I-s-an veniron a chavon
Quan y viron cela chomire (*) Où pétron Maire étay naqui , I furon se ben ébayi,
Yaisan la lemire Que luisay ù tôr du bon Di, Qu'i craisian être an Paradi.
1 se getiron contre tarre, ( ' ) E pi du sain Anfan Gésu, E> se tenian vison visu,
Le gaitian de carre, L'i firon ben dévoleman To désanday lied biau presan.
E pi, an guenian de la taite ( ' ) E a Marie é a Jousai , I se betiron a chantai,
Queman é Gran'Féte, Choquion an fransay don chanson Asse fôr qu'n Quirielaitson.
Premier tir.
TIIINE.
Ainsi parlèrent ces bons Prêtres, Qui savaient le Vieux-Testament ; Mais Hérode, qui était méchant,
Pensa dans sa léte Comment il pourrait attraper Ce saint Enfant pour le tuer :
« Allez-vous-en sans plus attendre, Leur dit-il méchamment ; Quand vous aurez vu cet Enfant,
Venez me l'apprendre, Afin que j'aille, moi aussi, Pour l'adorer tout comme vous. »
Ils reprirent leur voyage,
Bien contents de revoir toujours
L'étoile, de nuit et de jour.
Avec leurs bagages, Sans avoir besoin de guide, Ils en vinrent à bout.
Quand ils virent cette chaumière Où notre Maître était né, Ils furent si bien ébahis,
Voyant la lumière Qui luisait autour du bon Dieu, Qu'ils croyaient être en Paradis.
Ils se jetèrent contre terre, Au pied du saint Enfant Jésus, Et, se tenant visage à visage,
I.e regardant de côté, Lui firent bien dévotement Tout aussitôt leurs beaux présents.
Et puis, en faisant salut de la tète Et à Marie et à Joseph, Ils se mirent à chanter,
Comme aux Grandes Fêles, Chacun en français deux chansons \ussi fort qu'au Kyrie Eleison
LES NOELS MAÇONNAIS
5e Su l'ar : Le vin, charmante Iris.
cossepar. ( Gaspard.)
Soigneur, si votre amour vous amène ici-bas, (*.)
Nous quittons nos heureux climats Pour venir adorer votre Grandeur suprême. Tout Enfant qu'on vous voit, on ne s'y trompe pas , On découvre à vos traits que vous êtes Dieu même.
Daignez donc recevoir nos vœux et nos présents ;
Si je vous offre de l'encens Comme au seul Dieu vivant dont vous êtes l'image, Sous ces traits empruntés de nos abaissements Votre Divinité demande cet hommage
melqcjor. ( Melchior.) Du Ciel si vous venez, souverain Roi des rois
Promis au monde tant de fois, Pour porter en tous lieux votre divin Empire, Je viens à vos genoux me soumettre à vos lois, . (']
Animé de l'ardeur que votre amour m'inspire.
J'immole à votre honneur le superbe trésor
De la fortune et de cet or, Mon sceptre, mes sujets, ma gloire et ma couronne ; Heureux si votre main veut recevoir encor Le tribut de ces biens qu'elle-même nous donne.
botazar. {BaUhazar.) Sorti du sein de Dieu dans l'immortalité,
Vous prenez notre humanité Pour vous rendre mortel, vous qui donnez la vie. O prodige divin! qui l'eût jamais pensé ('
Qu'un Dieu dusse mourir? O tendresse infinie!
Blessé des traits puissants d'un amour tout nouveau, ( '
Vous commencez dans ce berceau A souffrir les langueurs d'un amoureux martyre; Mais si pour nous sauver vous courez au tombeau, ( '
Pour vous ensevelir je vous offre la myrrhe.
LHL'ILIEK.
( Qucque Bregi, qu'étkm per-ique, émarvegli de to sait, se betiron a/rimai a chantai broveman , pandan que ce Monsieû fesian tiri de lieu guaimbarde lé-s-autre .presan pre Marie é pre Jouzai;)
G<- Su l'ar : Eh ! frou, frou, frou !
TIEÛ Lli BREGK
Ye, mafion, ben le bonDi (*)
Qu'é venieû dan çu payi :
E !■ bon, bon, bon ! é li, li, li ! ( * )
J'an sain ben aise ; No-s-irain an Paradi
Trelù ben a netr'aise !
