NOTICE SUR LA MONNOYE. XV
d'une forme pieuse, que l'éditeur dont nous suivons parfois le travail, crut pouvoir se dispenser d'insérer dans les Œuvres choisies de La Monnoye ! Ne les comprenait-il pas, ou si c'est par scrupule de conscience ? — Il y aurait toute présomption de pencher pour ce dernier point.
Parmi les anciennes éditions de ces Noëls (la biographie de Michaud n'en compte que seize, mais M. Mignard, auteur de l'Histoire de l'idiome bourguignon, les énumère dans une bibliographie spéciale très bien faite, et les porte à vingt-et-une, y compr is lanôtre, — dont cette réimpression met le chiffre à vingt-deux), une des meilleures, quoique bien fautive encore, est celle qui fut faite à Dijon, en 1720, sous les yeux et par les soins du président Bouhier, ami intime de l'auteur.
Le glossaire bourguignon , que La Monnoye publia à la suite de ses Noëls, et qu'il donna comme étant d'un de ses amis, ne fut qu'un cadre dans lequel il fit entrer une foule de remarques et d'anecdotes curieuses, d'étymologies, de dissertations philologiques et de citations piquantes. C'est un vrai joyau d'érudition, et d'érudition agréable; on peut, en outre, le considérer comme le commentaire des Noëls, et, à ce mot de commentaire, on doit être tranquille, car notre auteur s'y connaissait.
La poésie n'occupait pas seule les loisirs de La Monnoye ; il joignit à cet agréable talent des talents plus durables et plus solides. Sans doute pour réaliser l'utile dulci d'un de ces chers auteurs, il passait de ses vers et de ses anecdotes littéraires à des études sérieuses et profondes. Indépendamment des langues anciennes et vivantes, qu'il avait apprises parfaitement, il savait à fond l'histoire ancienne et moderne. Rien ne lui était étranger en littérature: « Ses connaissances, très nombreuses et très variées, étaient rangées dans sa mémoire