‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 15 sur 92 · XVI NOTICE SUR LA MONNOYE · texte numérisé non relu

XVI NOTICE SUR LA MONNOYE

avec un si bel ordre, qu'interrogé sur quelque sujet que ce fût, il répondant sur-le-champ avec une précision et une netteté si grandes, qu'on auraii pu croire, s'il avail été moins connu, que le sujet dont il parlait était le seul qu'il eût jamais étudié. »

En 1707, La Monnoye céda aux instances de ses amis; il vint s'établir à Paris, où sa réputation l'avait déjà devancé. 11 n'y fut pas plus tôt installé, que nombre d'érudits et de personnes d'un haut mérite vinrent lu visiter, et l'assurèrent qu'il pourrait facilement obtenir une place à l'Académie française, pour peu qu'il voulût tenter quelques démarches. Le modeste savant resta inactif. L'idée qu'il s'était faite du talent et du savoir d'un académicien le rendait si timide, qu'il fut très longtemps sans voir aucun des quarante, de peur qu'on ne le supçonnât {d'avoir la témérité, sans doute) d'aspirer à prendre place parmi eux, Messieurs les candidats d'aujourd'bui n'attendent pas tous d'être aussi savants que La Monnoye pour craindre encore de se mettre sur les rangs.

Le cardinal d'Estrées et l'abbé d'Estrées, son neveu . vainquirent sa résistance. L'abbé Régnier-Desmarais venaii de laisser par sa mort une place vacante à l'Académie ; ils la sollicitèrent pour lui. Ils réunirent en sa faveur l'unanimité des suffrages, et, le 23 décembre 1713, Bernard de La Monnoye fut unanimement élu. — Trente-sept des quarante immortels durent à son élection le privilège de s'asseoir sur des fauteuils; jusque-là le Directeur, le Chancelier et le Secrétaire seuls en avaient. Dans le nombre des autres trente-sept se trouvaient trois cardinaux (M. d'Estrées, de Ruban et de Polignac) qui brûlaient de donner leur \oi\ au candidat bourguignon; mais la raide étiquette ne leur permettait pas de compromettre la dignité du chapeau

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