LES NOELS BOURGUIGNONS. J
Nous n’aurions pu leur faire tête ;
Elles nous menaient tambour battant.
Elles frappaient d’estoc et de taille;
Mais Jésus, qui pour nous chamaille , Aujourd’hui tels coups de poing leur donne Qu’elles en ont toutes trois le vertige.
Sans suer derrière les oreilles,
Le Poupon triomphe au maillot.
Fête-Dieu! la délivrance est belle!
Voilà les Anges à tire d’aile Qui courent en conter la nouvelle Par les taudis d’alentour.
Les uns chantent la Perronnelle ,
Et les autres sonnent du cor.
Laboureurs, bergers, pêle-mêle Se remuent d’aise les épaules ;
Désormais qu’il vente, qu’il grêle,
Point de souci , point d’inquiétude.
Tous vont gais dans l’Étable Faire au Tout-Petit leurs présents.
Tel le couvre de sa jaquette,
Tel , pour échauffer la chambrette,
Porte avec lui des allumettes,
Des chenevottes, des char bonnets.
C'était là des présents de rien.
En voici qui furent plus beaux.
fit*
Lé Maige su lo dremedaire Potire ai I’ An fan débonaire •
Or, ançan, myére, po li plaire.
Que de jan tô pô tô je voi ,
Qui , san demandai tan d’aifaire,
Serein contan d’éne dé troi !
SEÜTE DÉ NOEI
De lal Roulôte el dn Tlllô.
NOEI I ‘
su l’ai : Il était une brunette, qui tant belle était
Veci le sain tain, mé fraire,
Que le bon Jésu,
Au monde vin po l’aifaire, . v De note salu,
De note salu , nié fraire,
* De note salu.
Ai veli come nos autre Aivoi le né fai ,
Lé main ansin que lé notre .
Au bou de sé brai , '
Au bou de sé brai , mé fraire, . . .
Au bou de sé brai.
Les Mages sur leurs dromadaires Portèrent à l’Enfant débonnaire Or, encens, myrrhe, pour lui plaire.
Que de gens tout partout je vois,
Qui , sans demander tant d’affaires, Seraient contents d’une des trois '