‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 88 sur 92 · TU1NE · texte numérisé non relu

TU1NE

Chante-me don étù queman (*) Y cochiron se ben l'Anian.

Hélo ! mon Di ! je su contait Quan j'antan chantai cécompliainte, Tan je me pliai é chouse sainte.

Ye-t-ice le ciiavon.

L'ont-ils tué, ecs malotrus' Hélas ! mon Dieu ! si c'était lui Qu'Hérode cherchait pour vengeance, Je m'en épouvante par avance.

BENOIT

11 est vrai qu'ils l'eussent massacré ; Mais ils ne purent l'atteindre :

Hélas ! mon Dieu ! le bon Joseph Et la Sainte Vierge Marie Lui sauvèrent tous deux la vie !

THINE

Chante-moi donc aussi comment Ils cachèrent si bien l'Enfant.

Hélas ! mon Dieu : je suis content Quand j'entends chanter ces complaintes, Tant je me plais aux choses saintes.

c'est ici la fin.

FIN DES NOELS MAÇONNAIS

11 a été dit, dans la Notice sur les No&t maçonnais, que, depuis leur première publication , le dialeclo dans lequel ils sont écrits a beaucoup varié, et que même les habitants actuels de la localité ont perdu la signification de certains mots.

En fait de variations, nous en avons donné un échantillon à nos lecteurs, qui peuvent comparer le couplet cité dans la Notice avec le même couplet pris dans le Recueil. Ce dernier est la version originale et authentique ; l'autre renferme les modifications survenues depuis dans la prononciation et l'orthographe.

Quant aux mots dont le sens n'est plus compris, le présent ouvrage en contient trois, que nous avons soulignés dans notre traduction, et fait suivre d'un (?).

Ce sont :

Remati, — jeu tout à fait inconnu , même parmi les vieillards ; Gode, — jouet également inconnu à toutes les générations d'aujourd'hui ; Angorgire, — objet tout aussi inconnu , qu'une personne des plus compétentes croit être un crampon ou petit bâton ferré ; mais qui , loin de là, pourrait bien être quelque ornement ou fourrure à se mettre, l'hiver, autour du cou , de la gorge. — Sans parler du genre féminin du mot, le texte dirait-il belle (ou beau ) pour un bâton ferré ! Cette épithète désigne bien certainement une chose dont on devait se parer mais quelle

est-elle ?

A part ces trois mols-lâ , nous croyons les l\'oé moconnai élucidés ici de la manière la plus minutieusement fidèle.

Noël ! Noël ! disons trois fois Noël ! Chantons de cœur Noël ' Pour complaire à Noël ! ...

Sus! pastoureaux et bergers, Entonnons : Noë ! Noë !

Sus ! bergers et pastoureaux , Entonnons Nau ! Nau ! Nau , Nau .'...

Chantons Noël de cœur gay :

Noël nouvelet .'...

Réjouissons-nous, pastoureaux ; Chantons No !

Chantons No.'...

Noël, En cette journée !

Disons : Noël ! Noël !

Car paix nous est donnée !...

Etc., etc., etc.

Ces citations, en forme d'épigraphes, que nous aurions pu multiplier à l'infini, et dont on pourrait couvrir des pages en n'empruntant qu'une ligne à chaque Noël isolé, doivent, ce nous semhle, donner une idée de la profusion avec laquelle sont répandus ces chants, informes et grossiers pour la plupart, mais quelquefois marqués au coin d'une naïveté étrange. Us sont tou-

