SUITE DES NOELS
ne la Roulotte et du Tlilot
NOEL I
RPR l’air : Il était une brunette, qui tant belle était.
Voici le saint temps, mes frères,
Que le bon Jésus ,
Au monde vint pour l’affaire De notre salut,
De notre salut, mes frères, . \
De notre salut.
Il voulut, comme nous autres,
Avoir le nez fait ,
Les mains ainsi que les nôtres Au bout de ses bras,
Au bout de ses bras, mes frères,
Au bout de ses bras.
Jr¥M
Ancor qu’ai feusse le moitre De grandi d’aibor,
Ai se contanti de croître Tô lé jor d’ein jor,
Tô lé jor d’ein jor, mé fraire, Tô lé jor d’ein jor.
Bé tô potan le mysteire Sorti du caichô.
Qu’airô sarvi lai lemeire Dezô le tenô ?
Dezô le tenô, mé fraire, Dezô le tenô ?
Vj ■
Anvié po nos instrure,
Ai n’u pa dôze an , Qu’ai quemanci l’ôvature Dan Jérusalan ,
Dan Jérusalan , mé fraire, Dan Jérusalan.
Ç’à lai qu’ai sôteni taize Devan les éspar,
Qui ne montire pa fraize Ai ce jeune clar.
Ai ce jeune clar, mé fraire, Ai ce jeune clar.
Son poire et sa meire fure Éboüi de voi Qu’ai saivô les Écriture
Encore qu’il fût le maître De grandir d’abord ,
Il se contenta de croître
Tous les jours d’un jour,
Tous les jours, d’un jour, mes frères, Tous les jours d’un jour.
Bientôt pourtant le mystère Sortit du cachot.
Qu’aurait servi la lumière Dessous le boisseau?
Dessous le boisseau , mes frères, Dessous le boisseau ?
Envoyé pour nous instruire,
11 n’eut pas douze ans
Qu’il commença l’ouverture
Dans Jérusalem , . a
Dans Jérusalem, mes frères,
Dans Jérusalem.
C’est là qu’il soutint thèse Devant les experts,
Qui ne montèrent pas fraise A ce jeune clerc,
A ce jeune clerc, mes frères, A ce jeune clerc.
Son père et sa mère furent Stupéfaits de voir Qu’il savait les Écritures
LA MONNOÏE
Su le bou du doi ,
Su le bou du doi , mé fraire, Su le bou du doi.
Ma quan de son grant ôvraige Le tam fu venu ,
Son nom, é ville, é villaige, Fi bén autre bru ,
Fi bén autre bru , mé fraire. Fi bén autre bru.
Jan , le premei pote-ansaigne De lai véritai ,
Dizô : « Je ne seù pa daigne De le débôtai,
De le débôtai , mé fraire,
De le débôtai. »
Ai sai pairôle benie Lé van se couzein ,
Lé sor aivein bone oüie,
Lé muô jàzein ,
Lé muô jàzein , mé fraire.
Le muô jàzein .
Lé Diale en l’eà s’an alire Faire le plonjon,
Lé cu-de-jaite marchire Droi come dé jon ,
Droi corne dé jon , mé fraire, Droi corne dé jon.
Sur le bout du doigt,
Sur le bout du doigt, mes frères, Sur le bout du doigt.
Mais quand de son grand ouvrage Le temps fut venu ,
Son nom, aux villes, aux villages, Fit bien autre bruit,
Fit bien autre bruit, mes frères, Fit bien autre bruit.
Jean , le premier porte-enseigne De la vérité,
Disait : « Je ne suis pas digne De le débotter.
De le débotter, mes frères,
De le débotter. »
A sa parole bénie
Les vents se taisaient,
Les sourds avaient bonne ouïe,
Les muets jasaient,
Les muets jasaient, mes frères,
Les muets jasaient.
Les diables dans l’eau s’en allèrent Faire le plongeon ,
Les culs-de-jatte marchèrent Droits comme des joncs, ' Droits comme des joncs, mes frères, Droits comme des joncs.
