‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 52 sur 92 · LES NOELS BOURGUIGNONS. 1G · texte numérisé non relu

LES NOELS BOURGUIGNONS. 1G

Qui ne sait comme É lie , ha ! ha ! ha !

5e moqua des prêtres de Baal ,

Leur disant : « D'où vient qu'à vos paroles Baal retarde? est-ce donc qu'il est sourd?

Ou si c'est qu'en chemin le drôle A la taverne a tant bu qu'il dort? »

Le Sauveur, quand Nicodème fut

Sur la Loi disputer contre lui,

Sans façon pouvait l'envoyer paître ; Mais le trait fut mille fois plus gentil

De lui dire : « Hé ! monsieur notre maître ! » C'était lui dire : « Hé 1 monsieur l'apprenti ! »

Au Jardin , lorsqu'il eut par deux fois

Vu ses gens dormir, souffler les pois,

La troisième : « Or ça, Jean, Jacques, Pierre,

Leur dit-il, maintenant ronflez fort ; Là, dormez, voici qu'on vient me prendre. »

N'est-il pas clair qu'il se moquait d'eux?

En sa vie a-t-il jamais repris

Les bons mots qui n'ont point de venin?

Nenni-dà, témoin la Cananée, Qui d'un beau dit sut l'apaiser tout court;

Lui, ravi d'ouïr la repartie, Loua la femme et bénit sa foi.

Kj<i LA MONNOYE.

Bé loin don, par mé Noei, lai-hau, D'avoi pô que Dei me veuille mau , Au contraire, i croi, sans neule dote,

Quant ai serè d'autre par ambrunché, Tô d'aibor qu'i chanterè Blaizôte,

Qu'ai ne pore de rire s'ampôché.

tu dialogue sa le passelge de Monselgneu le nuque de nregogne al Dijon, le Si septambre 1903.

Antre Breugnettc et Gro-Jan.

A'. B. La chanson qui suit étant l'unique pièce bourguignonne que l'auteur ait faite depuis ses Noëls, on l'y a exprès ajoutée, pour ne rien omettre de ce qu'on a de lui en ce genre.

( Voir, malgré l'assertion de cette note que nous reproduisons, une Chanson à une abbesse et YÊpitaphe de Blaizotle, qui suivent cette pièce.)

BREIGNETTE.

— Qu'é-tu, Gro-Jan? quei folie

Te fai gambadai ?

GRO-JAN

— Padei ! jaimoi de mai vie

Je ne fu si gai , Je ne fu si gai, Brùgnette, Je ne fu si gai.

BREIGNETTE.

— N'en peu-je saivoi lai cause ?

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