jours si bizarres, qu'on se surprend à feuilleter et parcourir des recueils où, d'abord, le même sujet revient à cbaque pièce nouvelle, et, ensuite, où l'on voit que les cerveaux qui les ont faits n'ont pas même entrevu l'ombre la plus légère de l'art ou du goût. Ce penchant d'une province, ces frais d'imagination faits par une peuplade entière, pour créer des multitudes de chants analogues en l'honneur do la même fête, doit prouver quelque chose; on doit pouvoir expliquer par là un goût dominant de cette province, ou au moins y trouver une coutume, une habitude quelconque de ses habitants. Tous les pays ont eu leurs chants populaires, et toujours l'ensemble de ces chants a représenté le caractère national, et parfois même a donné des physionomies particulières du peuple du pays chanteur. — Que vont signifier les Noëls de la Bourgogne? qu'allonsnous trouver dans l'esprit de cette province? que va-t-il découler de l'étude de ces cantiques baroques, à l'intention peut-être pieuse, mais à l'allure presque toujours mondaine? — En résultera-t-il que le Bourguignon passera pour l'individu le plus dévot de la terre? verronsnous en lui l'être le plus fervent dans cette grande, dans cette sublime fête de Noël? — Non, non! ô mon Dieu, non! — Que prouveront donc alors les Noëls? — ils prouveront bien une certaine dévotion au jour de la naissance du Sauveur, mais dévotion autre, peut-être, que celle approuvée par l'Église.

En Bourgogne, toutes les fêtes sont fêtées; il faut des fêtes au Bourguignon, et Noël est la fête par excellence, la FÊTE DES FÊTES. A chaque célébration fériée, le Bourguignon se réjouit, s'ébat largement, et, comme le chant aide volontiers à s'ébattre, et quo d'ailleurs le Bourguignon n'est pas précisément sot. il a fait des chants pour toutes ses fêtes et toutes se^ réjouissances.

Quand les fêtes sont profanes, il entonne des refrains profanes; mais , voulant approprier chaque chose à son sujet, il a fabriqué aussi des chansons sacrées pour les jours où lui arrivent les fêtes sacrées. — N'allez pas croire cependant que tous les Noëls soient des can-. tiques à boire : ce serait quelque peu effleurer une hérésie; mais laissez-vous légèrement et tranquillement persuader que plusieurs d'entre eux sont, non pas un but, mais un moyen, c'est-à-dire, comme cela est indiqué plus haut, que le Noël vient tout simplement en aide à la célébration des fêtes que son nom désigne, quel que soit, du reste, le genre de ferveur qui pousse le dévotieux à les célébrer.

Mais, pour se faire l'idée la plus juste possible de la portée et de l'importance de ces hymnes vulgaires, il n'y a qu'une seule chose, c'est de voir les lieux où ils se chantent. Vous vous êtes peut-être imaginé que les nefs des églises retentissaient du bruit de ces couplets monotones, de ces pléonasmes habillés en refrains? Erreur bien profonde, dont il vous faudra sortir! Ces refrains, ces couplets monotones, ces Noëls, enfin, se chantent, non pas dans les églises, non pas dans les processions, non pas même dans des réunions pieuses, mais chez soi et dans les cabarets, au coin du poêle ou du feu, principalement sous le vaste manteau des cheminées villageoises, en groupes toujours nombreux de famille, de voisins et d'amis, et à côté de marrons , de vin blanc, de jambon , de boudin et de carbonnade (I). — Entrevoyez-vous un peu maintenant le genre de dévotion des plus nombreux chanteurs de Noëls?

Tous les ans, aux approches de l'Avent, les mémoires

(1) La carbonnade est la côtelette du porc grillée sur les charbons. On devine facilement l'étymologiu du mot.