LÀ MONNOYK.
Tei manquô de lumignaire,
Qui vi le sôlô ;
Lé mor champein lo suaire, Sotan de lo crô,
Sotan de lo crô, mé fraire,
Sotan de lo crô.
Su lai mar, bé que ce feusse Ein tarbe daingé,
Ai chemeni san qu’el eusse Pô de se gaugé,
Pô de se gaugé, mé fraire,
Pô de se gaugé.
Aivô deu simple mouteule,
Cin livre de pain ,
Ai sôli cin mille gueule . Qui meurein de faim ,
Qui meurein de faim , mé fraire.
Qui muerein de faim.
Ein bel androi de sai vie*
Ç’à qu’ai taule, ein jor.
Ai chaingi l’eà dé brechie An vin de Mador,
An vin de "Mador, mé fraire,
An vin de Mador.
Ma le pu gran dé sarvice Serô que Jésu,
Eue bone foi chaingisse
Ai chaingi l’eà dé brechie
An vin de Madnr.
> (Page 138.)
LES NOELS BOURGUIGNONS. t39
Tel manquait de luminaire,
Qui vit le soleil ;
Les morts jetaient leur suaire,
Sortant de leur trou ,
Sortant de leur trou , mes frères,
Sortant de leur trou.
Sur la mer, bien que ce fût Un terrible danger,
Il chemina sans qu’il eût Peur de se mouiller,
Peur de se mouiller, mes frères,
Peur de se mouiller.
Avec deux simples goujons,
Cinq livres de pain ,
Il saoûla cinq mille gueules Qui mouraient de faim,
Qui mouraient de faim , mes frères,
Qui mouraient de faim.
Un bel endroit de sa vie,
C’est qu’à table, un jour,
Il changea l’eau des cruches En vin du Marc-d’or,
En vin du Marc-d’or, mes frères,
En vin du Marc-d’or.
Mais le plus grand des services v Serait que Jésus,
Une bonne fois changeât
No vice an vatu ,
No vice an vatu * mé fraire, No vice an vatu.
Aidon, Dei sai quei fanfare Dan le monde antei 1 Le Cier ansanne et lai tarre Tô dirô : Noei !
Tô dirô : Noei , mé fraire,
Tô dirô: Noei!
NOEI II
8ü l’ab : Toute la nuit je rôde.
Aujodeù, de pu belle, Airain, requemançon No chanson ;
Éne Meire Pucelle Ai tei jor écouchi D’ein Fi ,
Conçu du Saint-Espri.
N’étan que fiancée,
Deijai rôgeô l’Anfan Dan sé flan j Jôzai u lai poussée,
Et, se graitan le frou ,
Aidçn
Velô tiré de Ion.
Nos vices en vertus,
Nos viees en vertus, mes frères, Nos vices en vertus.
Alors Dieu sait quelle fanfare Dans le monde entier !
Le Ciel ensemble et la terre , Tout dirait : Noël !
Tout dirait: Noël, mes frères, Tout dirait : Noël !
NOEL II
sur l’air : Toute la nuit je rôde .
Aujourd’hui, de plus belle, Amis, recommençons Nos chansons ;
Une Mère pucelle A pareil jour accoucha D’un Fils,
Conçu du Saint-Esprit.
N’étant que fiancée,
Déjà remuait l’Enfant Dans ses flancs ;
Joseph eut la poussée,
Et, se grattant le front, Alors
Voulait tirer de long.
ik l
L’Ainge, ansin qu’ai repôse, U soin de li contai Tô le fai ;
Jôzai prin bé lai chôse,
Lai tenan ai faveur,
Honeur,
De lai par du Saigneur.
Quei gloire, je vo prie, N’ét6-ce pa po lu Que Jésu ,
Jésu, le Fru de vie.
Le Varbe, qui d’ein mô Fi tô,
Devinsse son vaulô?
Vêlai de note Moitre Quei fu l’humilitai ,
Lai bontai ;
No, loin de requeùnoitre Sai pone, sé traivau Pono,
Je li timon le do.
