I. NOEL NOUVEAU
SCR l'air : D» Joconde.
mm.
Hé bien ! dis donc, monGros-Jeannot, Es-tu toujours si bête, *
De croire que Jésus pour nous N’ait point penché la tête ?
Tu n’as donc point un brin de foi ?
Mon Gros-Jeannot, prends garde !
Je ne répondrais pas de toi :
Le Diable te regarde.
GROS-JEANNOT
Je n’ai jamais compris cela :
Un Dieu mourir sur terre !
Du Ciel faut qu’il soit descendu...
Peux-tu bien le comprendre?
TROUAS.
Je le comprends du premier coup ;
Ce n'est point difficile :
Ne le voyons-nous pas tous Écrit dans l’Évangile ?
GROS-JEANNOT
C’est un papier blanc mâchuré,
Qui dit cela, sans doute ;
Ma jaimoi l'eüille ne lirai Voù l’espri ne voi gôte.
Vrà ! i faurô qu’ai feusse fô,
Qu’ai no cogneusse garre,
Por que Jésu veigne po no Borgé son san su tarre.
TOHA.
— Ma, bé vràman ! ç’à lai raizon
Qui fai belle l’histoire :
Dei, pono, quittai sai moizon î N’à-ce poin méritoire ?
N’à-ce poin faire meù que no , Cœu dur voù tô se jaule?
Ai no prôche an meuran... Janô, Quei bon moitre d’écôle î
GRO-JASO.
— Ç’à celai qui, tô jeusteman,
Ran mai tête ébouïe :
1 eroi le bon Dieu trô saivan Po teile étôderie.
De no, brigan, grelu, pandar,
Tô daigne de lai code,
Lu parre le vizaige et l’ar?..-.
Gran Dei ! misaricode !