VI NOTICE SUH LA MONNOYE
n'était pas une des plus lucratives, et un peu pour obvier à cet inconvénient, beaucoup pour se rendre aux vœux de sa famille et de ses amis, dont la sollicitude veillait à ce qu'il n'oubliât pus le soin de sa fortune, il fit, en 1672, l'acquisition d'une charge de Conseillercorrecteur en la Chambre des Comptes, charge qu'il exerça jusqu'en 1696, sans rien diminuer de ses travaux ordinaires. Il n'avait pas plus d'ambition pour la richesse que pour la renommée. Parmi ses belles qualités, il possédait celle de savoir se contenter de peu.
En 1672, Louis XIV se déclara le protecteur de l'Académie française. Quel autre sujet pouvait choisir la docte assemblée pour le second prix qu'elle avait à proposer ! La Monnoye concourut; mais, soit que son poème ne fût pas achevé assez tôt, soit qu'il ne l'eût pas envoyé dans le délai convenu, il ne fut pas admis au concours. Néanmoins, l'Académie fît imprimer le poème à ses frais dans le recueil des pièces qui avaient disputé le prix avec avantage.
A son retour de la seconde conquête de la Franche- Comté, faite en six semaines, Louis XIV passa par la Bourgogne. La Monnoye fut le premier à célébrer ce glorieux événement dans une ode qu'il eut l'honneur de présenter lui-même au roi, au château d'Arc-sur- Tille, à deux lieues de Dijon. — Celui â qui suffisait l'approbation restreinte de quelques amis, dut trouver dans les témoignages de satisfaction que lui donna le grand roi, une récompense plus que suffisante; il ne songea pas à se demander s'il aurait dû , ou même s'il aurait pu obtenir autre chose (1).
(1) Cependant quelques années après, en 1689, le poêle , ayant été taxé à une somme de mille livres, fil ce couplet de chansons : Grand roi , je vous dois mille francs.
Pour celle dette.