Alon-je an séz églize?
Ç’à po Clairon, Quelon , Madelon ;
J'y disons dé sôtise,
J’y côlon le poulô Douçô
An queique carrenô.
L’Auge, pendant qu’il repose, Eut soin de lui conter Tout le fait ;
Joseph prit bien la chose,
La tenant à faveur,
Honneur,
De la part du Seigneur.
Quelle gloire, je vous prie, N'était-ce pas pour lui Que Jésus,
Jésus, le Fruit de vie,
Le Verbe, qui d’un mot Fit tout,
Devint son valet ?
Voilà de notre Maître Quelle fut l’humilité,
La bonté ;
Nous, loin de reconnaître Ses peines, ses travaux Pour nous.
Nous lui tournons le dos.
Allons-nous dans ses églises?
C’est pour Clairon , Jaquelon , Madelon ;
Nous y disons des sottises,
Nous y coulons le poulet Doucet
En quelque petit coin.
Ui
Lai clochôteai lai niésse, É beà faire din-din , Dre-lin-din :
Dé cheiti traîne-caisse.
Come dé pau son lai Plantai ,
San plié lé jarrai.
El airon d&Iai càsse.
Nun n’antre an Pairaidi Tô brandi :
Lai pote an à si basse, Que borgei , vaigneron Baron ,
N’y passe qu’ai genon.
NOEim
SU L'ah : Nicoldt ta voir Jennn*.
J’antan po note rue • Passai lé Menétrei;
A coûté come ai juë Su los hauboi dé Noei :
No, devan lë feù,
Po le meù ,
Chantons-an jeusqu’ai tnéneù.
An déçanbre on trezeule Dé Noei tô lé jor ; ;
J’anlan pu note ru( :
Passai lé menèlrei ..
(Page 144.)
La clochette à la messe A beau faire din-din > Dre-lin-din:
De chétifs traîne-gaine, Comme des pieux sont là Plantés,
Sans plier les jarrets.
Ils auront de la casse.
Nul n’entre en Paradis Tout d’un jet;
La porte en est si basse,
Que bergers , vignerons, Barons,
N’y passent qu’à genoux.
NOEL III
sur l'air : Nicolai va voir Jeanne,
J’entends par notre rue Passer les Ménétriers; Écoutez comme ils jouent Sur leurs hautbois des Noëls :
Nous, devant le feu, Pour le mieux , Chantons-en jusqu’à minuit.
En décembre on carillonne Des Noëls tous les jours ;
Dé chantre fot-an-gueule An antône é carrefor.
No, devan le feù ,
Po le meù ,
Chantons-an jeusqu’ai méneù.
Léborgei , dan lai grainge Voù grulld le Pôpon , Chantire ai sai loüainge Dé Noei de tô lé ton.
No, devan le feù ,
Po le meù ,
Chantons-an jeusqu’ai méneù.
Lé bone jan disire Dé Noei bé dévo ;
Ma quant ai lé chantire,
Ai n’aivein pa lé pié chau.
No, devan le feù ,
Po le meù,
Chantons-an jeusqu’ai méneù
Dan lo froide chambrôte Lé none, an ce sain moi, Faute d’autre émusôte, Chante Noei queique foi.
No, devan le feù ,
Po le meù ,
Chantons-an jeusqu’ai méneù.
Lé prôve laivandeire,
Au son de lo rullô,
Des chantres forts en gueule En entonnent aux carrefours.
Nous, devant le feu,
Pour le mieux , Chantons-en jusqu’à minuit.
Les bergers, dans la grange Où grelottait le Poupon , (Chantèrent à sa louange Des Noëls de tous les tons.
Nous, devant le feu ,
Pour le mieux , Chantons-en j usqu’à minuit .
Les bonnes gens dirent Des Noëls bien dévots ;
Mais quand elles les chantèrent, Elles n’avaient pas les pieds chauds .
Nous, devant le feu ,
Pour le mieux ,
Chantons en jusqu’à minuit.
