NOTICE SUR LA MONNOYE. XVII
rouge en se confondant dans la foule sur des sièges ordinaires. Louis XIV, qui avait confirmé avec plaisir l'élection du savant, proclama l'égalité académique....; et depuis on n'a plus dit : Avoir uneplace à l'Académie, mais y avoir un fauteuil.
Il semble que, dans ces moments, rien n'aurait dû troubler la satisfaction de La Monnoye. Mais, ô vide des grandes choses pour les cœurs simples ! le savant applaudi regrettait son indépendance de province ; l'homme choyé avait le mal du pays ; l'académicien de Paris laissait percer le Bourguignon !
Le premier ouvrage que donna La Monnoye après son entrée à l'Académie, fut la nouvelle édition du Ménagiana. Il s'en occupait depuis longtemps. « Il y ajouta tout ce que sa lecture immense, sa critique exacte et approfondie, sa connaissance et son étude particulière des langues, des livres et des auteurs, purent lui fournir d'inconnu, de nouveaux, de rare, de singulier, de curieux, d'original et de piquant dans tous les genres, en sorte que l'ouvrage qui parut au mois de mai 1715, eut quatre vol. in-12, au lieu de deux,» dont Ménage, son premier auteur, l'avait composé.
Il y eut grand succès parmi les savants, et la conséquence inévitable de tout succès ne se fit pas longtemps attendre.
Le faux zèle et l'hypocrisie des ennemis de La Monnoye s'armèrent de nouveau contre lui , comme ils avaient fait autrefois au sujet de ses Noëls bourguignons, et le Ménagiana fut arrêté. L'éditeur, menacé de toutes parts, n'était rassuré ni par sa réputation, ni par le rang qu'il tenait alors dans la littérature, et, sans le crédit du cardinal de Hohan, on ne sait do quelles tracasseries il aurait pu être victime. Le commentateur de