‹ Les nocesChapitre 16 sur 110 · SCÈNE 15. MARYNA, LE POÈTE · texte numérisé non relu

SCÈNE 15. MARYNA, LE POÈTE

LE POÈTE Vos yeux flambent.

MARYNA J'ai pris chaud en dansant.

LE POÈTE

Et alors vous rêvez d'amour, — que vous importe le cœur d'autrui.

MARYNA Votre cœur peut-être, ?

LE POETE Sauriez-vous donner un coup de fouet ?

MARYNA Comment ça^ — fouetter quelqu'un ?

LE POÈTE Rien que l'air, d'un beau geste crâne.

MARYNA '^ — .'iJO "^'^

Que vous importe le cœur d'autrul"*; — sauriez-vous donner un coup de pied ?

LE POÈTE Frapper quelqu'un — ?

MARYNA

Mais, voyons, — rien que l'air, d'un beau geste large.

' ' LE POÈTE ^* H)/lH:>â

Pourquoi faire ?

MARYNA ,r.rt xî; Mais, pour rien.

LE POÈTE Le mal serait petit.

MARYNA L'effet ejicore moindre.

LE POÈTE Est-ce une énigme ?

MARYNA

Le mot du sphinx,

LE POÈTE

O, Méduse

MARYNA

J'espère que sous cette imnge

vous devinerez un refus modern-style ;

comme moi j'ai deviné sans peine :

une grande vamté perdue

sur les sommets de sa propre gloire.

LE POÈTE

Dieu et Zeus logent au ciel,

et chacun y est chez soi.

De toutes les déesses c'est Psyché la plus tendre. —

De ce qui se passe sur les sommets,

vous connaissez à peine des rumeurs ;

votre œil n'y est point parvenu encore.

MARYNA

Je les distingue à peine ; mon œil n'y est parvenu encore, je ne me suis pas encore hissé aux sommets: l'atmosphère y est si subtile, si orageuse, si embrumée.

Ces badinages de grand style, que tant d'autres ont déjà vécus, des grands, des petits, de très humbles, sont certes exceptionnels, ils sont rares, ils sont nouveaux, mais tout le monde sait faire cela.

LE POETE Je vous çcoute, quelle éloquence — ?

MARYNA Des mots, des mots, des mots, des mots

Des sentiments en train d'éclore ; dommage qu'ils aillent se perdre ^eji;i,3^fain.

MARYNA ' '- '^'^^^ ^rrifuo.

Mais comment donc, mais comment dopc^,,.. Vous pensez que je suis éprise?

LE POÈTE

Je vois que vous n'oubliez pas l'étiquette que tous nous portons collée et épinglée à notre dos.

. -. MARYNA

Dommage qu'ils aillent se perdre en vain, ces sentiments en train d'éclore :

Ah, poète, poète que vous êtes.

LE POÈTE Et bien, la voilà l'étiquette.

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