HISTORIQUE
On attribue généralement l'honneur de la découverte des nodosités rhumatismales à Froriee qui, en 1843, dans un travail assez obscur sur les callosités rhumatismales (1), rapporte qu’il aurait observé cette complication 448 fois sur 150 cas derhumatisme ; néanmoins c’est dans la thèse de CHomEL en 1813 que l’on trouve la première mention de tumeurs sous-cutanées apparaissant au cours dela polyarthrite. Le cas qu'il relate appartenait à Lecomte d’Evreux : il s'agissait d’un homme à antécédents nettement rhumatismaux, ayant souffert plusieurs fois d’arthrites disséminées, qui, au cours d’une crise de pleurodynie, présenta une périostite du sternum et du tibia droit, une exostose énorme de la clavicule gauche, et, sur divers points de la tête, des tumeurs sensibles à la pression qui disparurent en quelques jours. Toutes réserves étant faites sur les productions de la clavicule, du tibia et du $Sternum, on peut, croyons-nous, légitimement assimiler les néoformations crâniennes à des nodosités rhumatismales dont elles présentent bien les principaux caractères.
Ces deux publications ne semblent pas avoir attiré l’attention des cliniciens, car ce n’est que bien plus tard, en 1871, que M. Jaccou», dans son Traité de pathologie interne, signale que, dans quelques cas de rhumatisme, il a trouvé des indurations aplaties ou sphériques, siégeant sous la peau, et ressemblant à l’érythème noueux, dont elles se différencient par l'absence de rougeur; il considère du reste ce phénomène comme exceptionnel.
Peu après, en 1875, M. Meyer présente à la Société Médi-
(1) Les faits cilés par Frortep doivent se rapporter probablement à des cas de myosilte ou d'œdème sous-cutané rhumatismal.
cale de Lyon un malade porteur de nodosités sous-cutanées, adhérant aux plans profonds et évoluant avec une certaine lenteur. Il trace du premier coup une description remarquable, à laquelle il y a fort peu à changer, des nodosités rhumatismales auxquelles on a justement attaché son nom.
L'année suivante Besnrer, dans son article « Rhumatisme » du Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, rapporte l'observation de Meyer, oppose nettement les nodosités profondes, décrites par cet auteur, aux nodosités superficielles, décrites par M. Jaccour, et déplore que de nouvelles recherches n’aient point été faites sur ces manifestations rares et curieuses du rhumatisme.
Bientôt vont paraître une série de publications qui mettront les nodosités rhumatismales à l’ordre du jour.
En Allemagne, Rex, en 1876, dans le Manuel des maladies de l'enfance de Grraarpr, étudie, à propos d’une observation personnelle, les nodules sous-cutanés, et en donne une descriplion succincte ; Hénocx en rapporte deux cas sous le nom d’exostoses rhumatismales ; Hirscnprune, en 1881, reprend le cas de Reuw, y joint un cas inédit du même auteur, et deux observations personnelles, dont l’une avec autopsie ; GroRG Mayer, en 1882, en publie deux nouveaux cas et donne des détails histologiques très intéressants.
En Angleterre, les nodosités rhumatismales sont l’objet de recherches multiples; BarLow et Warner présentent au Congrès international de Londres de 1881 l'étude approfondie de vingt-sept cas personnels, dont trois avec autopsie ; et, se basant sur leurs constatations cliniques et leurs examens microscopiques, ils peuvent rédiger un mémoire sur « les nodules sous-cutanés en connexion avec le tissu fibreux chez les enfants rhumatisants ou choréiques », où ils montrent la prédilection de cette affection pour le jeune âge. Peu après Dyce Ducxworrn, ANGEL Money, SrepHEN MACKENZIE, CAVAFY,