SUR UN AIR DE TROMPETTE
Grand Dieu , ribon ribaine, il faut qu'enfin j'éclate, Dussé-je de l'effort en chantant me donner une descente l
Moi , dont la voix n'est faite
Que pour le flageolet,
Je vais sur la trompette Ronfler.
En ce bienheureux jour, si fêté dans le monde, De corner ton saint nom donne-moi le pouvoir;
Fais que la terre et l'onde
En entendent le bruit ,
Pendant que je me débonde Pour lui .
A notre aide aujourd'hui bien à point tu descends ; L'Enfer contre le Ciel avait trop fait l'opiniâtre.
Tai creiche, ton étaule, ïai liteire de foin, Recogne Fotépaule Béloin.
Lé Maige du Levan lo lugnôte braiquire, Et , voyan de tô loin l'étoile s'épaumi ,
D'aibor ai devignire,
San tonai le taimi ,
L'éprôche du Messire Prômi.
Venun dan lai Judée ai n'ure point de cesse « Montré-no, crién-t-i, vote Roi petignô. »
Hérôde, tô de glaice
Quant el oui ce mô,
Pissi dan se gargaisse De pô.
Cepandan , po te meù baillé le tapeçarre, Ai fi quance d'aivoi du respai po to nom :
« I vorô bén éparre
Voù geite le Pôpon , »
Dizô-t-i. Ma, tarare Pon-pon !
Ai cueùdô t'étraipai, fesan , san dire gaiiv, D'un foudri d'ignôcan côpai le garguillô :
Ma, pôfe ! tu t'évaire
An Egypte ai prôpô,
Si bé qu'ai ne pu taire Son cô.
Ta crèche, ton étable, Ta litière de foin
Recognent Forte-Epaule (le diable) Bien loin.
Les Mages du Levant leurs lunettes braquèrent , Et , voyant de tout loin l'étoile s'élargir,
D'abord ils devinèrent ,
Sans tourner le tamis,
L'approche du Messie Promis.
Venus dans la Judée, ils n'eurent point de cesse : <( Montrez-nous, criaient-ils, votre Roi tout petit. »
Hérode, tout de glace
Quand il ouït ce mot ,
Pissa dans sa culotte De peur.
Cependant , pour te mieux donner le coup de grâce, 11 fît semblant d'avoir du respect pour ton nom :
« Je voudrais bien apprendre
Où gîte le Poupon , »
Disait-il. Mais, tarare Pon-pon !
Il croyait t'attraper, faisant , sans dire gare, D'une foule d'innocents couper la gorge :
Mais, pouf ! tu te sauves
En Egypte à propos,
Si bien qu'il ne put faire Son coup.
10 LA MO.NNOYE.
Haila ! venô-tu don por amblai sai corone?
Nainin , tu n'an veu pa ai lai pompe dé roi ; Tu n'anveu qu'ai lai pone, Qu'es épeigne, qu'au foi , Et tu pran po to Trône Lai Croi.
Tu ne vén pa cherché le plaizi , lai bôbance ; Tu vén borgé ton san po laivai no défau.
Etrainge diférance !
J'aivon fai tô le mau ,
Tu fai lai pégni tance Po no.
Ai t'é, po no gairi , bé coûtai dé cambôle ; Du repô que j'aivon té traivau sous le prei ;
Té larme no console :
An mémoire de quei
Ici tô rossignôle Noei !
NOEI II