TH ME
Il le voyait bien vraiment ;
Mais il laisse taire aux méchants,
Hélas ! mon Dieu ! pendant un temps.
Leurs volontés ou leurs malices...
Après cela viendra leur supplice.
Au contraire , ceux qui ont souffert Patiemment et sans dépit,
Hélas ! mon Dieu ! en Paradis Auront une grande récompense.
Bien plus grande que leurs souflrances.
Tant il y a que ccs pauvres entants Furent baptisés dans leur sang :
Hélas ! mon Dieu ! ils confessaient.
Sans dire mot et sans connaître,
Notre bon Dieu et notre Maître.
Ainsi ces petits Innocents Sont tous bien heureux maintenant.
Hélas! mon Dieu! pour, un moment.
Avoir p&ti tous ensemble ainsi Pour Jésus-Clirist dans l'innocence !
' BENOIT
Et nous, pour notre salut.
Puisque nous sommes tous méchants.
Hélas ! mon Dieu ! n’est-il pas temps De Faire un peu pénitence,
En prenant tout en patience ?
think. v Que devint le Bon Jésus i
LES NOELS MAÇONNAIS. 255
L’an-t-i tuai, cé malotru ?
Hélo ! mon Di ! se y-ère lù Qu’Hérodc chourchay pre vanjance, Je m’en épante per avance.
BENAY.
V-é vay qu’i l’ussian maussacrai ; (’) Mai i ne puron l’apiai :
Hélo ! mon Di ! le bon Jousai E la Sainte Viarge Marie L’i sauviron ansain la vie !
L’ont-ils tué, ecs malotrus /
Hélas ! mon Dieu ! si c’était lui Qu’Hérode cherchait pour vengeance, Je m’en épouvante par avance.
BENOIT
Il est vrai qu’ils l’eussent massacré ; Mais ils ue purent l’atteindre :
Hélas ! mon Dieu ! le bon Joseph Et la Sainte Vierge Marie Lui sauvèrent tous deux la vie !
THINE
Chante-me don été queman (*)
Y cochiron se ben l’Anlan.
Hélo ! mon Di ! je sù contan Quanj’antan chantai cécompliainle, Tan je me pliai é chouse sainte.
THINE
Chante-moi donc aussi comment Ils cachèrent si bien l’Enfant.
Hélas ! mon Dieu ! je suis content Quand j’entends chanter ces complaintes, Tant je me plais aux choses saintes.
Ye-t-ice le ciiavon.
c’est ici la fin.
FIN DES NOELS MAÇONNAIS
Ha été dit, dans la Notice sur les fs'oëh mâconnaia, que, depuis leur première publication , le dialecte dans lequel ils sont écrits a beaucoup varié, et que même les habitants actuels de la localité ont perdu la signification de certains mots.
En fait de variations, nous en avons donné un échantillon à nos lecteurs, qui peuvent comparer le couplet cité dans la Notice avec le même couplet pris dans le Recueil. Ce dernier est la version originale et authentique ; l’autre renferme les modifications survenues depnis dans la prononciation et l’orthographe.
Quant aux mots dont le sens n’est plus compris, le présent ouvrage en contient trois, que nous avons soulignés dans notre traduction, et fait suivre d’un (?).
Ce sont :
Remali, — Jeu tout & fait inconnu , même parmi les vieillards ;
Gode, — jouet également inconnu à toutes les générations d’aujourd’hui ;
Angorgire, — objet tout aussi inconnu , qu’une personne des plus compétentes croit être un crampon ou petit bâton ferré j mais qui , loin de là, pourrait bien être quelque ornement ou fourrure à Be mettre, l’hiver, autour du cou , de la gorge. — Sans
- parler du genre féminin du mot, le texte dirait-il belle (ou beau ) pour un bâton ferré f Cette épithète désigne bien certainement une chose dont on devait se parer mais quelle
est-elle ?
A part ces trois mots-là , nous croyons les Noë moconnai élucidés ici de la manière la plus minutieusement fidèle.