Dans leur froide chambrette Les nonnes, en ce saint mois, Faute d’autre amusette,
Chantent Noël quelquefois.
Nous, devant le feu ,
Pour le mieux , Chantons-en jusqu’à minuit.
Les pauvres lavandières, *
Au son de leur battoir,
An chante ai lai riveire,
Lai tête au van , lé pie mô.
No, devan le feù ,
Po le meù ,
Chan tons-an jeusqu’ ai méneù:
Qui montre au feù sé cueùsse, Trepille de chantai ;
Qui sôfle dan sé peùce,
N’an di pa Noei si gai.
No, devan le feù ,
Po le meù,
Chantons-an jeusqu’ai méneù.
NOEI IV
so l'ar : La Saint-Marlin, etc.
Vive Noei !
Ç’àténe bone fête:
J’en ai vein métei :
Lucifar et ses écoussei ,
Aujodeù , graice.ai lei ,
Boisse lai crête;
Du bon Dei je devenon lé fraire ;
Po no randre gran , ai s’à randu peti ; Éne fanne contre no I’irriti ,
Éne autre fanne épbise sai côlaire.
Le Fiermaman ,
Fai po l’Humain iignaige,. -
Eue forme contre no Pirrili ,
Eue antre, lanne époise sai côlalrc*.
,+ K , »gi ' * •* *
En chantent à la rivière,
La têteau vent, les pieds mouillés.
Nous , devant le feu ,
Pour le mieux,
Chantons-en jusqu’à minuit.
Qui montre au feu ses cuisses ,
Trépigne de chanter ;
Qui souffle dans ses pouces,
N’en dit pas Noël si gai.
Nous , devant le feu ,
Pour le mieux , j Chantons-en jusqu’à minuit.
NOEL IV
sub l’aib : La Saint-Martin , etc.
Vive Noël !
C’est une bonne fête ;
Nous en avions besoin :
Lucifer et ses acolytes Aujourd’hui, grâce à lui ,
' Baissent la crête ;
Du bon Dieu nous devenons les frères;
Pour nous rendre grands, il s’est rendu petit ; Une femme contre nous l’irrita,
Une autre femme apaise sa colère.
Le Firmament,
Fait pour l’Humain lignage,
Li fu cependan,
Depeù lai sôtise d’Adan ,
Fromai quate mille an Et daivantaige;
Ma dô qu’ai Noei lai poi jurée U remi le Moitre et lé Vaulô d’aicor, Dan le Cier on se prépari d’aibor,
Ai nos y faire éne joyeuse antrée.
On retandi D’haute-lice nôvelle Tô le Pairaidi ;
L’Arcainge Miché vargeti Lé meuble du Logi D’aivô ses aile;
Ein autre épreti dé caquetore,
Dé siège môlai por y bôtre de ran Lés àme de no bon vieu peire-gran Que Jésu vin tiré de lai bandore.
Ai dire vrai ,
Tô cé bon Patriàche,
Sai, Lamai, Jaraï,
Mailaileai, MaithieusalaL Trôvire jeusque lai Dei bé riàche,
Ai se consôlein dan l’espérance,
Me diré queicun ; ma je répon que, si Ai fure ansin tôjor lai san dormi, El ûre, ma foi , belle patiance.
Lui fut cependant,
Depuis la sottise d’Adam,
Fermé quatre mille ans Et davantage ;
Mais dès qu’à Noël la paix jurée Eut remis le Maître et les Valets d’accord, Dans le Ciel on se prépara d’abord A nous y faire une joyeuse entrée.
On retendit De haute-lice nouvelle Tout le Paradis ;
L’Archange Michel vergeta Les meubles du Logis Avec ses ailes ;
Un autre apprêta des caquetoires,
Des sièges mollets pour y mettre par rang Les âmes de nos bons vieux pères-grands Que Jésus vint tirer de la prison [limbes).
A dire vrai.
Tous ces bons Patriarches,
Seth , Lameth , Jared ,
Malaléel , Mathusalem ,
Trouvèrent jusques-là Dieu bien dur.
