XX NOTICE SUR LA MONNOYE
d'additions à cet ouvrage, lui constitua, pour les obtenir, une pareille pension de six cents livres. — 11 vendit aussi quelques autres de ses ouvrages.
Peu après, la vente de sa bibliothèque vint encore adoucir sa position. Les douces conditions de ce marché lui furent offertes par M. de Saint-Port, avocat général au grand-conseil. Les nombreux livres de La Monnoye étaient chargés de notes curieuses de sa façon. Le gracieux acheteur que nous venons de nommer lui en donna dix mille livres payées comptant, et lui en laissa la jouissance pendant sa vie. C'est là faire le bien en galant homme.
Ces divers adoucissements mirent La Monnoye en état de faire face à l'adverse fortune, et lui rendirent sa première tranquillité. — Les préfaces savantes qu'il mit en tête de quelques éditions d'anciens auteurs qu'on réimprimait alors (1723 et suiv.), prouve que le grand âge, qui avait affaibli considérablement sa vue, n'avait point affaibli ses idées, et que, malgré son infirmité, il fut aussi assidu que jamais au travail. — Ces goûts laborieux lui durèrent jusqu'à sa dernière vieillesse.
Le 20 janvier 1726, un nouveau coup vint le frapper au cœur : il perdit sa femme qu'il chérissait. — On ne peut lire sans un vif intérêt la pièce dans laquelle il a déploré cette perte. Les stances en sont peut-être faibles quant à la forme (l'auteur avait quatre-vingt-cinq ans), mais le sentiment qui les a dictées est délicieux. — Un mois après, l'Académie lui envoya en députation MM. Mongault et Boivin pour le complimenter sur cette mort. Il en remercia ses confrères par une nouvelle pièce de vers.
Ce bon et digne vieillard ne sortait presque plus; mais il enchantait encore chez lui tous ceux qui al