X NOTICE SUR LA MONNOYE
d'une pif-ce espagnole dans laquelle le dernier vers du texte revient à la fin de chaque stance. (l'est peut-être la meilleure pièce parmi ses traductions. Il a aussi traduit plusieurs chants religieux . et trois autres pièces : l'une sur le vin de Bourgogne, par Bénigne Grenan, bourguignon, professeur d'humanités au collège d'IIarcourt; la seconde sur le vin de Champagne, réponse à la précédente, par Charles Cofiin, Rémois, aussi professeur d'humanités au collège de Dormans; la dernière sur le cidre, que Charles Yhert, poète normand, fit pour défendre la boisson de son pays, que Coflin avait appelée limon de la N eus trie (Neustriaco miser limo). — Je ne crois pas qu'il faille, dans cette liste, oublier ni une notable portion des épigrammes de Martial , dont il a su , en en conservant fidèlement le trait qu'il appliquait à des personnages connus de lui, faire de fines et jolies petites pièces d'actualité, ni une chanson devenue si populaire, que la tradition , en chanteuse non satisfaite, n'a pu s'empêcher d'y ajouter des couplets, malgré le grand nombre qu'elle compte originairement... Il est ici question de la chanson sur le fameux La Palisse. Il a traduit encore un assez grand nombre d'hymnes de Santeuil et autres poètes latins de ses amis. Ces versions, faites avec une intelligence consciencieuse , rendirent très heureux les auteurs des pièces originales, et firent à La Monnoye une espèce de réputation dans cette spécialité; elles n'en seraient pas moins, pour nous, beaucoup trop calmes et dénuées de saveur.
A part ce qui vient d'être cité, les autres poésies del 'auteur sont faibles et parfois incolores; sou travail se ressentait du ton trop facile de ces vers de société, qu'il
était sans doute agréable d'échanger entre soi, mais auxquels la postérité judicieuse n'a jamais rien à voir.