‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 87 sur 92 · I-z-an Gron autan pre tô, C · texte numérisé non relu

I-z-an Gron autan pre tô, C

A cou d'épaye, a cou de pô ; Hélo ! mon Di ! on di étô Qu'i lé saquiam contre la tarre, Pre lé brisi queman dé varre.

Lé regoule pliainne de san, (*) Dedan la vêle, é dan lé chan , Hélo ! mon Di ! an ruissayan , Rôgissian tôte lé charrire Tan qu'ù mitan de la revire.

Qu'i grivay a cieù qu'avian vu (*) Ce pelié côr qu'étian lô nu, Hélo ! mon Di : tôt étandu E chamain queman dé charogne, Mangi déchain... 6 que vregogne :

Je cray que la tarre an tranbli, (*) Que le selou an bliemissi ; Hélo ! mon Di ! tieû lé rochi Pre san deveniron se tandre, Qu'il ancraquian tan qu'a se fandre!

S'il ussiandé-z-you queman nô, (*) I-l-an arian pliourai trelô ; Hélo ! mon Di ! lé baite étô

De la mère et de sa fille, Furent assommés l'un et l'autre !

C'était une grand'pilié de voir

Tant d'enfants mourir à la fois:

Hélas ! mon Dieu ! c'est bien trop vrai !

Jamais la famine et la peste

N'en laissèrent si peu de reste !

Mais quelquefois ils les jetaient Par les fenêtres tout vivants. Hélas ! mon Dieu ! ces Allemands, Qui méritaient tous la potence, Empêchaient les gens de les prendre.

Ils en firent autant partout, A coups d'épée, à coups de pieu ; Hélas ! mon Dieu ! on dit aussi Qu'ils les jetaient contre la terre, Pour les briser comme des verres.

Les rigoles pleines de sang, Dans la ville, et dans les champs, Hélas ! mou Dieu ! en ruisselant, Rougissaient tous les chemins Jusqu'au milieu delà rivière.

Que cela peinait ceu\ qui avaient vu Ces petits corps, qui étaient tout nus, Hélas ! mon Dieu ! tout étendus Sur les chemins comme des charognes, Mangés des chiens... oh! quelle vergogne'

Je crois que la terre en trembla.

Que le soleil en blêmit ;

Hélas ! mon Dieu ! tous les rochers

Pour cela devinrent si tendres

Qu'ils en eraquaient jusqu'à se fendre !

S'ils eussent eu des yeux comme nous, Il en auraient pleuré tous.

Hélas ! mon Dieu ! les bêles aussi

LHUILIEK.

An mugliàn dedan lé-z-étroblie...

I n'é, ma flon, ran una foblie.

Celé que possian liou eliemain (*) Disian, an jognian lé don main :

« Hélo ! mon Di ! vai-te vô ben Tô lé mau qu'on fai su la tarre, An tan de pai, an tan de guarre '.'...»

THINE

tl y vaiaay ben vaireman, (*)

*îà i laisse faire é méchan .

Hélo ! mon Di ! pandan un tan, Lied velontai, é lieu malice...

Aprai çan vaindra lieu suplice.

U contraire, cieù qu'an sôfri (")

Potiamman é saa dépi,

Hélo ! mon Di ! an Paradi

Kran una gran recompanse,

Ben plieû grande que lieu sofrance:

Tan-t-y a que ce pouvre anfan (*) Furon batisi dan liou san :

Hélo ! mon Di ! i confessian, San dire mù é san conniaitre, TSetronbon Di é netron Maitre.

Ainsain ce pelié-s-Dinoussan (*) Son tieû ben aise maintenan, Hélo ! mon Di ! per, un moman, D'avay poli tieû ansain anse.

Pre Gèsu-Chri dans Finnûussance!

BENAY.

E no, pre netron sauveman, (*) l'i-que nô sain treto méchan, Hélo ! mon Di ! n'é-t-i po tan De faire un petion pénitance.

An prenan tôt an paliancc ?

TII1NE

Que deveni le bon GÔbu 1")

En mugissaient dans les étables..

Ce n'est, ma foi, en rien une fable.

Ceux qui passaient leur chemin Disaient, en joignant les deux mains :

« Hélas ! mon Dieu ! voyez-vous bien Tous les maux qu'on fait sur la terre, En temps de paix, en temps de guerre \.

TUINE.

Il le voyait bien vraiment ; Mais il laisse faire aux méchants, Hélas ! mon Dieu ! pendant un- temps, Leurs volontés ou leurs malices...

Après cela viendra leur supplice.

Au contraire , ceux qui ont souffert Patiemment et sans dépit, Hélas ! mon Dieu ! en Paradis Auront une graude récompense, Bien plus grande que leurs souffrances.

Tant il y a que ces pauvres enfants Furent baptisés dans leur sang :

Hélas ! mon Dieu ! ils confessaient, Sans dire mot et sans connaître, Notre bon Dieu et notre Maitre.

Ainsi ces petits Innocents Sont tous bien heureux maintenant.

Hélas! mon Dieu! pour, un moment, Avoir pâti tous ensemble ainsi Pour Jésus-Christ dans l'innocence :

BENOIT

Et nous, pour notre salut.

Puisque nous sommes tous méchants, Hélas ! mon Dieu ! n'esl-il pas temps De faire un peu pénitence.

En prenant tout en patiem :e

tuixi:.

Que devint le lîon Jésus •

LES NOELS MAÇONNAIS

SSS

L'an-t-i luai, ce malotru ?

Hélo ! mon Di ! se y-ère lu Qu'Hérode chourchay pre vanjance, Je m'ea épante per avance.

BENAY.

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