SCÈNE 9. LE MARIÉ, LA MARIÉE
Amour, toujours amour :
tu ne sais parler que de ça.
LE MARIÉ
Et toi, tu aimes mieux les baisers, — tu m'aimeras, dis, dis-le moi — ?
LA MARIÉE
Mais je te l'ai dit et redit.
Personne ne me volera plus à toi.
LE MARIÉ
Mon cœur s'élance vers l'amour.
Tu es à moi! Quel bonheur!
Je n'espérais pas tant de joie.
LA MARIEE Tu l'as voulu, tu as la noce.
LE MARIÉ
Te manger de la bouche et des yeux ; te regarder et t'embrasser à la fois, et tes joues qui ne cessent de fleurir.
LA MARIÉE C'est le sang qui me monte à la tête.
LE MARIÉ
Embrasse-moi, encore, encore, que je te couvre de caresses; que je baise tes lèvres, tes yeux, ton front, ta couronne...
En voilà un insatiable.
LE MARIÉ
Jamais, jamais rassasié;
ma }oie éclate, elle déborde;
je voudrais t'embrasser sans fin.
LA MARIÉE
Tu n'en laisseras pas pour demain; je comprends maintenant, je comprends pourquoi tu as ce teint de navet, bouillant comme tu es.
LE MARIÉ
Sans me flatter, sans me vanter,
toutes les femmes étaient à mes trousses.
LA MARIEE Parce que tu le voulais bien.
LE MARE C'est elles qui voulaient.
LA MARIÉE Ah, les vilaines, elles me dégoûtent.
LE MARIÉ
C'est notre école d'amour; j'ai aimé de bien des manières, mais toi, je veux t'aimer à la nôtre, à la polonaise.
A ton gré:
si ça te plaît, moi je veux bien.
LE MARIÉ
Personne ne t'enlèvera plus à moi.
J'ai tant rêvé soleil, blés...
LA MARIÉE Tu as la noce ! — Viens danser !