‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 48 sur 92 · SUITE DES NOELS · texte numérisé non relu

SUITE DES NOELS

ne la Roulotte et do Tllloi

NOËL I

sur l'aie : II était une brunelte, qui tant belle était.

Voici le saint temps, mes frères,

Que le bon Jésus , Au monde vint pour l'affaire

De notre salut, De notre salut, mes frères,

De notre salut.

Il voulut, comme nous autres,

Avoir le nez fait , Les mains ainsi que les nôtres

Au bout de ses bras, Au bout de ses bras, mes frères,

Au bout de ses bras.

13i LA MONNOYE.

Ancor qu'ai feusse le moitre De grandi d'aibor,

Ai se contanti de croître Tô lé jor d'ein jor,

Tô lé jor d'ein jor, mé fraire, Tô lé jor d'ein jor.

Bé tô potan le mysteire Sorti du caichô.

Qu'airô sarvi lai lemeire Dezô le tenô ?

Dezô le tenô, mé fraire, Dezô le tenô ?

Anvié po nos instrure, Ai n'u pa dôze an ,

Qu'ai quemanci l'ôvature Dan Jérusalan ,

Dan Jérusalan , mé fraire, Dan Jérusalan.

Ç'à lai qu'ai sôteni taize Devan les espar,

Qui ne montire pa fraize Ai ce jeune clar,

Ai ce jeune clar, mé fraire, Ai ce jeune clar.

Son peire et sa meire fure

Éboùi de voi Qu'ai saivô les Écriture

Encore qu'il fût le maître

De grandir d'abord , Il se contenta de croître

Tous les jours d'un jour, Tous les jours, d'un jour, mes frères,

Tous les jours d'un jour.

Bientôt pourtant le mystère

Sortit du cachot.

Qu'aurait servi la lumière

Dessous le boisseau?

Dessous le boisseau , mes frères,

Dessous le boisseau ?

Envoyé pour nous instruire,

Il n'eut pas douze ans Qu'il commença l'ouverture

Dans Jérusalem , Dans Jérusalem , mes frères,

Dans Jérusalem.

C'est là qu'il soutint thèse

Devant les experts, Qui ne montèrent pas fraise

A ce jeune clerc, A ce jeune clerc, mes frères,

A ce jeune clerc.

Son père et sa mère furent

Stupéfaits de voir Qu'il savait les Écritures

13t) LA MONNOVE.

Su le bou du doi ,

Su le bou du doi , mé traire,

Suie bou du doi.

Ma quan de sou grant ôvraige Le tam fu venu ,

Son nom, é ville, é villaige, Fi bén autre bru ,

Fi bén autre bru , mé traire, Fi bén autre bru.

Jan , le premei pote-ansaigne

De lai véritai , Dizè : « Je ne seù pa daigne

De le débôtai, De le débôtai , mé fraire,

De le débôtai. »

Ai sai pairôle bénie Lé van se couzein ,

Lé sor aivein bone oùie, Lé muô jàzein ,

Lé muô jàzein , mé fraire, Le muô jàzein .

Lé Diale en l'eà s'an alire Faire le plonjon ,

Lé cu-de-jaite marchire Droi corne dé j on ,

Droi corne dé jon , mé fraire.

Droi corne dé jon.

Sur le bout du doigt, Sur le bout du doigt, mes frères, Sur le bout du doigt.

Mais quand de son grand ouvrage

Le temps fut venu , Son nom, aux villes, aux villages,

Fit bien autre bruit, Fit bien autre bruit, mes frères,

Fit bien autre bruit.

Jean, le premier porte- enseigne

De la vérité, Disait : « Je ne suis pas digne

De le débotter, De le débotter, mes frères,

De le débotter. »

A sa parole bénie

Les vents se taisaient, Les sourds avaient bonne ouïe,

Les muets jasaient , Les muets jasaient, mes frères,

Les muets jasaient.

Les diables dans l'eau s'en allèrent

Faire le plongeon , Les culs-de-jatte marchèrent

Droits comme des joncs, Droits comme des joncs, mes frères,

Droits comme des joncs.

