‹ Les Nodosités du Rhumatisme Articulaire AiguChapitre 9 sur 43 · ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION

Les nodosités rhumatismales ont une croissance extrèmement rapide, et prennent presque d'emblée les dimensions qu’elles garderont définitivement, cependant, dans quelques cas, elles présentent, du jour au lendemain, des variations considérables de volume, ce que Furcmer attribue à des phénomènes alternatifs de congestion et d’anémie, phénomènes favorisés par la riche vascularisation de ces petites tumeurs. Ces faits sont du reste très rares. En général une fois qu’une nodosité a acquis ses dimensions maxima, et elle le fait très rapidement, elle reste stationnaire, puis, au bout de quinze jours à trois semaines, commence à diminuer de volume et finit par disparaître sans laisser aucune trace. Le plus souvent, en même temps que disparaissent certaines nodosités, il s’en forme d’autres, et cette éventualité peut se manifester sous deux modes : tantôt l’évolution est tout à fait irrégulière, tous les jours ou tous les deux ou trois jours apparaissent une ou plusieurs nodosités tandis que d’autres se résorbent; tantôt l’évolution est pour ainsi ‘dire régulière, une éruption de nouvelles nodosités se faisant de temps en temps, sans que dans les jours intercalaires il y ait apparition de

LA

x ee VUE OS RS Lo

node

nodules isolés. Ces éruptions peuvent coïncider avec une recrudescence des accidents généraux ou des phénomènes articulaires.

Dans l’ensemble il est rare que la durée totale des poussées nodulaires dépasse trois ou quatre mois, chaque nodosité en elle-même ne durant guère que quinze jours à trois semaines. Quoique en général il y ait de nouvelles éruptions nodulaires pendant les récidives ultérieures du rhumatisme, cette règle n’est pas absolueet comporte quelquesexceptions (Obs. XII).

À côté de ces nodosités à durée moyenne, qui sont les plus fréquentes, il nous faut placer trois autres variétés, qui s'en distinguent non seulement par leurs modes évolutifs, mais encore par quelques caractères’ cliniques et par une constitution histologique un peu différente. Ces nodosités peuvent du reste coïncider chez le même sujet avec la variété précédente.

A) Nodosités sous-cutanées à évolution brève (1).

Cette forme, qui est rare à l’état pur, ne nous est connue que par quelques cas (2), dont l’un a fait l’objet d’une étude approfondie de MM. Bar et Nerveu (Obs. XVIID. Ces deux auteurs l’avaient rapproché des nodosités de Féréor, mais nous ne croyons pas que cette opinion puisse se soutenir. En effet, l’apparition de ces nodosités, au cours d’un rhumatisme articulaire aigu compliqué d’endocardite, leur siège nettementsous-cutané, leurs dimensions parfois considérables, leur présence en différents points du corps et non pas exclusivement au front les séparent nettement des nodosités ar-

(4) Nous appliquons à l’évolution de cesnodosités le qualificatif de brève,bien qu’en raison de leur durée excessivement courte le terme d'éphémère leur eût mieux convenu ; c’est afin de ne créer aucune confusion entre elles et les nodosités arthritiques, auxquelles Féréol a déjà donné le nom d'éphémères.

(2) Observations V, XIT, XVII, XIX, XX VI.

PE er + ru UE TA AA RE LP EE . HAUT : ere

thritiques dont nous donnerons tout au long les caractères au chapitre diagnostic. Du reste, on trouve d’autres observalions qui ne laissent aucun doute sur leur existence autonome.

Ces nodosités présentent les caractères suivants. Elles apparaissent brusquement au cours d’un rhumatisme articulaire, et forment dans le tissu cellulaire sous-cutané une tumeur de volume variable : grosses tantôt comme un grain de chénevis, elles peuvent d’autres fois atteindre les dimensions d’une noisette ou d’une amande. Elles sont parfaitement limitées, dures, élastiques, indolores, du moins à une pression modérée; quand on exagère celle-ci, le malade accuse parfois une sensation douloureuse comparée par Bar à celle de l’érythème pernio. En général sans connexions cutanées, elles peuvent parfois adhérer à la peau, mais seulement à la fin de leur évolution ; en tout cas, la peau ne présente que irès rarement des altérations à leur niveau. Leur nombre est excessivement variable, un des malades de Daunic n’a présenté que quatre nodosités pendant toute sa maladie ; un malade de Bar (Obs. XIX) a eu des séries de poussées de nodosités siégeant aux doigts, chaque poussée comportant l’apparition de trois ou quatre nodules; un jour l’éruption fut bien plus abondante, les nodosités atteignirent le nombre de vingt, si bien qu'on pouvait les considérer comme confluentes.

Souvent le patient ne présente pendant toute l’évolution de sa maladie que des nodosités de ce genre ; parfois elles ne constituent pas à elles seules toute l’affection, et coïncident chez le même sujet avec des nodosités à marche plus lente (Obs. V, XII, XX VI). Mevner avait déjà fait cette remarque et, en présentant son malade, disait que certaines nodosités « paraissent et disparaissent avec une grande rapidité ; nous « en avons vu naître sous nos yeux pour ainsi dire du jour

bn à NES

« au lendemain, et nous les avons vues s’éteindre de même ».

C'est justement cette apparition brusque, tellement indolore que souvent elle se fait à l’insu du malade, cette rapidité d'évolution, cette disparition complète en vingt-quatre ou trente-six heures qui constituent les caractères principaux de ces nodosités, et permettent de leur faire une classe à part au milieu des autres nodules sous-cutanés du rhumatisme.

B) Nodosités à évolution durable (1).

Ces nodosités, sur lesquelles l'attention a été attirée par M. Wipa, qui les a signalées le premier et leur a donné leur nom, se caractérisent, contrairement aux précédentes, par leur durée exceptionnellement longue, et parfois indéfinie.

Assez rares, elles ne diffèrent en rien dans leur allure elinique générale des nodosités ordinaires de Meyner; elles ont même aspect, même siège, même consistance, même mobi-

lité, même indolence,ets’observent dans les mêmes conditions :

étiologiques ; on ne peut donc les reconnaître au moment de leur apparition. On n’est renseigné que par leur évolution; ces nodosités, en elfel, ne présentent aucune tendance à la résorption dans les délais habituels, elles persistent alors que tous les accidents rhumatismaux ont disparu depuis longtemps et, quand on examine le malade à ce moment, on serait tenté, si l’on négligeait l’analyse des commémoratifs, de les considérer comme des lésions locales autonomes.

Leur durée, quoique variable, est très longue, et se chiffre par mois ou par années; on en a retrouvé qui persistaien encore avec tous leurs caractères au bout de six mois, de deux ans, de liuit ans; Furcuër en a même observé qui exis-

(4) Observations XX à XXIX inclus.

PH COLE 4 at NS D RE ON à 7

Page 1