‹ Les noels bourguignons de Bernard de La MonnoyeChapitre 28 sur 75 · I. NOEL NOUVEAU · texte numérisé non relu

I. NOEL NOUVEAU

SCR l'air : D» Joconde.

mm.

Hé bien ! dis donc, monGros-Jeannot, Es-tu toujours si bête, *

De croire que Jésus pour nous N’ait point penché la tête ?

Tu n’as donc point un brin de foi ?

Mon Gros-Jeannot, prends garde !

Je ne répondrais pas de toi :

Le Diable te regarde.

GROS-JEANNOT

Je n’ai jamais compris cela :

Un Dieu mourir sur terre !

Du Ciel faut qu’il soit descendu...

Peux-tu bien le comprendre?

TROUAS.

Je le comprends du premier coup ;

Ce n'est point difficile :

Ne le voyons-nous pas tous Écrit dans l’Évangile ?

GROS-JEANNOT

C’est un papier blanc mâchuré,

Qui dit cela, sans doute ;

Ma jaimoi l'eüille ne lirai Voù l’espri ne voi gôte.

Vrà ! i faurô qu’ai feusse fô,

Qu’ai no cogneusse garre,

Por que Jésu veigne po no Borgé son san su tarre.

TOHA.

— Ma, bé vràman ! ç’à lai raizon

Qui fai belle l’histoire :

Dei, pono, quittai sai moizon î N’à-ce poin méritoire ?

N’à-ce poin faire meù que no , Cœu dur voù tô se jaule?

Ai no prôche an meuran... Janô, Quei bon moitre d’écôle î

GRO-JASO.

— Ç’à celai qui, tô jeusteman,

Ran mai tête ébouïe :

1 eroi le bon Dieu trô saivan Po teile étôderie.

De no, brigan, grelu, pandar,

Tô daigne de lai code,

Lu parre le vizaige et l’ar?..-.

Gran Dei ! misaricode !

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