NOTICE SUK LA MONNOYE. XXI
Bayle,qui lui devait beaucoup de communications, rendit un solennel hommage à l'immensité de ses connaissances. — Burman, lui, par exemple, l'appelle infatigable dénicheur de bagatelles (Indefessus nugarum indagatof). C'est dur et injuste. C'est écrire avec une plume bien maussade. — En revanche, les Acta eruditorum, crue Leibnitz dirigeait à Leipzig, lui donnent la qualification de vir omnis elegantiœ, en y ajoutant les deux épithùtes de peritissimus et studiosissimus. — L'abbé D'Oiivet dit, en parlant des Notes de sa traduction des Entretiens de Cicéron : « M. de La Monnoye, dont le nom orneroit toutes mes pages, si je marquois toutes ies fois que j'ai profité de ses lumières. » — L'abbé Joly, éditeur d'une partie des poésies de La Monnoye, se trouva pris de pruderie à l'égard des Noëls; le fond lui déplaisait, mais il vanta la forme : « En quoi, dit-il en en parlant, l'auteurréussit avec tant de succès, qu'il méritèrent par là de grandes louanges, s'il eût pris une toute autre matière pour l'objet de son travail. » Les scrupules ne se commandent pas.
Ces Noëls si fins ont eu des appréciateurs d'opinion bien différente. Nous avons vu un des anciens exemplaires de l'édition du président Bouhier, exemplaire qu'on nous a dit avoir appartenu à des mains savantes, et qui porte sur la page blanche en regard du titre, et en écriture de dimension plus que lisible, cette dédaigneuse exclamation : 0 curas hominum ! Le brusque lecteur venait peut-être de jeter le volume de dépit de ne pouvoir assez bien le comprendre. Un autre exemplaire, celui que nous possédons, et qui provient d'un haut dignitaire ecclésiastique, est revêtu d'une note littéraire qui témoigne du plus vif intérêt de son propriétaire pour l'auteur malin des Noëls. Il termine en donnant tout simplement au recueil la qualification de