AVIS AU LECTEUR XIII
On y vivait pourtant^ on y mangeait^ on y bu- 'ôait^ on y dansait, on y chantait, on avait le théâtre, le café, Part, la vie mondaine, le traiteur, le restaurateur ; on y pensait ; on s'y mariait.
A côté du drame effroyable et sous cette nuée sanglante, dans cette atmosphère fétide, au milieu de cette tyrannie inconnue jusque-là^ il y avait la comédie humaine, la comédie-vaudeville même.
Ces tyrans avaient des petits, des tyranneatix, qui n'étaient pas toujours en fonctions de despotisme actif et légal, qui étaient jeunes, parfois flâneurs, détendus, gourmands, amoureux, bons vivants à côté de la guillotine ; tout cela avec une tournure spéciale de gestes, de jugements et de sentiments, qui constitue le signalement de Vépoque.
Les mémoires dAicibiade Ceyrat nous exhi* beîit un coin de ce tableau .
Ils ne nous donnent pas, comme en un roman, une séné de scènes condensées ou lumineuses, sai- Étssantes par F intensité ou F éclat. Non, c'est le pur bavardage de F homme qui recueille, chaque soir, les plus infimes de ses souvenirs. J'insiste là-des^