Ils se consolaient dans l’espérance ,
Me dira quelqu’un ; mais je réponds que, si Us furent ainsi toujours là sans dormir,
Us eurent, ma foi, belle patience.
No, quan lai Mor Vénré graissé no bôte,
Je no feson for D’alai dans lai Céleste Cor,
San raibô ni détor,
Qui nos anrôte ;
Je no détraipon du Préeatoire,
Et quan d’y géitai je coron queique hazar , Le padon de Monsieu sain Felebar No juche an ein vire-main dan lai gloire.
NOEI V
Cee ûuantaige île la Coi île ©raice
so L’iR : Héla* •' hélai : lain/ Nicolas.
Ai mon grai, de tôte lé jonée Lai pu daigne, ç’à Noei ;
Je n’airein ni Pâque san lei ,
Ni Pantecôte dan l’année :
Ç’àt éne onte que Noei n’à Le premei dan l’armana.
Ai tei jor, Jêsu, de son Eglize,
Vin pôsai le fondeman :
Aidieu vo di, Vieu-Testaman ;
■ Retire té cone, Moüise;
G mice ai Noei tôt â cliaingé....
Je U son ben ôbligé.
Nous, quand la Mort Viendra graisser nos bottes,
Nous nous faisons fort D’aller dans la Céleste Cour,
Sans ornières ni détours Qui nous embourbent; ’
Nous nous débarrassons du Purgatoire,
Et quand d’y gîter nous courons quelque chanec , Le pardon de Monsieur saint Philibert Nous juche en un vire-main dans la gloire.
NOEL V
Cfe ûimntagfg île la Cot ôr (a ®ràee
SUR l’aib : Hélas ! hélas saint Nieolas.
A mon gré, de toutes les journées La plus digne, c’est Noël;
Nous n’aurions ni Pâques sans lui,
Ni Pentecôte dans l’année :
C’est une honte que Noël ne soit Le premier dans l’almanach.
À pareil jour, Jésus, de son Église,
Vint poser le fondement :
Adieu vous dis, Vieux-Testament ;
Retire tes cornes, Moïse;
Grâce à Noël tout est changé...
Nous Iqi sommes bien obligés.
L'A, MONNOYE;
Prôve Jui, que tan de loi chargire, Padei ! vos ure bon dô ;
Le linceu dé nôce, ché vo ,
At ein poin qui no fai bé rire ;
Ma, ché no, ç’àt ein poin de foi Que croire vau meù que voi.
Vos ôfrein, po faire Dei bén aise,
Su son autai dés eigneà,
Tantd dé beu, tantô dé véà; '
Ei an coûté, ne vo déplaise :
Por no, san borse délié.
Je dison dé Kyrie.
Eussein-vo dés anfan deu dôzène,
Vo lé mairié tretô ; ’
Diantre I je ne son pa si fô *
Je feson no fille Campéne,
Nos darei garçon Jaicôpin , Codelei, vou Capucin.
Ein goüisô, raice de Dieu maudite, Vo rogne, ein bou de lai peâ ; ♦ Su lé fon, por ein pechô d’eà,
Nos autre Chrétien j’an son quite.
Vaut-i pa meù voi Teà colai,
Que note san rigôlai?
Vo n’aivé su vo taule cagôte Jaimoi ni lar ni boudin ;
Su lé notre, dô lai Tôssain ,
Ai fau voi corne le por trôte.
Pauvres Juifs, que tantde lois chargèrent, Pardieu 1 vous eûtes bon dos ;
Le linceul des noces, chez vous,
Est un point qui nous fait bien rire ; Mais, chez nous, c’est un point de foi Que croire vaut mieux que voir.
Vous offriez, pour faire Dieu bien aise, Sur son autel des agneaux ,
Tantôt des bœufs, tantôt des veaux ; Il en coûtait, ne vous déplaise :
Pour nous, sans bourse délier,
Nous disons des Kyrie.
