‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 31 sur 92 · LUCA · texte numérisé non relu

LUCA

— Ai seré don du moin venun An Roi qui n'a pa du comun , Seùgu d'éne cor dé pu belle , Lu de qui l'on é di çan foi Que se pié fon los escabelle De lai tête dés autre roi?

SIMON

— Nainin , ai n'a pa triomfan.

Ce n'a , dize-t-i , qu'ein Anfan , Frai soti dé tlan de sai Meire , San brizai pote , ni varô , Come au travar d'éne vareire Passe lai datai du solo.

Lia.

— C'àt ein Anfan? me di-tu vrai?

Tan meù ! vêlai tô note fai.

Tu sai bé , quant ein anfan crie , Que por an epoué lé cri ,

Nous dépêche ici son Messie Afin d'effacer nos péchés?

Ils m'ont dit qu'il ne venait pas En Rodomont , en Fier-à-bras , Armé du feu de son tonnerre , Dont, quand il le roule dans l'air, 11 fait trembler les quatre coins Et le milieu de l'Univers.

LUCAS

— Il sera donc du moins venu En Roi qui n'est pas du commun , Suivi d'une cour des plus belles , Lui de qui l'on a dit cent fois Que ses pieds font leur escabelle De la tête des autres rois?

SIMON

— Nenni , il n'est pas triomphant.

Ce n'est, disent-ils, qu'un Enfant Frais sorti des flancs de sa Mère, Sans briser porte , ni verroux , Comme au travers d'une fenêtre Passe la clarté du soleil.

LUCAS

— C'est un Enfant? me dis-tu vrai?

Tant mieux! voilà tout notre fait.

Tu sais bien, quand un enfant crie , Que pour en apaiser les cris,

'2t LA MUNNOYE.

Ai ne tau qu'énc chatterie,

Vou qu'un sublô , vou qu'un trebi.

SIMON

— Tu veu dire que je feron Du Peti ce que je voron.

Je n'aivon qu'ai parre coraige :

J'airon por ein Alélûa Le Pairaidi et son fignaige ; N'à-ce pa bon marché, Lucà?

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