‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 67 sur 92 · DEM · texte numérisé non relu

DEM

J'y vressi ben, an tan,

Broveman Me-n'alai a l'écoulé; Mai i faisialai an chan, Vô saite ben queman.

J'y vressi ben, an tan,

Broveman Me-n'alai a l'écoulé.

BENAY.

Aquète don, Déni,

Yé prou di, Je t'i vo loi aprandre ; E pi, quan t'i aurô apri, T'i derù a Loi .

Aquèle don, Déni,

Yé prou di, Je l'i vô lot aprandre :

Ko sain Iretô naqui, Ben maudi,

DENIS

Comment s'appelle-t-il ?

Dites-moi ; Où est-ce qu'il demeure ?

Si ce n'est plus monsieur Laborier, Et que vous l'ayez changé, Comment s'appelle-t-il ?

Dites-moi; Où est-ce qu'il demeure?

BENOIT

Hélas ! qu'il y a pitié

A celui Qui n'apprend pas à lire ! T'ai-je pas dit que le bon Dieu Demeure en tous pays?...

Helas ! qu'il y a pitié

A celui Qui n'apprend pas à lire !

DENIS

Je voulus bien, dans le temps,

Joliment M'en aller à l'école; Mais il fallut aller en champ, Vous savez bien comment.

Je voulus bien, dans le temps.

Joliment M'en aller à l'école.

BENOIT

Écoute donc, Denis, C'est assez dit, Je te le vais tout apprendre ; Et puis, quand tu l'aura appris, Tu le diras à Louis.

Écoute donc, Denis, C'est assez dit, Je te le vais tout apprendre.

Nous sommes tous nos, Bien maudits,

LES NOELS MAÇONNAIS

D'A dan , le premi home.

Pe-1'amôr qu'il aval mangi Ce qu'on l'i défandi, Nô saia tretô naqui,

Ben maudi, D'Adan, le premi home.

Ma Celu que nô fi

Queman Li,

Nô promi un Messie

Que serai vaireman son Fi.

Lé Proufaite y an di.

Ma Celu que nô fl

Queman Li, Nô promi un Messie.

Dempi tô ce- tu tan,

Lés anfan De çu manjou de pôme, An pliouran é se lamentan, N'étian jamai conlan, Dempi tô ce-tu tan,

Lés anfan De çu manjou de pôme.

Yé pre san qu'ajôrdù,

De Jesu Nos ain cela fanfara.

Lés Ange que t'ô antandu An di qu'il é venu.

Yé pre san qu'ajôrdù,

De Jésu Nos ain cela fanfara.

Ma ne sai pô, Déni,

Ebobi Se le le vai bian pouvre ; S'i vain nos aprandre a poli.

I sùfre le premi.

D'Adam , le premier homme.

Pour l'amour qu'il avait mange Ce qu'on lui défendit, Nous sommes tous nés,

Bien maudits, D'Adam, le premier homme.

Mais Celui qui nous fit

Comme Lui,

Nous promit un Messie

Qui serait vraiment son Fils.

Les Prophètes l'ont dit.

Mais Celui qui nous fit

Comme Lui, Nous promit un Messie.

Depuis tout ce temps,

Les enfants De ce mangeur de pomme, En pleurant et se lamentant, N'étaient jamais contents, Depuis tout ce temps,

Les enfants De ce mangeur de pomme.

C'est pour cela qu'aujourd'hui,

De Jésus Nous avons cette fanfare.

Les Anges que tu as entendus Ont dit qu'il est venu.

C'est pour cela qu'aujourd'hui,

De Je'sus Nous avons cette fanfare.

Mais ne sois pas, Denis,

Ébaubi Si tu le vois bien pauvre ; S'il vient nous apprendre à pâtir, Il souffre le premier.

LllUILIKIt.

Mi ne sai pu, Dcni, Ebobi Se le le vai bian pouvre.

Te veto, an çu lieu,

Un grou beu E avù li un ône.

Pre l'echandi, fôte de feù, I solliù trelô deû.

Te verô, an çu lieu,

Un grou beû E avù li un ône.

Déni , quan t'i serô,

T'i ferô Una gran reveransa ; Te tendra a bô ton chapiô An gailian aou barciô-.

Déni, quan t'i sert»,

T'i ferô Una gran reveransa.

Te derô a Jousai ,

S'i te pliai ,

E a sa brova fenna ,

Que je n'ai pô pu t'i menai

Tan j'ai mau é jarrai.

Te derô a Jousai ,

S'i te pliai , E a sa brova fenna.

DENI

Paire, a Di vô queman ;

Yé prou tan :

D'i vay je me balaye.

Preni polianse an m'atandan J'i vô tôrjôr côran.

l'aire, a Di vu queman ;

Yé prou tan :

D'i vay je me balaye.

Mais ne suis pas, Denis,

Ébaubi Si lu le vois bien pauvre.

Tu verras, en ce lieu,

Un gros bœuf El avec lui un âne.

Pour l'échauffer, faute de feu, Ds soufflent loi» les deux.

Tu verras, en ce lieu,

Un gros bœuf Et avec lui un âne.

Denis, quand lu y seras,

Tu lui feras Une grande révérence ; Tu tiendras à bas ion chapeau, En regardant son berceau.

Denis, quand tu y seras,

Tu lui feras Une grande révérence.

Tu diras à Joseph,

S'il te plait, Et à sa bonne femme, Que je n'ai pas pu l'y mener Tant j'ai mal aux jarrets.

Tu diras à Joseph,

S'il te plait, Et à sa bonne femme.

DENIS

Père, à Dieu je vous recommande;

C'est assez temps :

D'y aller je m'empresse.

Prenez patience en m'allendanl ; J'y vais toujours courant, l'ère, à Dieu je vous recommande;

C'est assez temps :

D'y aller je m'empresse.

LES NOELS MAÇONNAIS

( Dent, qu'a mi sa brova blioda,

Apele Bliaise avù la Glioda.)

2e Ar: Sur un vaudeville.

DENI

E ! bon jor don, Glioda ! Vain-t-en [ avù may, Et crie le parrain Bliaise; E nos irain ansain , trelù tray a Iray, Ma fay, Ne t'an déplaise ; E pi, quan nos arain vieù çu brove [Ray, Nos an serain ben aise.

( La Gliod', avù sa brova loge , f'à chantan pre tô le caroge .-) 3e Ar.

LA GLIODA.

Pre may, je vou broveman

Li faire, li faire, (' ) Pre may, je vou broveman

Li faire un presan, Pre li plaire, Afin qu'i say ben contan.

(Bliaise, qu'é,mafion, benunéte,

Chante cosi queman le prête: )

4e Ar champêtre.

BLIAISE.

E may je li vou faire ( * ) Un se brove discôr, Qu'il an dise a sa maire: (*) « Requemansi-le ancôr, »

E a Jousai, son paire :

« Redite-z-i tùrjôr. »

( Tieû lé Bregi é lé Bregire S'an van chantan, é an dansan, Tô le Ion de notre charrire, Su un ar que vu gayeman : )

( Denis, qui a mis sa belle blouse, Appelle Biaise avec la Claude ) 2e Air: Sur tin vaudeville.

DENIS

Eh! bonjour donc la Claude! Viens-t'en [ avec moi, El appelle le père Biaise ; El nous irons ensemble, tous trois à Irois, Ma foi , Ne t'en déplaise ; Et puis, quand nous aurons vu ce joli Roi, Nous en serons bien aises.

( La Claude, avec sa jolie robe, Va chantant par tout le quartier.) 3' Air.

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