Car ce Ray si ben apri ( * )
An di que çan é-t-écri :
E! bon, bon , etc
De l'anssan il y an bailly (*) Queman on fai ù bon Di :
E! bon , bon , etc....
Que pliaisi n'a-t-i pô pri ( * ) Quan de l'or il y an ôfri !
E ! bon, bon, etc....
Àinsain i vou ben payi ( * )
Netré daite, Di marci !
E! bon, bon, etc....
I dion qu'i day meri ; ( * )
Le Diable an a gran depi.
E ! bon , bon, etc....
Yé pre çan qu'il-i-an vressi ( ' ) De la mire su lé py.
E! bon, bon, etc
Se nô-s-ain sôvan pechi , Nô n'i tùmerain mézui.
E ! bon, bon, etc....
( Quelques Bergers, qui étaient par-là, émerveillés de tout cela, se mirent de leure&té à chanter bravement, pendant que ces Messieurs faisaient tirer de leurs voitures les autres présents pour Marie et pour Joseph: )
6« Sur l'air : Eh ! frou , frou , frou !
TOl'S LES BERGERS.
C'est, ma foi, bien le bon Dieu
Qui est venu dans ce pays :
Eh ! bon , bon , bon ! Eh ! li, li, li !
Nous en sommes bien aises ; Nous irons en Paradis
Tous bien à notre aise !
Car ces Rois si bien appris Ont dit que c'est écrit :
Eh! bon, bon, ele
De l'encens ils lui ont donné Comme on fait au bon Dieu :
Eh ! bon, bon, etc
Quel plaisir n'a-t-il pas pris Quand île l'or ils lui ont offert !
Eh ! bon, bon, etc
Ainsi il veut bien payer Notre dette, Dieu merci !
Eh! bon, bon, etc
Us disent qu'il doit mourir; Le Diable en a grand dépit.
Eh ! bon, bon, etc....
C'est pour cela qu'ils lui ont versé De la myrrhe sur les pieds.
Eh! bon, bon, etc
Si nous avons souvent péché, Nous n'y retournerons plus jamais.
Eh ! bon, bon, clr
LES NOELS MAÇONNAIS
Lé faye, ne lé cabri (*)
Dé lou ne seran plieù pri.
E! bon, bon etc....
Nô n'arain plieù a poti , ( " )
Vegneron, ne laboûri.
E! bon, bon etc....
Chantain don tieû san souci, (* ) Tô queman dé cliar béni :
E! bon, bon, etc....
(Cela que contelé'chouserepran le premi ar, an chantait lésautre presan que lé Ray firon etô a Marie é a Jousai , pre lé belay an mainnoge .- )
Premi ar champêtre bressan,
THIN'E
Pandan que ce Bregi chanliron ( *) Ainsain tretù gaillardeman, Ya ben anco d'autre presan
Que ce Ray fesiron A Marie é pi a Jousai...
J'aré prou painne d'i contai :
I bailliron un cofre an bosse ( *)
Avù la sarrûre a dou tôr,
E dé schliou d'or tôt a l'anlôr,
Queman é carosse ; On di qu'i vaillay ben çan fran Tôt asse ben qu'un écu blian.
U dedan y avay de la lainne ( * ) Pre fare dé chosse a l'Anfan, Avû tray-z-épaire de gan,
E pi dé mitainnc, E de quai faire un pelesson Pre teni ben cuau le Pùpon ;
Ttante oune de tayle d'OuIande, (') Asse blianche que du satin,
Les brebis, ni les chevreaux Des loups ne seront plus pris.
Eh ! bon, bon, etc
Nous n'aurons plus à pâlir, Vignerons, ni laboureurs, Eh ! bon, bon, etc
Chantons donc tous sans souci, Tout comme des clercs bénis :
Eh ! bon , bon, etc...
( Celui qui conte les choses reprend le premier air, en chantant les autres présents que les Rois firent aussi à Marie et à Joseph, pour les mettre en ménage : )
Premier air champêtre bressan.
TIIINK.
