‹ Les noels bourguignons de Bernard de La MonnoyeChapitre 22 sur 75 · LES NOELS BOURGUIGNONS. J · texte numérisé non relu

LES NOELS BOURGUIGNONS. J

Nous n’aurions pu leur faire tête ;

Elles nous menaient tambour battant.

Elles frappaient d’estoc et de taille;

Mais Jésus, qui pour nous chamaille , Aujourd’hui tels coups de poing leur donne Qu’elles en ont toutes trois le vertige.

Sans suer derrière les oreilles,

Le Poupon triomphe au maillot.

Fête-Dieu! la délivrance est belle!

Voilà les Anges à tire d’aile Qui courent en conter la nouvelle Par les taudis d’alentour.

Les uns chantent la Perronnelle ,

Et les autres sonnent du cor.

Laboureurs, bergers, pêle-mêle Se remuent d’aise les épaules ;

Désormais qu’il vente, qu’il grêle,

Point de souci , point d’inquiétude.

Tous vont gais dans l’Étable Faire au Tout-Petit leurs présents.

Tel le couvre de sa jaquette,

Tel , pour échauffer la chambrette,

Porte avec lui des allumettes,

Des chenevottes, des char bonnets.

C'était là des présents de rien.

En voici qui furent plus beaux.

fit*

Lé Maige su lo dremedaire Potire ai I’ An fan débonaire •

Or, ançan, myére, po li plaire.

Que de jan tô pô tô je voi ,

Qui , san demandai tan d’aifaire,

Serein contan d’éne dé troi !

SEÜTE DÉ NOEI

De lal Roulôte el dn Tlllô.

NOEI I ‘

su l’ai : Il était une brunette, qui tant belle était

Veci le sain tain, mé fraire,

Que le bon Jésu,

Au monde vin po l’aifaire, . v De note salu,

De note salu , nié fraire,

* De note salu.

Ai veli come nos autre Aivoi le né fai ,

Lé main ansin que lé notre .

Au bou de sé brai , '

Au bou de sé brai , mé fraire, . . .

Au bou de sé brai.

Les Mages sur leurs dromadaires Portèrent à l’Enfant débonnaire Or, encens, myrrhe, pour lui plaire.

Que de gens tout partout je vois,

Qui , sans demander tant d’affaires, Seraient contents d’une des trois '

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