ADR
Trancher cette question d’une façon absolue nous semble bien difficile, car nous ne trouvons pas dansles observations de criterium qui puisse faire pencher la balance d’un côté plutôt que d’un autre. Maïs au fond, en mettant bien entendu à part les erreurs de diagnostic qui ont pu se produire, la solution de la question est peut-être plus simple qu’elle ne le paraît au premier abord. Les recherches récentes sur les réactions locales aux toxines ont profondément modifié la conception que l’on avait de l’érythème noueux, et l'on ne considère plus maintenant cette dermopathie comme une entité morbide, mais comme une simple réaction du derme aux poisons toxiniens d'infections diverses, parmi lesquelles il faut peut-être mettre au premier rang la tuberculose. Dans ces conditions, il est permis de penser qu’au cours de la septicémie rhumatismale peuvent se produire des nodosités dermiques relevant d’un mécanisme analogue à celui qui pré- side à la genèse de l’érythème noueux, et qu’au cours du rhumatisme ces deux manifestations sont, sinon absolument identiques, du moins très rapprochées. Les mêmes considéralions peuvents’appliquer aux œdèmes rhumatismaux nodulaires, dont la pathogénie n’a pas encore été nettement élucidée, et qui relèvent probablement de phénomènes très analogues.
Enrésumé, sans qu'on puisse en donner la preuve absolue, on peut admettre que les nodosités cutanées, l’érythème noueux et l’ædème nodulaire survenant au cours du rhumatisme articulaire aigu, sont des phénomènes, sinon absolument semblables, du moins très voisins; qu'ils n’ont d’autres caractères différentiels que ceux qui sont dus à l'intensité de la réaction conjonctive ou à des différences de localisation dans le derme ; et que, par conséquent, il n’y a pas lieu de les séparer d’une façon aussi absolue qu’on le faisait autrefois.