LES NOELS BOURGUIGNONS. 4.H
Vous laissez l'or et le brocart , Les pompes , les grands airs Aux milords , aux richards ; Vous leur laissez les délices, Les jeux , les ris , les ébats ; Mais vous leur laissez leurs vices , Leur lâcheté , Toute leur malice, Leurs iniquités.
Ces vauriens , ces porte-guignon , De truffes , de pignons , S'échauffent le rognon.
Du sang du peuple ils s'engraissent ; Pour eux coulent les bons vins ; Ils sont toujours à la chasse Sur le voisin , Et dans leur mollesse Pourrissent à la fin.
Embrenés de mille défauts , Traîtres , gloutons , ribauds , Faiseurs de contrats faux , Je les plains bien davantage Que vous , qui tremblez de froid , Qui souffrez de bon courage La faim, la soif, Qui , chargé d'outrages, Mourez sur la Croix.
Vous avez de l'homme, il est vrai,
Le vizaige , lé trai , Lé pié, lé main, lé biai.
Conie lu, pousseire et cane .
Vo tôssé , mouché , craiché ; Vote cœu si bon , si tarre , Po lu toché, An é velu paire Tô, hor le peiché.
Toi, eheti rejeton d'Adam, Mire-toi, j'y consan, Dan té pleume de pan ; Rouge , vade, jaune , et bleur , Elle sanne ein arcancié :
A\i sôlô tu fai lai reuë ; Ma , quei pidié !
Quan tu voi tai queue Dobliai té pié !
Ai IVoëi tu fai ton bonjor, Ma rom-tu san retor Aivô té foie aimor ?
Xainin, lai char a côqueigne.
Tu ressanne ce caïman Que no Lochevin cotetëïgne Troi jor duran , Et peu qui revcigne Pu for que devan.
Le visage , les traits , Les pieds , les mains , les bras.
Comme lui , poussière et cendre , Vous toussez , mouchez , crachez ; Votre cœur si bon , si tendre , Pour lui touché , En a voulu prendre Tout , hors le péché.
Toi , chétif rejeton d'Adam , Mire-toi , j'y consens, Dans ta plume de paon ; Rouge, verte, jaune, et bleue , Elle semble un arc-en-ciel :
Au soleil tu fais la roue , Mais, quelle pitié!
Quand tu vois ta queue D'oublier tes pieds !
A Noél tu fais ton bonjour, Mais romps-tu sans retour Avec tes folles amours?
Nenni : la chair est coquine.
Tu ressembles à ces gueux Que nos Lèche-vins contiennent (èchemns) Trois jours durant , Et puis qui reviennent Plus forts que devant.
AS LA MOïfNOYE.
NOEI IX
su l'ar du vieh.uu : Je suis la plus contente, elc.
Le curé de Pleumeire Dizô, lai fleùte en main :
« Chanton , borgei , borgeire , J'airon Noei demain :
Rôbeîgne ,
Lubeigne ,
Bereigne,
Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !
« Jésu vén , camarade y Jésu de Nazarai ; Faite po lu gambade , Pendan que je dirai :
Rôbeigne ,
Lubeigne ,
Bereigne ,
Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !
« Si dan sai creiche ai crie .
Mau-vetu , mau-bué , Veci mai chailemie , Je n'airain qu'ai jué :
Rôbeigne ,
Lubeigne,
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Le curé de Pleuineire Dizô, Irfi lleûte an main Va'ï 18.
NOËL IX
sur l'air du vielleur : Je suis la plus contente, etc.
Le Curé de Plombière Disait , la flûte en main :
« Chantons , bergers , bergères , Nous aurons Noël demain :
Robine ,
Lubine ,
Bénigne ,
Léger, Chantons tous : Noël , Noël !
« Jésus vient, camarades, Jésus de Nazareth ; Faites pour lui gambades , Pendant que je dirai :
Robine ,
Lubine ,
Bénigne,
Léger, Chantons tous : Noël , Noël !
« Si dans sa crèche il crie , Mal vêtu , mal blanchi , Voici ma flûte champêtre , Je n'aurai qu'à jouer :
Robine,
Lubine ,
Bereigne , Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !
« San failli d'eue note , Tante su le basson , Tantô su lai muzôte Je mettrai lai chanson :
Rôbeigne ,
Lubeigne ,
Bereigne ,
Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !
« Je subie ein marie an caige Po réjoui l'Anfan , Qui dan troi jor, je gaige , Dire tô fuamman :
Rôbeigne ,
Lubeigne ,
Bereigne ,
Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !
« Je n'ai gade d'épaire Ai dire ai mes ozeà Dé pairôle de quàrre Maiqucreà, coupau; ma:
Rôbeigne ,
Lubeigne,
Bereigne ,
Bénigne , Léger, Chantons tous : Noël , Noël !
« Sans faillir d'une note , Tantôt sur le basson , Tantôt sur la musette Je mettrai la chanson :
Robine ,
Lubine ,
Bénigne ,
Léger, Chantons tous : Noël , Noël !
« Je siffle un merle en cage Pour réjouir l'enfant Qui , dans trois jours , je gage, Dira tout couramment :
Robine ,
Lubine,
Bénigne,
Léger, Chantons tous : Noël , Noël !
« Je n'ai garde d'apprendre A dire à mes oiseaux Des paroles de travers, Maquereau, coucou; mais :
Robine ,
Lubine,
Bénigne,
Ligei , Chanton tô : Noei , Noei !
« Je veu qu'an mon églize , Depeù lai Sain-Matin Jeusqu'ai Noei , l'on dize Por antienne au lutrin :
Rôbeigne ,
Lubeigne ,
Bereigne ,
Ligei , Chanton tô : Noei , Noei ! »
NOEI X
BU l'ar : Quand le péril est agréable.
Sôverain Moitre du tonarre, Grand Dei ! que vos ain fai d'un mô Le Cier, lai Leùgne, le Sôlô, L'œuvre san dote à rare.
Que vos ain , de mâle et femelle, Peuplai Par, lai tarre, lai mar, An si jor bâti l'Univar, L'euvresan dote à belle.
Ma po rebôtre l'home an gloire, Que vo-moimevos ain velu Vo faire home tô corne lu , C'a lx-ii éne autre histoire