Pendant que ces Bergers chantèrent Ensemble tous gaillardement, 11 y a bien encore d'autres présents Que ces Rois firent
A Marie et puisa Joseph
J'aurai assez de peine de le raconter .-
Ils donnèrent un coffre en bosse Avec la serrure à deux tours, Et des clous d'or tout à l'entour,
Comme aux carrosses ; On dit qu'il valait bien cent francs Tout aussi bien qu'un écu blanc.
Au dedans il y avait de la laine Pour faire des bas à l'Enfant, Avec trois paires de gants,
Et puis des mitaines, Et de quoi faire une pelisse Pour tenir bien chaud le Poupon ;
Trente aunes de toile de Hollande, Aussi blanche que du salin,
LIIUILIKR.
Pre li pela, é le Léguai n,
E pi, pre lé bande, Dé gran ruban blieû é dé nay Large queman lé quatre day ;
Dé lanssiou ein ou si dôzaine, ( * ) Avù aulan de paunemain ; Dé nappe, sarviete, tu pliain,
E pre la marrainne, Asse ben que pre le parrain, Dé camisoule de fin lain.
V-avay ancôr una corbelie ( * ) Pliainne de gremissiau de fi, Dé flïote, é dé gran coutairi ;
E pi tray conelie, Je ne say comben de fusiau , Traypôfile, quatre dayau.
Lè-z-épainglie étian anfroméye(*) Ded;' n quatre brove chanon ; Y- an avay ben çan carteron ;
E, pre l'épousaye, Dé peignie de corne é de bui, Choquion serrai dans-en étui.
On n-y vaisay pô dé criarde, ( *) Mai se fai ben dé cotelion Qu'avian tôt ù tôr dé galon ;
E je pri ben garde A quatre devanti de piau Pre Jousai, avù tray chapiau;
E si-z-épaire de marnire (*)
De piau pu jaune que dé coain , E dé i^arodeben a poain,
Avù le jartire; 1 n'i manquay pu de soular, . e de casaque de drà var.
! -n'agoye un pelion de faire (") l.c conte de tô ce presan ;
Pour les drapeaux, et le béguin,
Kl puis, pour les bandes, De grands rubans blancs et des noirs Larges comme les quatre doigts;
De draps cinq ou sis douzaines,
Avec autant d'essuie-mains,
Des nappes, serviettes, tout plein,
El pour la marraine, Aussi bien que pour le parrain, Des chemises de fin lin.
11 y avait encore une corbeille
Pleine de pelotons de fil.
Des écheveaux, cl de grandes aiguillées
Et puis trois quenouilles, Je ne sais combien de fuseaux , Trois attaches, quatre dés.
Les épingles étaient renfermées
Dans quatre jolis étuis;
Il y en avait bien cent quarterons;
Et, pour l'épousée, Des peignes de corne et de buis, Chacun serré dans son étui.
On n'y voyait pas de jupes ouvertes, Mais si fait bien des japons fermés Qui avaient tout autour des galons ;
Et je pris bien garde A quatre tabliers de peau Pour Joseph, avec trois chapeaux ;
Et six paires do culotlcs
De peau plus jaune que des coings.
Et des guêtres bien à point,
Avec les jarretières ; Il n'y manquait pas de souliers, Ni de casaques de drap vert.
Je me fatigue un peu de faire Le compte de tous ces présents-
LES NOELS MAÇONNAIS
Y-an are cosi par un an....
Mai, afin dé pliaire E brove jan que m'écôton .
J'y dere lu lan qu'ù chavon.
On devressi ancôr dé coffre (*) Qu'élian pliain d'aiseman tù neù :
Un quemoschlie, un grapin de feu ,
E un far de gôfre.
Dé lepain, é dé choderon, E, pre blianchi, ben du sovon.
Y-avay d'acoute un tome broche, (*) Una troblie, é un gueraindon , Si-z-écoale, avû deû pôchon,
E una gran poche ; Un lie rôge avû lé ridiau, La pou-chaplieure, é la détrau ;
Je ne say comben de cullire, (*) De fôrchele, é pi de cûliau , Qu'étian dan dé gainne de piau ,
Avû dou salire, Una dite, é un cùquemar De rouzete é non pô de far ;
Tray paule, é pi una bâchasse, (*) Una seliete, é un caba , E si dûzaine de rama, Avû tray gran casse, Deû chodire, une ouïe, é un gri, E pre la buye un gran beri ;
Una cage pre la manjaille, (*)
Un tami ù fin buretiau , N'a tôrtire pre lé gôliau ,
E pre lé pôlallie, Quan elle menon lieu pelion , I balliron un gran buidon ;
Ben dé sale, è pi ben dé dure, (*) Una cotelie, un panùlion ,
11 y en aurait presque pour un an....
