‹ Les nocesChapitre 89 sur 110 · SCÈNE 18. LES MÊMES, TCHÉPIETZ · texte numérisé non relu

SCÈNE 18. LES MÊMES, TCHÉPIETZ

(en pelisse, une grande faux à la main)

Encore ici, messieurs.

LE MARIÉ

Une faux !

Qu'elle est belle.

TCHÉPIETZ

Oui, le nez en l'air.

LE MARIÉ

En vérité, et bien aiguisée,

comme pour le combat, — mais qu'y a-t-il donc ?

s NOCES 330

TCHEPIETZ

Bien aiguisée, pour s'en servir,

mais vous, messieurs, vous ne savez pas,

à ce que je vois, — ce qui se prépare.

LE POÈTE

Que dit Tchépietz, — est-ce quelque aflFaire avec mon frère ?

TCHÉPIETZ

Mais oui, précisément : l'Affaire.

LE MARIÉ Que c'est curieux —

LE POÈTE

Très curieux.

Ainsi, vous avez soi-disant une affaire qui vous a soudain amené ici — ?

TCHÉPIETZ

Monsieur n'a pas d'yeux, monsieur est aveugle; ce n'est pas vers lui que je venais.

LE POÈTE

Allons, Tchépietz :

mon frère dort, il ne faut pas le réveiller : est-ce donc si important ?

TCHÉPIETZ Important, la faux? je te crois.

LE POETE

S'il en a besoin d'une, pour quelque tableau, — posez-la ici, dans ce coin, — quand il se réveillera...

TCHÉPIETZ

Oui da, vieux frère.

C'est fini, les tableaux ; c'est bon pour les messieurs, les tableaux.

LE MARIÉ Tchépietz a aujourd'hui la mine bien martiale.

TCHÉPIETZ

Seigneuriale et trop décidée, mais oui ; monsieur fera la grimace si je dis que nous ne nous entendons guère et que notre conversation ne rime à rien.

Très exact : nous allons à droite, vous à gauche.

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