‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 5 sur 92 · NOTICE SUR LA MONNOYE. V · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LA MONNOYE. V

Je rendre plus aimable dans la société, et plus attaché à ses devoirs. Sa ûdélité à les renrplir fît le bonheur de toute sa vie; il était convaincu qu'à ce prix seulement on pouvait retirer du monde les avantages que parfois il procure.

La Monnoye étant né avec un caractère vif, gai, ennemi de toute gêne et en même temps avec une âme probe, un cœur droit et honnête, il résulta de cet heureux mélange qu'il eut pour don l'aménité la plus douce, la bonté la plus exquise, et qu'il mit en pratique la plus séduisante et la plus saine des pbilosophies.

Sa modestie était si grande, que dix ans s'étaient déjà écoulés, sans que l'on eût une idée juste de la masse énorme de connaissances qu'il avait amassées. A part ses amis intimes , on ne le regardait que comme un homme d'esprit , se délassant avec Anacréon et Pindare, Horace et Virgile, et aiguisant quelquefois l'épigramme à la manière de Martial. Mais un triomphe inattendu pour lui vint le tirer de l'obscurité qu'il chérissait tant. On était en 1671, et l'Académie française venait, pour la première fois, de proposer un concours pour un prix de poésie. Le sujet était : La Fureur des duels abolie par Louis XLV. La Monnoye concourut, l'emporta sur ses rivaux, et l'Académie le couronna. — On sait, à ce sujet, le mot de Charles Perrault. Avant que le nom de l'auteur fût connu, il parlait avec chaleur de la pièce : «Mais, lui objecte un des quarante, si elle était de Boileau? — Fût-elle du diable, répond l'ennemi du satirique, elle mérite le prix, et l'aura. » Cette boutade a un ton de brusquerie qui fait grand honneur à l'équité de l'académicien.

Ce succès n'enorgueillit pas La Monnoye; mais il bl'urtifia dans ses goûts, et l'enhardit à donner plus d'essor à son talent. A cette époque, la carrière des lettres

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