Mais, afin de plaire Aux braves gens qui m'écoutenl, Je le dirai tout jusqu'à la fin.
On déchargea encore des coffres
Qui étaient pleins d'ustensiles tout neufs :
Une crémaillère, un grapin de feu,
Et un fera gaufres, Des pots à lait, et des chaudrons, Et, pour blanchir, bien du savon.
Il y avait à c6té un tournebroche,
Une table et un guéridon,
Six écuelles, avec deux pochons,
Et une grande poche ; Un lit rouge avec les rideaux , La planche à hacher, et la hachette ;
Je ne sais combien de cuillières, De fourchettes, et puis de couteaux , Qui étaient dans des gaines de peau ,
Avec deux salières, Une cruche, et un coquemar De rosette et non pas de fer ;
Trois pelles, et puis une maie, Un seau, et un panier, Et six douzaines de balais,
Avec trois grandes poêles, Deux chaudières, une marmite, et un gril, Et pour la lessive un grand cuvier ;
Une cage pour le manger, Un tamis aux fines mailles, Une tourtière pour les gâteaux ,
Et pour les poules, Quand elles mènent leurs poussins, Ils donnèrent une grande cage ;
Bien des tabourets, et puis bien des chaises Une cruche à huile, un balai à foyer,
LIIUILIEK.
Dé lampe avu lieu lampairon,
E bon de la cire, Un croision , é un côvre-feû , Lu pani pre betay lé-s-eû.
Un garson que s'apelay Gliôde (*) Bailli , per amusai l'Anl'an, l'n monio prevai de tray-s-an ,
E cin ou si gode, D6 gobeglie, 6 dé Irebcliou Que Frison tù quenian on vou ,
E quatre ou cin baie angorgire (*) Pre B'échandi dessu le glià, D6 paire seche, é dé cala...
I n'an cliau jà rire, Irai Barde, un tùlon, si vôlay, Una baboule, é un sebliay.
Quan Jousai vayi que, san fainte, On lé-s-y baillay tù pre ran , Pre li, sa Fenne, é son Anton ,
Se levi de poainte, E , ben contan, lé-s-i dessi :
« A Di vô queman ! Gran marci ! »
{Pandan que lé Ray s'an retornion choquim chi sciy, tèBregi,tp?é* tian demourmj per i tô vay , chantiron an dansan çù branle guay, que revire lôrjôr-- )
7e ar. Sti l'ar : Tire tan, tire hty.
TIEÛ LÉ BREGI F. LÉ BRÉGIRE ASSAIN.
E , mon Di , la baie chouse (')
Que nù-s-ain vieil cela fay !
Tirelan , tirelay, Tir lan , tanlay, Que nô-s-ain vicù cela fay !
Oo diraj que y-é lé nôcc Lé noce de nétron Hav :
Des lampes avec leurs porte-mèches,
El bien de la cire, Une petite lampe, et un couvre-feu , Un panier pour mettre les œufs.
Un garçon qui s'appelait Claude Donna, pour amuser l'Enfant, Un moineau privé de trois ans,
Et cinq ou six godes ( ? ), Des gobilles, et des sabots Qui bourdonnent tout comme on veut,
Et quatre ou cinq belles angorgères { ?) Four s'échauffer sur la glace,
Des poires sèches, et des noix
Il n'en faut déjà rire, Trois toupie, un toton, six volants, Une figure en pâte, et un sifflet.
Quand Joseph vit que, sans feinte, On leur donnait tout cela pour rien, Pour lui, sa Femme, et son Enfant,
( Il ) se leva debout, Et, bien content, leur dit:
« A Dieu je vous recommande ! Grand merci ( Pendant que les Rois s'en retournaient chacun chez soi, les Bergers, qui ctaient restés pour voir tout cela, chantèrent en dansant ce branle gai, qui tourne toujours : )
7e air. Sur l'air : Tire la», tire lay.