobstant ces résistances , le prince alla recevoir sa femme à Douvres et la ramena au palais de Saint4ames. Tel était cependant le charme attaché à la personne de Béatrice, à sa jeunesse, à sa candeur, qu'elle finit par triom* pher des fureurs de l'esprit de parti, et « se lit aimei* de toute la cour », nous dit Lingard. Mais ce ne fut pas la politique seule qui lui apporta des amertumes; sa vie intérieure paraît aussi avoir été troublée . Jacques, tout dévot qu'il était, n'avait pas vécii impuiiémeiil à la cour de Charles 11. Moins corrompu que son frère, il avait aussi ses faiblesses, et on sait ce que fut pour lui Anne Churchill, la sœur de Mariborough.

Laure ne vit pas la catastrophe qui précipita du

troue son gendre et sa lUle : la mort lui épargna ccîtte suprême douleur. Détachée, pour son compte, des grandeurs et des illusions de ce monde, elle eût été accablée ])ar la ruiue de cette maison des Stuarts, à qui sa fille venait de donner un rejeton. Elle avait assez à soutïrir de ce qui se passait à Alodène : son fils achevait sa vie, toujours incapable et infirme, ayant pour <5ompagne fidèle la goutte ( la podagra et la ehi^ ragra, sue famigliari compayne). Il lui prit fantaisie de se marier en cet état : il épousa Marguerite Far-

m LES KlilCES DK MAZAR».

nèse, et il mourut deux aus après. La mabou d*£ste s'éteignit avec lui.

Le petit-neveu de Mazarin semble avoir hérité de son amour des arts : il éleva ou fit achever des monuments, enrichit ses musées , fonda la riche bibliothèque d'Esté, Tuniversité de Modène, l'académie de Dissonant!. Bien qu'il eût conservé pour sa mère de grands respects, et qu'il lui fît à Rome de solennelles visites, emmenant avec lui sa cour, elle ne voulut point retourner à Modène et vécut étrangère à toute ambition.

C'est là ce que nous avons recueilli sur cette nièce de Mazarin , si peu connue, qui ne fit que parattre en

Trauce, mais qui demeura française dans ses sentiments et dans la conduite de son petit Etat.

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