PHILIPPE MANCINI
poëte, quitte à se souvenir après qu'il était homme de qualité. C'est ce qui fait que M. Léon de Laborde e'écrie dans son litrre, à propos de ces coups de bâton : « Que ne les dounait-il sans suauet! » La plaisanterie nous paraît forte : pour Racine et son ami, mieux valait encore le sonnet. Il fut même heureux que la vengeance du poète devançât celle du grand seigneur. • Voici, en effet, ce qui arriva. Le grand Condé, qui goûtait liacine et lioiieau plus que Pradon, et qui n'était pas fâché peut-être de faire sentir sa hauteur au neveu de i\lazarin, déclara qu il prendrait pour lui toute injure faite aux deux poètes. Cela donna sans doute à réfléchir au duc de Nevers ; mais il ne renonça pas à rimer encore cette nouvelle édition de son sonnet :
Dans un coin de Paris^ Boileaii^ piteux et blende^ Fut hier biea frotté, quoiqu'il n'en dise rien; Voilà ce qu'a produit son style peu chrétien
Le grand seigneur s'était avancé, et ne voulait pas en avoir le démenti , du moins dans ses vers.
Racine, qui était fort épigrammatique, comme on sait, lança plus d'un trait au duc de Nevers. On lit, parmi ses petites poésies , un sonnet sur la tragédie de Genséric, qui était de madame Deshoulières. Racine se passa encore la fantaisie d'attribuer au duc de Nevers cette pièce malheureuse, car c'est à lui certainement que s'appliquent les vers suivants :
Auteur de qualité.
Vous vous cachez en donnant cet ouvrage* G^est fort bien fait de se cacher ainsi;