‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 28 sur 92 · SUR UN AIR DE TROMPETTE · texte numérisé non relu

SUR UN AIR DE TROMPETTE

Grand Dieu , ribon ribaine, il faut qu'enfin j'éclate, Dussé-je de l'effort en chantant me donner une descente l

Moi , dont la voix n'est faite

Que pour le flageolet,

Je vais sur la trompette Ronfler.

En ce bienheureux jour, si fêté dans le monde, De corner ton saint nom donne-moi le pouvoir;

Fais que la terre et l'onde

En entendent le bruit ,

Pendant que je me débonde Pour lui .

A notre aide aujourd'hui bien à point tu descends ; L'Enfer contre le Ciel avait trop fait l'opiniâtre.

Tai creiche, ton étaule, ïai liteire de foin, Recogne Fotépaule Béloin.

Lé Maige du Levan lo lugnôte braiquire, Et , voyan de tô loin l'étoile s'épaumi ,

D'aibor ai devignire,

San tonai le taimi ,

L'éprôche du Messire Prômi.

Venun dan lai Judée ai n'ure point de cesse « Montré-no, crién-t-i, vote Roi petignô. »

Hérôde, tô de glaice

Quant el oui ce mô,

Pissi dan se gargaisse De pô.

Cepandan , po te meù baillé le tapeçarre, Ai fi quance d'aivoi du respai po to nom :

« I vorô bén éparre

Voù geite le Pôpon , »

Dizô-t-i. Ma, tarare Pon-pon !

Ai cueùdô t'étraipai, fesan , san dire gaiiv, D'un foudri d'ignôcan côpai le garguillô :

Ma, pôfe ! tu t'évaire

An Egypte ai prôpô,

Si bé qu'ai ne pu taire Son cô.

Ta crèche, ton étable, Ta litière de foin

Recognent Forte-Epaule (le diable) Bien loin.

Les Mages du Levant leurs lunettes braquèrent , Et , voyant de tout loin l'étoile s'élargir,

D'abord ils devinèrent ,

Sans tourner le tamis,

L'approche du Messie Promis.

Venus dans la Judée, ils n'eurent point de cesse : <( Montrez-nous, criaient-ils, votre Roi tout petit. »

Hérode, tout de glace

Quand il ouït ce mot ,

Pissa dans sa culotte De peur.

Cependant , pour te mieux donner le coup de grâce, 11 fît semblant d'avoir du respect pour ton nom :

« Je voudrais bien apprendre

Où gîte le Poupon , »

Disait-il. Mais, tarare Pon-pon !

Il croyait t'attraper, faisant , sans dire gare, D'une foule d'innocents couper la gorge :

Mais, pouf ! tu te sauves

En Egypte à propos,

Si bien qu'il ne put faire Son coup.

10 LA MO.NNOYE.

Haila ! venô-tu don por amblai sai corone?

Nainin , tu n'an veu pa ai lai pompe dé roi ; Tu n'anveu qu'ai lai pone, Qu'es épeigne, qu'au foi , Et tu pran po to Trône Lai Croi.

Tu ne vén pa cherché le plaizi , lai bôbance ; Tu vén borgé ton san po laivai no défau.

Etrainge diférance !

J'aivon fai tô le mau ,

Tu fai lai pégni tance Po no.

Ai t'é, po no gairi , bé coûtai dé cambôle ; Du repô que j'aivon té traivau sous le prei ;

Té larme no console :

An mémoire de quei

Ici tô rossignôle Noei !

NOEI II

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