2U0 coup d'oeil sur les noels

se rafraîchissent, les gosiers se dérouillent, et l'on prélude, aux veillées, à ces refrains, dont le thème invariable et éternel est la venue du Messie. On sort des vieilles armoires les brochures , les petits recueils poudreux et enfumés où la presse, et quelquefois la plume, a consigné ces chants, et dès que le premier dimanche de l'Avent a sonné, on commère, on voisine, on veille ensemble, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre, alternant dans l'achat des marrons et du vin blanc, mais chantant d'une voix simultanée les louanges grotesques du PETIT JÉSUS ; il y a même peu de villages qui, à cette époque, pendant tous les soirs de l'Avent, n'entendent criailler dans les rues, au son nazillard de la gonfle ou de la musette, quelques-uns de ces curieux cantiques. Le ménétrier vient, dans ce cas, comme un renfort aux chanteurs du coin du feu; il apporte et joint sa dose de joie (spontanée ou mercenaire, peu importe!) à la joie qui s'exhale devant les aires; et quand les voix vibrent et retentissent, une voix de plus est toujours bien venue. Là, ce n'est pas la pureté des notes qui fait le concert, c'en est la quantité : Non qualitas, sed quantitas; puis (pour en finir de suite avec îe ménétier), quand le Sauveur des hommes est enfin descendu dans sa Crèche, que cette belle nuit de Noël est passée, le paysan joueur de musette fait sa ronde dans les maisons, où chacun le félicite et le remercie, et de plus lui donne en monnaie le prix des notes criardes dont il a assaisonné les vrillées.

Terme moyen, jusqu'à la veille de Noël, tout se passe à peu près ainsi chez nos dévots chanteurs, à quelques litres de vin ou a quelques cents de marrons de différence. Mais cette fameuse veille arrivée . la gamme se monte sur un autre Ion; pour la soirée de clôture, en veut une soirée mémorable. On commence

par faire toilette à la tombée de la nuit ; l'heure du souper vient ensuite avertir les appétits divers , et l'on se réunit par groupes aussi nombreux que possible, pour prendre en commun ce repas confortable du soir. Le souper terminé, on fait cercle autour du foyer, rangé, préparé ce soir-là d'une façon particulière, et qui va devenir, à une heure plus avancée de la nuit, l'objet de l'attention toute spéciale des enfants. Sur les tisons ardents, on a placé une énorme bûche. Cette bûche ne change assurément pas de nature , mais elle change de nom pendant cette veillée; on l'appelle la suche: « Vous voyez bien, a-t-on dit aux enfants, si vous êtes sages ce soir, Noël (car avec les enfants il faut toujours personnifier), Noël vous pissera (pardon de l'expression! c'est de la couleur locale), vous pissera des bonbons la nuit. » Et les enfants d'être sages, de se tenir cois autant que leur petite nature turbulente peut le leur permettre. Les groupes des personnes plus âgées, et pas toujours aussi sages que les enfants, profitent de ce bon temps pour se livrer de cœur joie et à gorge dépoyée au culte chantant du miraculeux Noël. Pour cette dernière solennité, on a gardé les refrains les plus puissants, les plus enthousiastes, les plus électriques. Noël ! Noël ! Noël ! ce mot magique retentit de toutes parts ; on le met à toutes les sauces, on le fait servir à toutes les fins. Sur les milliers de cantiques qui se font entendre dans cette fameuse veillée , les quatre-vingt-dixneuf centièmes commencent et finissent par ce mot, qui en est, on peut le dire, l'alpha et Yoméga, la couronne et l'escabeau. Cette fois dernière, la soirée se prolonge. Au lieu de se retirer à dix ou onze heures, comme on l'a fait à peu près tous les soirs précédents, on attend lo coup de minuit : ce mot vous dit assez à quelle cérémonie on va se rendre. Depuis dix minutes ou un quart

