RIGODON DE L'OPÉRA DE GALATÉE
Votre bonté, Grand Dieu ! vous fait donc prendre Notre image sur terre Pour nous racheter?
Hélas, moi 1 Nos péchés vous amènent
\t LA MOJVNOYL.
Jeusque su lai Croi ; Vo le saivé , Ce n'a pa po dé preune
Si vo no sauvé.
Meù vaurô, ce me sanne, Que jaimoi le sarpan N'eusse étraipai lai fanne De note peire Adam.
Lai bone aifaire po vote repô, Et po le notre aitô !
J'airein tôjor Vicu dans l'ignôçance, San quezan de feignance , D'haibi , ni d'aitor.
Le vantre plein De figue, de grenade, De melon seucrin , Maulin maulô J'airein su l'harbe vade
Fai le cutimblô.
Vo, su queique nuaige .
Campai po no vaille, Vos airein di , je gaige, No voyan gipaillé :
« An véritai , vêlai de bone j;ni Ai vaille trô d'arjan ! »
Tôt ai rebor E bé tonai lai chance
B'SXWCOrTA/>D.
Vo, su queique nuaige Campai po no vaille,..
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Jusque sur la Croix ; Vous le savez , Ce n'est pas pour des prunes
Si vous nous sauvez.
Mieux vaudrait, ce me semble, Que jamais le serpent N'eût attrapé la femme De notre père Adam.
La bonne affaire pour votre repos .
Et pour le nôtre aussi !
Nous aurions toujours Vécu dans l'innocence, Sans souci de finances , D'habits, ni d'atours.
Le ventre plein De figues , de grenades , De melons sucrins, Pêle-mêle Nous aurions sur l'herbe verte
Fait la culbute.
Vous , sur quelque nuage , Campé pour nous veiller, Vous auriez dit , je gage , Nous voyant folâtrer :
« En vérité, voilà de bonnes gens ; Ils valent trop d'argent ! »
Tout au rebours \ bien tourné la chance
Depeù lai mainigance
Du maudi rambor.
Taille, prôçai ,
Garre, peste, fameigne,
Faguena , goussai ,
Puce, cousin,
Poûille, et d'autre vermeigne
No fon peute fin.
Aussi , dans lé mizeire Vélan vos éprôvai , Vo n'aivé ran de peire Dan le inonde trôvai , Que de vo faire home tô corne no Por aivoi bé dé mau.
Dé le maillô Chargé de nos ôfance, Tôjor dan lé sôfrance
Po dessu le cô, Le chau , le froi , Vo traicasse en viaige,
Vo claucé de soi :
Et le ragou De tô le cairiaige
Ç'à lai forche au bou !
Dan no caiboche fôle, Diron-je que vêlai Le chemin de l'école Que vos aivé prin lai?
Depuis la manigance
Du maudi rambour.
Tailles , procès ,
Guerres, pestes, famines,
Faguenas, goussets,
Puces , cousins ,
Pous , et d'autres vermines
Nous poussent à bout.
Aussi , dans les misères Voulant vous éprouver, Vous n'avez rien de pire Dans le monde trouvé, Que de vous faire homme tout comme nous Pour avoir bien des maux.
Dès le maillot Chargé de nos offenses , Toujours dans les souffrances Par-dessus le cou, Le chaud , le froid , Vous tracassent en voyage, Vous gloussez de soif:
Et le ragoût De tout le remue-ménage
C'est la fourche au bout ! (la croix) Dans nos caboches folles , Dirons-nous que voilà Le chemin de l'école Que vous avez pris là?
Que vo peuvein , san viré tôt autor, No pardonai d'aibor?
Nainin , le meù Ç'à de boissé lai tête; Je saivon que vos été Le Moitre du treù.
J'étein bé mau , Et je n'airein san dote Pu gairi san vo.
Je gairisson....
Fau-t-i qu'on vo chipôtc
Dessu lai faiçon?
Si meuri po lés home Mailaide du goulon Qu'Adam fi de lai pome, Ç'à parre le pu Ion , Vo Io montré meù po lai vote aimer.
Qu'an prenan le pu cor.
NOEI III
su l'ah : Ma mère, maries-moi
Guillô, pran ton tamborin , Toi, pran tai tleùte, Robin Au son de ces instruman , Turelurelu, patapatapan :
Au son de ces instruman , Je diron N<>ei gainian.
Guillc'i. pran ton Lamborin Toi, pran tai Meute. Robin
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Que vous pouviez , sans tourner tout autour, Nous pardonner d'abord ?
Nenni , le mieux C'est de baisser la tête; Nous savons que vous êtes Le Maître du pressoir.
Nous étions bien mal , Et nous n'aurions sans doute Pu guérir sans vous.
Nous guérissons....
Faut-il qu'on vous chipote
Sur la façon?
Si mourir pour les hommes Malades de la bouchée Qu'Adam fit de la pomme, C'est prendre le plus long, Vous leur montrez mieux par là votre amour Qu'en prenant le plus court.
NOËL III
sur l'air : Ma mire, mariez-moi.
Guillot, prends ton tambourin, Toi, prends ta flûte, Robin :
Au son de ces instruments, Turelurelu , patapatapan ; Au son des instruments, Nous dirons Noël gaiement.
C'étô lai mode autrefoi De loué le Roi dé Roi :
Au son de ces instrumaii , Turelurelu, patapatapan; Au son de ces instruman , Ai nos an fau faire autan.
Ce jor le Diale àt ai eu, Randons-an graice ai Jésu :
Au son de ces instruman , Turelurelu, patapatapan ; Au son de ces instruman , Fezon lai nique ai Satan.
L'home et Dei son pu d'aicor Que lai fleùte et le tambor :
Au son de ces instruman , Turelurelu , patapatapan ; Au son de ces instruman , Chanton , danson , sautons-an !
NOEI IV
bu l'ar : Votre jeu fait ici grand bruit.
Dialogue de Simon et de Luca.
SIMON
— Sai tu bé , Luca , mon voisin , Qu'éne copie de Chérubin Tô mointenan vén de me dire Que Dei, de no larme tôché,
C'était la mode autrefois De louer le Roi des Rois :
Au son de ces instruments , Turelurelu , patapatapan ; Au son de ces instruments, Il nous en faut faire autant.
Ce jour le Diable esta cul, Rendons-en grâce à Jésus :
Au son de ces instruments , Turelurelu, patapatapan ; Au son de ces instruments , Faisons la nique à Satan.
L'homme et Dieu sont plus d'accord Que la flûte et le tambour :
Au son de ces instruments, Turelurelu , patapatapan ; Au son de ces instruments, Chantons, dansons, sautons-en !
NOËL IV
sur l'air : Votre jeu fait ici grand bruit.
Dialogue de Simon et de Lucas.
SIMON
— Sais-tu bien , Lucas , mon voisin , Qu'une couple de Chérubins Tout maintenant vient de me dire Que Dieu , de nos larmes touché ,
20 LA MONNOÏE.
No dépôche ici son Messire Aitîn d'éfaici no peiché?
Ai m'on di qu'ai ne venô pa An Rôdômon , an Fiérabra , Armai du fcù de son tonarre .
Don , quant ai le rôle dan Far , Ai fai tramblai lé quate quarre Et le mitan de l'Univar.