Eussiez-vous des enfants deux douzaines, Vous les mariiez tous ;
Diantre ! nous ne sommes pas si fous ; Nous faisons nos filles Religieuses , Nos derniers garçons Jacobins, Cordeliers, ou Capucins.
Une serpette, race de Dieu maudite , Vous rogne un bout de la peau :
Sur les fonts, pour un peu d'eau , Nous autres Chrétiens nous en sommes Vaut-il pas mieux voir l’eau couler, Que notre sang rigoler ?
Vous n’avez sur vos tables cagotes Jamais ni lard ni boudin ;
Sur les nôtres, dès la Toussaint,
Il faut voir comme le porc trotte ,
Jambion, côti, saucisson ;
■* Le vin n’an à que pu bon.
Vo n’ôzé faire éprô ni cuséne Tan que dure le Saibai :
No, le Dimainche, ai tor de brai.
Je travaillon po lai bedaine ;
Les hate, le pô, lé trépci ,
Sarve corne é jor ôvrei.
Ç’àt aissé, le mailin, d’oüi messe ; Campo le reste du tam :
Je no bâillon le passe-tara ’ De lai poche, vou de lai chaisse.
De Tarbelaite, vou de l’ar,
Du tripô, vou du billar.
El à vrai que je prenon dé gainche Bé grande, d’auquéne foi :
Vos an écode-t-on d’ein doi, ■
Je velon l’aune tôte frainche ;
Trô r’à trô; de libre, ai lai fin ,
Je devenon libatin.
Si l’Églize àt éne bone meire, Devon-je, an anfan padu,
No vantai que j’aivon randu Sai Loi dé troi quar pu Iigeire ?. .
Gaire qu’ein jor l’Ainge de Dei Ne no trêve bé ligei !
rflbrM*.
Sk
Jambon, côtelettes, saucisson ;
Le vin n’en est que meilleur.
Vous n'osez faire apprêts ni cuisine Tant que dure le Sabat :
Nous, le Dimanche, à tour de bras , Nous travaillons pour la bedaine ; .
Les broches, les pots, les trépieds, Servent comme aux jours ouvriers.
-L’est assez, le matin, d’ouïr messe ; Congé le reste du temps :
Nous nous donnons le passe-temps De la pêche, ou de la chasse ,
De l’arbalète, ou de l'arc ,
Du tripot, ou du billard.
Il est vrai que nous prenons des licences Bien grandes, d’aucunes fois : .
Nous en accorde-t-on d’un doigt , Nous vouions l’aune toute franche ; Trop r’est trop ; de libres, à la fin , Nous devenons libertins.
Si l’Église est une bonne mère ,
Devons-nous, en enfants perdus , Nous vanter d’avoir rendu Sa Loi des trois quarts plus légère?. . .
Gare qu’un jour l’Ange de Dieu No nous trouve bien légers.!
Digitize*
-:ü -A'iffiÊfe . 4 ; . V*
ÉPO LOGIE DÉ NOEI .
i»e lai Aonldlc et du TttlO.
CHANSON
su l'a r : Le Démon malicieux et fin.
Noei vén ; j’aivon criai si for
Qu’ai lai fin le veci de retor.
Mes haïrai s’étande que lai suche Lo pisseré dé preneà, dé maron ;
Le gran poin, ç’à qu’ai feu qu’i m’épluche Po récuré tant6 mon chauderon.
Ai Noei je n’y manque jaimoi.
Celai fai, j’en ai po quate moi,
You po troi, quan pu tô j’aivon Pâque :
An récuron je ne fai pas gran frai;
Deu foi l’an, au Peire Jan vou Jàque,
De mé fredéne y pote le paquai.
Plaît ai Dieu qu’ici po confesseu
Je n’ai von le Peire Le Yasseu !
É genon de sai grosse figure Je poterein no fadeà libreman ;
Ce seroo, ai voi son écarure ,
Ein confesseu bé large, seureman.
Ce n’à pa que j’an ô gran besoin ;
Dei marci! je peiche beàcô moin