d'heure les cloches appellent les fidèles à triple tintement, et chacun, muni d'une petite bougie bariolée de diverses couleurs (la chandelle de Noël), se rend, à travers les rues populeuses, et où les lanternes dansent comme des feux follets, à l'appel impatient des carillons multipliés... On est à la messe de minuit. Une fois à l'église on entend avec plus ou moins de piété la messe emblématique de la venue du Messie ; puis , en tumulte et en grande hâte, on revient chez soi, toujours par groupes nombreux; on salue la suche, on fait fête au foyer, on s'attable, et, au milieu des chants qui redoublent plus fort que jamais, on fait ce repas d'après Noël, si attendu, si, choyé, si joyeux, si bruyant, et qu'on a jugé convenable d'appeler, nous ne savons trop pourquoi, rossignon. Le souper pris à la tombée de la nuit n'empêche en rien, vous le pensez, l'appétit d'être de retour, surtout quand l'aller et le venir pour la messe ont fait sentir aux dévots mangeurs quelques petites flèches bien acérées d'une bise raide et mordante. Rossignon va. donc son train, quelquefois assez avant dans la nuit; mais p^-u à peu cependant les gosiers s'enrouent, les estomacs s'emplissent , la suche se consume, et l'heure arrive enfin où chacun, tant bien que mal, a regagné son domicile et son lit. et mis avec soi dans les draps l'étoffe d'un bon mal de gorge ou d'une bonne indigestion pour le lendemain. — Au préalable, on a eu soin de mettre dans les sabots ou les souliers des enfants les bonbons qui, au réveil, seront pour eux les fruits bienvenus de la suche de Noôl.

Voilà à pou près comment se passe cette veillée, fameuse encore dans plusieurs de nos, contrées, et maintenue dans tontes. Vous concevez que, pour une telle tête, les chants ne sont jamais de trop : aussi VOUS avej vu avec quelle abondance ils son! prodigués. Il est l'a-

dieux, par exemple, que la bonne intention ait si courte influence, que la fin ne perfectionne pas un peu plus les moyens. C'est souvent un langage à part (je ne parle pas du patois) que celui dans lequel sont composés les Noëls, tant les fautes grossières y fourmillent, tant y abondent les mots burlesques, les non-sens, les trivialités, et même parfois le cynisme.

Mais si Tabourot, fréquemment cité par La Monnoye, a dit, en parlant d'ouvrages d'une naïveté beaucoup moins candide que celle des cbants dont il s'agit ici :

Pulidulum scriptoris opus ne despice ; namque Si lasciva legis, ingeniosa leges.

11 est possible que nous puissions dire aussi à notre tour, en parlant de nos naïfs recueils :

Ne méprisez point trop une œuvre trop commune; Car un livre sans art peut être curieux.

Donc, en vous prévenant de cela à l'avance, et en vous assurant que ce n'est pas tout à fait temps perdu que de jeter un coup d'œil sur ces pauvres petits livres, nous espérons que vous voudrez bien nous suivre un instant à travers le cbamp très peu défricbé de ces simples Noëls.

Un Noël, comme nous l'avons dit, et comme, du l'esté, l'indique suffisamment son titre, est un cbant consacré à célébrer la venue du Messie sur la terre. Depuis bien longtemps , tous les ans , on cbante cette nuit merveilleuse; mais je ne vous dirai cependant pas si l'origine de ces cbants remonte aux premiers jours de la chrétienté. En fait d'érudition, j'aime celle qui repose sur des matériaux véritables, et nous ne possédons pas, que nous sacbions, les Noëls qu'ont pu faire 1rs premiers chrétiens. Dès lors, et n'ayant point à consister l'âge de ce genre de littérature, il devient indiffé-

2o4 COUP D OEIL SUR LES NOELS

rent de savoir si c'est l'an 1200 OU l'an 1">00 qni vit les premiers apparaître. Pour des opinions hypothétiques, nous pourrions vous en fournir à discrétion; et, pour peu que nous suivissions en cela les érudits auteurs des beaux Noëls nouveaux, vous auriez grand risque de nous suivre, vous, jusque dans le Paradis terrestre, où l'un d'eux fait, chanter par Adam et Eve un Noël sur la naissance du Sauveur. Plaisanterie à part, les opinions, voire même les opinions savantes, prouvent peu de chose, et nous aimons mieux vous faire faire sur nos Noëls une étude littéraire qu'une étude de chronologie. Cependant, si vous teniez trop à cette dernière chose, vous pourriez voir, par la citation que nous ferons tout à l'heure de quelques-uns d'entre eux, à quelle époque a iieu près vous pouvez les rattacher.

