‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 34 sur 92 · LES NOELS BOURGUIGNONS. 4.H · texte numérisé non relu

LES NOELS BOURGUIGNONS. 4.H

Vous laissez l'or et le brocart , Les pompes , les grands airs Aux milords , aux richards ; Vous leur laissez les délices, Les jeux , les ris , les ébats ; Mais vous leur laissez leurs vices , Leur lâcheté , Toute leur malice, Leurs iniquités.

Ces vauriens , ces porte-guignon , De truffes , de pignons , S'échauffent le rognon.

Du sang du peuple ils s'engraissent ; Pour eux coulent les bons vins ; Ils sont toujours à la chasse Sur le voisin , Et dans leur mollesse Pourrissent à la fin.

Embrenés de mille défauts , Traîtres , gloutons , ribauds , Faiseurs de contrats faux , Je les plains bien davantage Que vous , qui tremblez de froid , Qui souffrez de bon courage La faim, la soif, Qui , chargé d'outrages, Mourez sur la Croix.

Vous avez de l'homme, il est vrai,

Le vizaige , lé trai , Lé pié, lé main, lé biai.

Conie lu, pousseire et cane .

Vo tôssé , mouché , craiché ; Vote cœu si bon , si tarre , Po lu toché, An é velu paire Tô, hor le peiché.

Toi, eheti rejeton d'Adam, Mire-toi, j'y consan, Dan té pleume de pan ; Rouge , vade, jaune , et bleur , Elle sanne ein arcancié :

A\i sôlô tu fai lai reuë ; Ma , quei pidié !

Quan tu voi tai queue Dobliai té pié !

Ai IVoëi tu fai ton bonjor, Ma rom-tu san retor Aivô té foie aimor ?

Xainin, lai char a côqueigne.

Tu ressanne ce caïman Que no Lochevin cotetëïgne Troi jor duran , Et peu qui revcigne Pu for que devan.

Le visage , les traits , Les pieds , les mains , les bras.

Comme lui , poussière et cendre , Vous toussez , mouchez , crachez ; Votre cœur si bon , si tendre , Pour lui touché , En a voulu prendre Tout , hors le péché.

Toi , chétif rejeton d'Adam , Mire-toi , j'y consens, Dans ta plume de paon ; Rouge, verte, jaune, et bleue , Elle semble un arc-en-ciel :

Au soleil tu fais la roue , Mais, quelle pitié!

Quand tu vois ta queue D'oublier tes pieds !

A Noél tu fais ton bonjour, Mais romps-tu sans retour Avec tes folles amours?

Nenni : la chair est coquine.

Tu ressembles à ces gueux Que nos Lèche-vins contiennent (èchemns) Trois jours durant , Et puis qui reviennent Plus forts que devant.

AS LA MOïfNOYE.

NOEI IX

su l'ar du vieh.uu : Je suis la plus contente, elc.

Le curé de Pleumeire Dizô, lai fleùte en main :

« Chanton , borgei , borgeire , J'airon Noei demain :

Rôbeîgne ,

Lubeigne ,

Bereigne,

Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !

« Jésu vén , camarade y Jésu de Nazarai ; Faite po lu gambade , Pendan que je dirai :

Rôbeigne ,

Lubeigne ,

Bereigne ,

Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !

« Si dan sai creiche ai crie .

Mau-vetu , mau-bué , Veci mai chailemie , Je n'airain qu'ai jué :

Rôbeigne ,

Lubeigne,

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Le curé de Pleuineire Dizô, Irfi lleûte an main Va'ï 18.

NOËL IX

sur l'air du vielleur : Je suis la plus contente, etc.

Le Curé de Plombière Disait , la flûte en main :

« Chantons , bergers , bergères , Nous aurons Noël demain :

Robine ,

Lubine ,

Bénigne ,

Léger, Chantons tous : Noël , Noël !

« Jésus vient, camarades, Jésus de Nazareth ; Faites pour lui gambades , Pendant que je dirai :

Robine ,

Lubine ,

Bénigne,

Léger, Chantons tous : Noël , Noël !

« Si dans sa crèche il crie , Mal vêtu , mal blanchi , Voici ma flûte champêtre , Je n'aurai qu'à jouer :

Robine,

Lubine ,

Bereigne , Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !

« San failli d'eue note , Tante su le basson , Tantô su lai muzôte Je mettrai lai chanson :

Rôbeigne ,

Lubeigne ,

Bereigne ,

Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !

« Je subie ein marie an caige Po réjoui l'Anfan , Qui dan troi jor, je gaige , Dire tô fuamman :

Rôbeigne ,

Lubeigne ,

Bereigne ,

Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !

« Je n'ai gade d'épaire Ai dire ai mes ozeà Dé pairôle de quàrre Maiqucreà, coupau; ma:

Rôbeigne ,

Lubeigne,

Bereigne ,

Bénigne , Léger, Chantons tous : Noël , Noël !

« Sans faillir d'une note , Tantôt sur le basson , Tantôt sur la musette Je mettrai la chanson :

Robine ,

Lubine ,

Bénigne ,

Léger, Chantons tous : Noël , Noël !

« Je siffle un merle en cage Pour réjouir l'enfant Qui , dans trois jours , je gage, Dira tout couramment :

Robine ,

Lubine,

Bénigne,

Léger, Chantons tous : Noël , Noël !

« Je n'ai garde d'apprendre A dire à mes oiseaux Des paroles de travers, Maquereau, coucou; mais :

Robine ,

Lubine,

Bénigne,

Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !

« Je veu qu'an mon églize , Depeù lai Sain-Matin Jeusqu'ai Noei , l'on dize Por antienne au lutrin :

Rôbeigne ,

Lubeigne ,

Bereigne ,

Ligei , Chanton tô : Noei , Noei ! »

NOEI X

BU l'ar : Quand le péril est agréable.

Sôverain Moitre du tonarre, Grand Dei ! que vos ain fai d'un mô Le Cier, lai Leùgne, le Sôlô, L'œuvre san dote à rare.

Que vos ain , de mâle et femelle, Peuplai Par, lai tarre, lai mar, An si jor bâti l'Univar, L'euvresan dote à belle.

Ma po rebôtre l'home an gloire, Que vo-moimevos ain velu Vo faire home tô corne lu , C'a lx-ii éne autre histoire

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