Tei manqua de lumignaire,

Qui vi le solo ; Lé mor champein lo suaire,

Sotan de lo crô, Sotan de lo crô, mé fraire,

Sotan de lo crô.

Su lai mar, bé que ce feusse

Ein tarbe daingé, Ai chemeni san qu'el eusse

Pô de se gaugé, Pô de se gaugé, mé fraire,

Pô de se gaugé.

Aivô deu simple mouteule, Cin livre de pain ,

Ai sôli cin mille gueule Qui meurein de faim ,

Qui meurein dé faim, mé fraire, Qui muerein de faim.

Ein bel androi de sai vie, C'a qu'ai taule, ein jor,

Ai chaingi l'eà dé brechie An vin de Mador,

An vin de Mador, mé fraire, An vin de Mador.

Ma le pu gran dé sarvice

Serô que Jésu , Eue bonefoi chaingisse

J.8ERTRAND.DIL-

B/SSONCOTTARO-

Ai chaingi l'eà dé breehie An vin de Madpr.

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Tel manquait de luminaire,

Qui vit le soleil ; Les morts jetaient leur suaire,

Sortant de leur trou , Sortant de leur trou , mes frères,

Sortant de leur trou.

Sur la mer, bien que ce fût

Un terrible danger, Il chemina sans qu'il eût

Peur de se mouiller, Peur de se mouiller, mes frères,

Peur de se mouiller.

Avec deux simples goujons,

Cinq livres de pain , Il saoula cinq mille gueules

Qui mouraient de faim, Qui mouraient de faim , mes frères,

Qui mouraient de faim.

Un bel endroit de sa vie,

C'est qu'à table, un jour, Il changea l'eau des cruches

En vin du Marc-d'or, En vin du Marc-d'or, mes frères,

En vin du Marc-d'or.

Mais le plus grand des services

Serait que Jésus, Une bonne fois changeât

No vice an vatu , No vice an vatu , mé fraire, No vice an vatu.

Aidon , Dei sai quei fanfare Dan le monde antei 1

Le Cier ansanne et lai tarre Tô dirô : Noei !

Tô dirô : Noei , mé fraire, Tô dirô: Noei!

NOEI II

su l'ar : Toute la nuit je rôde.

Aujodeù, de pu belle, Aimin, requemançon

No chanson ; Éne Meire Pucelle Ai tei jor écouchi

D'einFi, Conçu du Saint-Espri.

N'étan que fiancée, Deijai rôgeô l'Autan

Dan se flan ; Jôzai u lai poussée, Et, se graitan le fron,

Aidon Velô tiré de k>n.

LES NOELS BOURGUIGNONS. Ht

Nos vices en vertus, Nos vices en vertus, mes frères, Nos vices en vertus.

Alors Dieu sait quelle fanfare

Dans le monde entier !

Le Ciel ensemble et la terre ,

Tout dirait : Noël !

Tout dirait: Noël, mes frères,

Tout dirait : Noël !

NOËL II

sur l'air : Toute la nuit je rôde.

Aujourd'hui, de plus belle, Amis, recommençons

Nos chansons ; Une Mère pucelle A pareil jour accoucha

D'un Fils, Conçu du Saint-Esprit.

N'étant que fiancée, Déjà remuait l'Enfant

Dans ses flancs ; Joseph eut la poussée, Et , se grattant le front,

Alors Voulait tirer de long.

L'Ainge, ansin qu'ai repose, U soin de li contai

Tô le fai ; Jôzai prin bé lai chose, Lai tenan ai faveur,

Honeur, De lai par du Saigneur.

Quei gloire, je vo prie, N'étô-ce pa po lu

Que Jésu , Jésu, le Fru de vie, Le Varbe, qui d'ein mô

Fi tô, Devinsse son vaulô ?

Vêlai de note Moitre Quei fu l'humilitai ,

Lai bontai; No, loin de requeùnoitre Sai pone, se traivau

Po no, Je li tônon le do.

Alon-je an séz églize?

Ç'à po Clairon , Quelon ,

Madelon ; J'y disons dé sôtise, J'y côlon le poulô

Douçô An queique carrenô.

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