Tant que les cœurs furent remplis de croyance, les Noëls s'en tinrent à la définition que nous en avons donnée plus haut. Le Messie seul remplissait le cantique ; l'intention de l'auteur était vraiement pieuse, et c'est à peine si, à la fin, il consacrait un couplet pour demander à Dieu de venir en aide à ses humides serviteurs. Mais peu à peu l'homme s'empara d'un plus grand nombre de couplets, et en laissa moins pour le Sauveur; la dévotion aux choses de la terre remplaça la dévotion aux choses du ciel, et alors les Noëls, tout en conservant leur forme primitive, devinrent en partie des demandes pour les besoins de l'homme, des allusions aux événements et aux personnages contemporains.... Il y a même des Noëls politiques! dans quelques-uns, c'est tout à fait la chanson, moins sa forme; c'est de l'actualité, de la satire, de la gaieté, de l'entrain, dans une enveloppe benoîte et sacrée.

Mais il y a encore un poinl de vue plus piquant sous lequel ils peuvenl être examinés) c'est celui de la fidé-

lité historique qu'apportent les auteurs de ces chants dans leur confection. L'anachronisme est une chose reçue dans les Noëls. La Crèche du Sauveur du monde est un point central où affluent indistinctement tous les siècles, toutes les générations reculées ou modernes de ce fatal mangeur de pomme. Ce sont principalement des bergers qu'on y voit figurer, et, pour payer leur droit au goût des contrastes, les auteurs ne manquent jamais d'y fourrer les trois Mages, qui , par ce fait, se trouvent contemporains des personnages de tous les temps qu'on veut bien leur accoler. Pour ne nous occuper que du côte burlesque de la chose , nous en avons devant les yeux un qui fut fait pour le sacre de Louis XIV, qu'on a si bien amalgamé avec Jésus, Marie et Joseph, qu'il serait difficile de voir de quel côté est l'anachronisme, c'est-à-dire si c'est le Fils de la Vierge qui vient rendre visite au roi, ou si c'est le roi qui va se promener en Judée : dans ce dernier cas, ses bottes lui eussent été plus utiles que pour entrer au Parlement. Dans un autre, fait par quelque rapsode citadin, tous les babitaftits de la ville et des faubourgs qui l'avoisinent se rendent en masse auprès de l'Enfant sacré... Nous en extrayons un couplet au hasard :

Messire Jean Guillo-t, Curé de Sainl-Denis, Apporta plein un pot Du vin de son logis.

Prestrcs et escolliers, Toule irello nuiclôe, Se sont prins a danser, sauter, Ut, ré, mi , fa, sol , la, la ! là ! A gorge dcsplovue.

Vous jugez par vons-màme de la dévotion qui pouvait guider ces joyeux pèlerins.

206 COUP d'oeil sur les noels

L'adulation vint aussi bientôt se mêler à la fabrication de ces pièces. Les bergers, visiteurs du Cbrist enfant, se rendirent à l'Étable de Betbléem pour y psalmodier l'apologie, le panégyrique, la flatterie... Ce fut, la plupart du temps, le style mendiant des plus humbles épîtres dédicatoires. On vit de tous les côtés surgir des Noël du Roy. — Noël de la Royne. — Noël des Princes. — Noëls des Ambassadeurs. — Noël des Bourgeois, etc., etc., etc.:' c'était à en rendre confus l'âne et le bœuf de l'étable. — Nous avons cru remarquer que les Noëls apologétiques étaient d'ordinaire les plus mauvais et les plus pauvres. Des trois ou quatre que nous feuilletons en se moment, il n'y a pas un seul couplet digne d'être cité.

Le Noël ne se restreint pas toujours à un chant de courte haleine, à un récit du mystère de l'Incarnation, à un voyage en Bethléem. Il agrandit parfois son cadre; dans plusieurs, il affecte les formes d'une petite épopée. Nous avons devant les yeux le modèle du genre; il n'a pas moins de quarante et un couplets, qui, l'un l'autre, alternent régulièrement de demande à réponse.

Exemple ;

Page 1